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Terrasses ou Notre long baiser si longtemps retardé

Couverture du livre « Terrasses ou Notre long baiser si longtemps retardé » de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330189143
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Vendredi 13 novembre 2015. Douceur automnale : ce soir pourrait avoir un air de fête. On rêve de ce que sera cette nuit qui s'ouvre. Deux amoureuses savourent l'impatience de se retrouver ; des jumelles se sont demandé où célébrer leur anniversaire ; une infirmière se promet le repos mérité. Un... Voir plus

Vendredi 13 novembre 2015. Douceur automnale : ce soir pourrait avoir un air de fête. On rêve de ce que sera cette nuit qui s'ouvre. Deux amoureuses savourent l'impatience de se retrouver ; des jumelles se sont demandé où célébrer leur anniversaire ; une infirmière se promet le repos mérité. Un mari s'agace de devoir garder seul «la petite» - sa femme part écouter de la musique. Partout dans Paris, on va bavarder, trinquer, rire, danser. Et du côté des forces de secours et de l'ordre, rien n'annonce l'horreur imminente.
Chant polyphonique, élégie narrative, «Terrasses» porte la parole de ceux qui ont vécu la joie puis la terreur, restitue les gestes, les regards échangés, la sidération partagée, offre à tous la possibilité d'un avant l'«après», dont le temps érode l'impossible oubli.

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Avis (7)

  • Les gens, tout simplement les gens…. Les attentats terroristes du 13 novembre 2015, à hauteur d’hommes.
    Pas les reportages, les photos, les analyses, les interventions politiques ou policières, ou juridiques.
    Non, la vie des personnes, qui se sont préparées pour une belle soirée. La...
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    Les gens, tout simplement les gens…. Les attentats terroristes du 13 novembre 2015, à hauteur d’hommes.
    Pas les reportages, les photos, les analyses, les interventions politiques ou policières, ou juridiques.
    Non, la vie des personnes, qui se sont préparées pour une belle soirée. La perspective d’un dîner en terrasse, ou d’un bon spectacle de musique.

    Et ainsi Laurent Gaudé va faire vivre différents protagonistes, que le lecteur accompagnera réellement, souvent avec difficultés. Ceux qui ont espéré, respiré, profité, ont eu peur, ont échappé ou sont morts, ont soigné, ont défendu et abattu les otages, ont secouru. Ceux qui ont appelé de longues heures durant, leurs proches en ne rencontrant que leurs messageries.
    La chance ou la malchance de la vie… Personne n’en ressort indemne.
    Pas même le lecteur. Un roman concis, d’une densité exceptionnelle, porté par des phrases courtes et précises, dont les images restent longtemps en tête.

    Plutôt que de continuer à commenter, je préfère citer les extraits de Laurent Gaudé qui m’ont marquée :

    « Tout le monde hurle face à eux. Tout le monde s’écarte, rampe, court se mettre à l’abri. Comme c’est jouissif. Sous leurs pieds, même le trottoir gémit.
    Toi, oui. L’autre, pas. A une seconde près, un centimètre près. Avoir de la chance ou pas. »

    « Lorsqu’ils comment à tirer, je fais comme tout le monde : je me couche à terre, dans la fosse, pour essayer de disparaître. Ne pas bouger. Ne pas tourner la tête. Faire le mort et attendre.
    Moi aussi. J’ai fait comme vous et maintenant, sur êtes sur moi. Je sens votre poids. Je l’avoue, cela me rassure. (…) Je vous entends respirer. Et je comprends que vous êtes en train de mourir. Votre respiration le dit. (…) Un homme est en train de mourir sur moi, un homme qui a pris une balle qui aurait pu me tuer, et je ne peux ni me retourner ni lui serrer la main, ni même lui murmurer que je sais qu’il va mourir et que je suis là. »

    « Les deux tueurs ne sont plus là. Ils se repliés à l’étage. Nous découvrons alors le spectacle de la fosse, le sang, les corps amoncelés. Nous serons liés par cela jusqu’à la fin de nos jours : ce regard que nous aurions aimé ne pas poser, cette vision qui nous aimante et nous fige. »

