Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Ji-Young Gong

Ji-Young Gong
Née en 1963 à Séoul, Gong Ji-young est une romancière très populaire en Corée. Elle participe aux luttes étudiantes contre la dictature des années 80, pour défendre la démocratie et les droits des exclus de la société. Ecrivaine engagée, elle est appréciée pour ses œuvres qui traitent de la ... Voir plus
Née en 1963 à Séoul, Gong Ji-young est une romancière très populaire en Corée. Elle participe aux luttes étudiantes contre la dictature des années 80, pour défendre la démocratie et les droits des exclus de la société. Ecrivaine engagée, elle est appréciée pour ses œuvres qui traitent de la condition des femmes et des travailleurs, des maltraitances dont sont victimes les handicapés, de la répression sexuelle.

Avis sur cet auteur (8)

  • add_box
    Couverture du livre « Les enfants du silence » de Ji-Young Gong aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur Les enfants du silence de Ji-Young Gong

    Après de sérieux revers dans le commerce, Inho accepte un poste de professeur dans une école pour enfants sourds. Laissant derrière lui Séoul, sa femme et sa fille, il arrive à Mujin, une petite ville côtière et, immédiatement, l’environnement lui semble hostile. Le brouillard enveloppe la...
    Voir plus

    Après de sérieux revers dans le commerce, Inho accepte un poste de professeur dans une école pour enfants sourds. Laissant derrière lui Séoul, sa femme et sa fille, il arrive à Mujin, une petite ville côtière et, immédiatement, l’environnement lui semble hostile. Le brouillard enveloppe la ville, l’administration lui réclame un pot de vin et les enfants sont effrayés.
    Très vite, Inho découvre que les enfants sont victimes d’abus sexuels et de sévices corporels, perpétués par les responsables de cette institution privée, par ailleurs récompensée à plusieurs reprises par l’Education nationale.
    Avec l’aide d’une amie, la volontaire Yujin, responsable d’un centre des droits humains, le professeur va tout faire pour mettre fin au calvaire de ces enfants, dénoncer les faits et punir les coupables.

    Attaquer un immense iceberg avec un simple piolet. C’est ainsi qu’Inho voit l’ampleur de la tâche qui les attend pour faire valoir les droits des enfants sourds de l’école Ja-ae.
    Une fois les faits dénoncés, c’est toute la ville qui frémit d’horreur. Mais les directeurs sont des gens puissants et riches et la corruption règne en maître à Mujin. La police, l’inspection académique, le clergé protestant, tous s’unissent pour que les témoignages glaçants des enfants soient discrédités.
    Après un exposé des faits dénués de pathos mais d’une précision chirurgicale dans la description de l’horreur, la deuxième partie du roman raconte le procès qui a rendu possible que les accusés ressortent libres de cette parodie de justice. Inho est attaqué sur son passé, les sourds sont traités comme des êtres inférieurs, avocats, juges, policiers, médecins se liguent contre les enfants, les prières s’élèvent pour sauver les notables de la terrible injustice qui les frappe.
    Face à des familles démunies, des enfants privés de l’oralité, des professeurs discrédités, s’élèvent le pouvoir de l‘argent, la solidarité des nantis, la pression du clergé et de la police.
    Sans surprise, Les enfants du silence est un roman dur et révoltant. On ne le dévore pas, on le lit à petites doses pour assimiler les coups, les viols, les humiliations, la malnutrition et aussi l’arrogance de ceux qui se savent intouchables. Mais le pire est que cette histoire est basée sur des faits réels qui se sont déroulés dans une école de Gwangju en 2005. Grâce au livre de Ji-young Gang et au film qui en a été tiré, la Corée a découvert l’horreur et l’inhumanité dont été victimes les pensionnaires de l’école Gwangju Inhwa et le procès inique qui en a découlé. Ce scandale a obligé le parlement à changer la législation. La Dogani Law (du nom du roman en coréen) supprime la prescription pour les crimes sexuels visant les enfants de moins de 13 ans et les personnes handicapées, préconise la prison à vie pour les violeurs et prévoit une peine supplémentaire quand les violeurs sont membres du personnel d'une organisation d'aide sociale ou éducative pour les personnes handicapées.
    Qui a dit que la littérature ne servait à rien ?

