"On n'est pas dans le futurisme, mais dans un drame bourgeois ou un thriller atmosphérique"
C'est pas une fille, c'est un trésor que le bon Dieu m'a donné.
Provence, 1939. La belle Patricia est la fille aînée de Pascal Amoretti, le puisatier du village, veuf aux principes rigides qui élève seul ses six filles. À ses 18 ans, la jeune fille s'éprend de Jacques Mazel, un bel et brillant aviateur. Mais le jeune homme est soudainement mobilisé par la guerre et part sans savoir que Patricia est enceinte. Chassée par son père et humiliée par la famille Mazel, la future maman se réfugie chez une tante. Lorsque Patricia accouche d'un garçon, elle apprend que Jacques est porté disparu. Et l'événement tragique va pousser les grands-parents à revoir leur jugement...
Derrière l’image de la garrigue et le romarin, se profilent celles des traditions strictes, du « qu’en dira-t-on » et du labeur.
Le travail des simples qui apporte juste de quoi vivre. On reste humble, comme Pascal, le père : « Je ne suis pas assez riche pour me fâcher contre quelqu’un qui me donne du travail. J’ai des enfants à nourrir. »
La différence est justement bien marquée entre les « manuels », ceux qui vivent de leurs mains, et ceux qui ont des biens, comme les Mazel. Dont l’aisance assèche le cœur et rend sourd. « Maintenant, je comprends qu’il faut se méfier des gens qui vendent des outils, mais qui ne s’en servent jamais. »
Mais la tendresse affleure sous la dureté de façade. Comme souvent dans les personnages de Pagnol.
La sincérité et la simplicité de l’amour de Felipe pour la belle Patricia sont touchantes « Depuis trois ans que je vous connais, j’ai remarqué que quand je vous vois, je suis content… Et puis, quand vous êtes là, les autres filles, je ne les vois pas. »
Un dessin classique, qui retransmet particulièrement bien l’esprit de l’époque. J’ai bien aimé le graphisme pour ses couleurs qui évoquent immédiatement le sud et le soleil. Moins les personnages aux expressions peu travaillées.
Un bon moment de lecture qui plaira aussi aux plus jeunes qui ont découvert « la gloire de mon père » et « le château de ma mère », dans cette excellente collection dédiée à Marcel Pagnol.
Merci aux Éditions Grand Angle et aux éditions Radio France pour cette belle découverte.
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