    «Mes filles ne répondent pas . Quelque chose monte dans mon ventre et je sais que cette vague de dégout et de peur a raison. Mon corps de mère sait des choses que j’ignore. »

    « Je n’y arrive pas. Nous avons répété ces gestes mille fois, à l’entraînement. Les chiffres au marqueur : 1, 2 ou 3 selon la gravité. Pour établir une priorité d’évacuation. Mais lorsque nous effectuions ces exercices, il n’y avait pas tant de sang et les corps n’étaient pas en sueur. (…) Je continue. Il y en a tant…
    Celui-là, oui. Celui-là, non. Vite ! Encore et encore. Se pencher. Se relever. Encore. Retourner des corps. Évaluer des plaies. Écouter le souffle. Encore. Vite. C’est à moi de décider qui sera sauvé et qui ne le sera pas. Je ne peux pas le faire avec l’esprit. Je dois le faire avec les mains, avec les dizaines d’années de médecine que j’ai dans les mains. Il n’y a pas d’autre boussole. »

    « Toute ma vie pour être le médecin qui secourt sans avoir le temps de soigner, le médecin qui dessine d’un chiffre sur le front le destin des victimes, le médecin qui sera désormais mangé par l’incertitude, la hantise de s’être trompé, le souvenir d’un corps qu’on a d’abord vu vivant puis mort lorsqu’on est repassé. »

    « Personne ne m’a préparé à recueillir les derniers instants de la vie d’une jeune femme que je ne connaissais pas. Personne ne m’a dit que tu serais ma rencontre de vie qui renverserait tout en moi… Julie que je porte désormais, que je porterai jusqu’à mon dernier souffle. »

    « Je te demandez pardon, ma fille. Je t’abandonne, mais ce n’est pas ce que je voulais. Je te laisse à ton papa. Qui s’occupera de toi. Je te demande pardon pour tout ce que je ne pourrai pas t’apprendre, pour tous ces instants que je ne vivrai pas à tes côtés, pour mes bras que je t’enlève bien malgré moi. Tu dois grandir.(…) Tu devras être libre surtout. Car c’est de cela que je meurs. Ceux qui nous tuent voulaient nous contraindre, châtier notre liberté mais je ne t’ai pas donné la vie pour que tu sois soumise, Lila. Chaque sourire que tu feras sera une victoire. (…) J’aurais aimé t’aimer encore si longtemps…

    Un hommage à tous ceux qui ont vécu cette tragédie, et à tous ceux qui sont morts.
    Un roman magistral, terrible et bouleversant !
    Merci Monsieur Laurent Gaudé.

    https://commelaplume.blogspot.com/

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  • Laurent gaude nous fait vivre, avec un immense talent, les attentats de 2015 pour ne pas oublier cette tragédie. Un récit que je ne suis pas prête d oublier

    Laurent gaude nous fait vivre, avec un immense talent, les attentats de 2015 pour ne pas oublier cette tragédie. Un récit que je ne suis pas prête d oublier

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  • Encore une fois, je suis sous le charme de l'écriture de l'auteur. Le sujet ne me disait rien pourtant, mais j'ai aimé ce petit livre fort.
    En quelques mots, l'auteur place un personnage et un lieu, pas de phrases en trop.
    J'ai aimé la jeune mère de Lila ; les jumelles ; les deux jeunes...
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    Encore une fois, je suis sous le charme de l'écriture de l'auteur. Le sujet ne me disait rien pourtant, mais j'ai aimé ce petit livre fort.
    En quelques mots, l'auteur place un personnage et un lieu, pas de phrases en trop.
    J'ai aimé la jeune mère de Lila ; les jumelles ; les deux jeunes pompiers ; le médecin des forces d'assaut ; le nettoyeur qui parle avec les morts ; et bien sûr les deux amantes et le long fil de tatouage sur le bars.
    J'ai été effrayée par l'arrivée des corps encore et encore dans les hôpitaux.

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  • Le 13 novembre 2015....on se souvient tous de ce que l'on faisait ce soir-là car il restera dans notre mémoire collective le soir où l'effroi et la sidération se sont abattus sur la France.

    Ils étaient amoureux, ils fêtaient leurs anniversaires, ils avaient prévu de se retrouver entre amis,...
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    Le 13 novembre 2015....on se souvient tous de ce que l'on faisait ce soir-là car il restera dans notre mémoire collective le soir où l'effroi et la sidération se sont abattus sur la France.

    Ils étaient amoureux, ils fêtaient leurs anniversaires, ils avaient prévu de se retrouver entre amis, en famille pour prendre un verre ou allez au concert, il faisait doux ce soir là alors il fallait profiter rire, s'amuser, s'aimer et soudain....
    ils sont arrivés
    les tirs ont commencé
    les corps sont tombés...

    Laurent Gaudé est la voix de tous ces hommes et ces femmes, victimes, soignants, policiers, pompiers, groupe d'intervention, familles et amis qui ont vu leur vie brisée à tout jamais.
    Ils ne sont plus qu'une même et unique voix pour exprimer l'inimaginable celui qui vous  tord le ventre et nous interdit toutes réflexions face à une telle tragédie.

    Alors pourquoi?? Le hasard, le destin, la malchance ? Pourquoi eux et pas les autres?

    Dans cette écriture on ressent l'urgence de raconter de faire revivre ces instants qui resteront à tout jamais dans notre mémoire et pourtant on la connait tellement l'issue comme si on gardait le faux espoir que ce n'était qu'un mauvais rêve.

    L'auteur nous offre un texte magnifique, sublime et nécessaire à la fois qui m'a touchée et émue comme jamais. 
    Ne passez pas à côté de ce récit bouleversant et brillant. Une pépite ♥️

    Avez-vous lu ce récit ?

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  • Bouleversant chant polyphonique alternant les récits supposés de cette soirée, les circonstances qui ont fait que cette soirée tragique de novembre 2015 à Paris s'annonçait si douce et si chargée d'émotions à partager à l'origine.

    Par touches sensibles, sans aucun pathos, Laurent Gaudé...
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    Bouleversant chant polyphonique alternant les récits supposés de cette soirée, les circonstances qui ont fait que cette soirée tragique de novembre 2015 à Paris s'annonçait si douce et si chargée d'émotions à partager à l'origine.

    Par touches sensibles, sans aucun pathos, Laurent Gaudé replonge le lecteur dans une sélection de vies fauchées ou traumatisées par cette succession d'actes terroristes sur les terrasses de Paris comme au Bataclan. Exploit renouvelé de cet auteur dans le fait d'imaginer ces personnages dont la vie a basculé, parfois de manière définitive dans le drame mais surtout donner des éléments de bonheur initiaux qui les guidaient ce fameux soir.

    Bien sûr l'issue est connue mais quel talent encore une fois que cette écriture si illustrante, ces portraits ciselés au plus près possibles qui nous plongent dans une actualité totale, sans que le lecteur n'arrive à reprendre son souffle ni à ne pas être simple spectateur de l'horreur. Aucune recherche de sensationnalisme ou de voyeurisme ici, juste de la beauté, de la bonté et une humanité qui nous fait défaut depuis ces faits.

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  • Avec beaucoup de sensibilité, de pudeur, Laurent Gaudé nous confie un récit polyphonique poignant. Il ravive une nuit d’attentats à Paris, une nuit de drames humains à jamais inscrits dans toutes les mémoires.

    Ce vendredi 13 novembre 2015, la douceur enveloppe une soirée qui s’annonce sous le...
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    Avec beaucoup de sensibilité, de pudeur, Laurent Gaudé nous confie un récit polyphonique poignant. Il ravive une nuit d’attentats à Paris, une nuit de drames humains à jamais inscrits dans toutes les mémoires.

    Ce vendredi 13 novembre 2015, la douceur enveloppe une soirée qui s’annonce sous le signe de l’insouciance, de la fête, du plaisir d’être ensemble. Les terrasses parisiennes sont bondées. Un concert au Bataclan réunit une foule joyeuse.

    Ce soir-là, c’est l’effervescence dans la capitale. Deux amoureuses se donnent rendez-vous, deux jumelles s’apprêtent à fêter leurs 30 ans, une infirmière va savourer un repos bien mérité, une mère se rend au concert en solo, laissant père et fille à la maison. Personne ne peut imaginer que la légèreté de la vie va bientôt laisser place à la douleur.

    Laurent Gaudé esquisse les silhouettes de ses personnages, les rend familières, ancre leur présence dans notre esprit. Il évoque les petits fragments de leur vie quotidienne qui ont précédé le drame jusqu’à ce moment vertigineux où tout sombre dans le chaos. Il évoque aussi l’après, toute cette humanité qui se dresse contre la barbarie. L’alternance des voix des personnages donne force au récit. L’écriture, superbe, à hauteur de ces femmes, de ces hommes, met à jour une multitude de sentiments et l’émotion est toujours présente, à fleur de mots.

    Un récit magnifique, tel un chant qui célèbre la vie, l'amour, la liberté et s’oppose à la terreur. À la mémoire de celles et ceux qui ont été fauchés par l’innommable, à celles et ceux qui vivront à jamais dans la tourmente, atteints dans leur chair, dans leurs vies, à toutes les personnes professionnelles qui ont porté secours, à celles qui ont apporté leur aide, leur empathie, leur compassion. Se lit en un souffle, le cœur vrillé, la gorge nouée. Pour ne pas oublier.

    Les voix de ce récit bouleversant s'élèveront et résonneront prochainement dans une adaptation pour le théâtre, cet "art si précieux" qu'affectionne Laurent Gaudé.

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  • Parfois, il est juste impossible de parler d’une lecture. Parfois, les mots de l’auteur sont si beaux, si forts, si poignants, que l’on se sent illégitime à en dire quoi que ce soit, de peur de ne pas être à la hauteur du texte qu’il nous a offert. Et en refermant « Terasses », je me sens...
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    Parfois, il est juste impossible de parler d’une lecture. Parfois, les mots de l’auteur sont si beaux, si forts, si poignants, que l’on se sent illégitime à en dire quoi que ce soit, de peur de ne pas être à la hauteur du texte qu’il nous a offert. Et en refermant « Terasses », je me sens muette, le cœur serré dans un étau, les yeux bordés de larmes, emplie de reconnaissance et de gratitude pour Laurent, Gaudé qui avec ce texte m’a à la fois éblouie et émue.
    Ce roman, c’est mon libraire qui me l’a mis en main et c’est son émotion qui m’a convaincue, même si je savais que cette lecture serait éprouvante. Alors, à votre tour, faites-moi confiance et succombez à ces pages. Selon moi le plus bel hommage jamais écrit à tous ces anonymes, qui ont vu leur vie à jamais, dévastée en ce triste vendredi 13 novembre 2015.

    Ceux qui nous parlent, ce sont eux. Amoureux, passants, sœurs ou mères, riverains, patrons de bistrots ou père de famille, tous ceux qui auraient pu être nous. Eux, commissaire ou simples policiers, médecin ou infirmière, jeunes pompiers ou agent de nettoyage. Ceux dont « l’uniforme les débarrasse de ce qu’ils sont, qui efface leur jeunesse, leurs hésitations et leurs peurs mêmes » mais qui ce soir là vivront panique ou effroi . Vivants ou morts, blessés ou indemnes, ce sont eux qui prennent la parole dans ce chant polyphonique, déchirant et sublime. Eux dont on a vu les photos, dont on a gardé en mémoire les sourires, eux, qui en cette douce soirée d’automne voulaient célébrer la vie et avec qui le dieu du Hasard a joué à la roulette.
    Eux dont la voix que l’auteur leur donne longtemps résonnera dans mon cœur, dans un écho funeste et une douce lumière.
    C’est triste, c’est bouleversant, mais c’est éblouissant de beauté. C’est au delà des mots et je ne citerai que cette phrase du livre:
    « Nous serons tristes longtemps, mais pas terrifiés. Pas terrassés »

    Alors encore une fois, n’hésitez pas une seconde, n’ayez crainte. Lisez ce livre, en leur mémoire à eux

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