  • add_box
    Couverture du livre « L'échelle de Jacob » de Ji-Young Gong aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur L'échelle de Jacob de Ji-Young Gong

    Quelques dix ans après les faits, frère Jean se souvient des évènements qui ont ébranlé sa foi. Dans la sérénité d’une abbaye bénédictine proche de Daegu, il avait décidé de consacrer sa vie à Dieu. Il était alors un jeune novice de vingt-neuf ans, inséparable des frères Angelo et Michaël et...
    Voir plus

    Quelques dix ans après les faits, frère Jean se souvient des évènements qui ont ébranlé sa foi. Dans la sérénité d’une abbaye bénédictine proche de Daegu, il avait décidé de consacrer sa vie à Dieu. Il était alors un jeune novice de vingt-neuf ans, inséparable des frères Angelo et Michaël et rencontrait So-hui, la nièce de l’abbé.

    Avec la sensibilité qu’on lui connait, Ji-young Gong nous introduit dans l’intimité d’un novice dont la foi vacille lorsqu’il rencontre une jeune fille et en tombe amoureux. Prêt à quitter les ordres pour vivre pleinement cette histoire, il est aussi fortement perturbé par la mort de deux de ses compagnons. Le doute s’installe alors dans son esprit et les questions abondent. Est-ce Dieu qui a mis So-hui sur son chemin ? Pour éprouver sa foi ou pour l’aimer ? Et pourquoi a-t-il rappelé à lui deux cœurs purs et idéalistes ? Qu’ont-ils fait pour mériter de mourir si jeunes ? C’est auprès du père Thomas que Jean, tourmenté et indécis, reprend confiance en sa vocation. Le vieil homme, d’origine allemande, lui confie les épreuves subies durant la guerre de Corée et sa détention inhumaine dans un camp au nord du pays. Il ne sera pas le seul à lui parler de cette guerre fratricide dont la Corée conserve encore les douloureuses cicatrices. Sa propre grand-mère cache bien des secrets concernant cette période troublée.
    Ainsi l’autrice mêle les petites histoires à la grande Histoire et dévoile un pan du terrible passé d’un peuple qui a beaucoup souffert. Cependant, c’est un livre rempli de bonté et d’amour qui parle de foi, de deuil, de pardon et de résilience.
    Malgré son ancrage dans un monastère bénédictin, L’échelle de Jacob parlera à tout un chacun grâce à sa dimension universelle. Beau et émouvant.

  • add_box
    Couverture du livre « Ma très chère grande soeur » de Ji-Young Gong aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur Ma très chère grande soeur de Ji-Young Gong

    Tel un chat qui quitte des maîtres négligents pour se trouver un nouveau toit, Bogsun, maltraitée et affamée par sa famille d'accueil, a choisi la famille de Jjiang-a pour fuir ses bourreaux. Chez Jjiang-a on est pauvre mais généreux. Le père poursuit ses études aux Etats-Unis, la mère travaille...
    Voir plus

    Tel un chat qui quitte des maîtres négligents pour se trouver un nouveau toit, Bogsun, maltraitée et affamée par sa famille d'accueil, a choisi la famille de Jjiang-a pour fuir ses bourreaux. Chez Jjiang-a on est pauvre mais généreux. Le père poursuit ses études aux Etats-Unis, la mère travaille au marché, la famille vit en location dans un sombre sous-sol mais Bogsun y reçoit chaque jour sa part de riz.
    Elle avait 12 ans à la naissance de Jjiang-a et c'est tout naturellement qu'elle a pris la petite en charge, la promenant sur son dos, la nourrissant et l'endormant au son de ses histoires. Jjiang-a grandi avec cette sœur qu'elle suit partout, partageant son lit, ses secrets et ses escapades nocturnes. Pourtant, avec le retour au pays du père, la situation change. A mesure que la famille prospère, déménage dans un meilleur quartier, devient propriétaire, Jjiang-a prend conscience que Bogsun n'est pas vraiment sa sœur, plutôt une domestique que l'on tolère par pure bonté, pour finir par devenir une charge indésirable...

    Quelque quarante ans plus tard, Jjiang-a, auteure reconnue, engagée contre la dictature, raconte sa ''très chère grande sœur'' dont le sourire et l'optimisme ont illuminé son enfance. Et pourtant, comme le reste de la famille, elle s'en est détachée, allant jusqu'à l'effacer de sa mémoire. Compagne de misère, Bogsun en est aussi le témoin gênant et ne saurait les suivre dans leur ascension sociale. C'est aussi ce que décrit Jjiang-a : la Corée du Sud des années 60, la pauvreté extrême, la solidarité, l'ambition de s'en sortir et la perte des valeurs de ceux qui s'enrichissent.
    Une écriture simple pour dire l'insouciance et l'amour inconditionnel de l'enfant, mais aussi le rejet, la honte et la culpabilité de l'adulte. Beaucoup de profondeur et de sentiments pour cette auteur qui sait toujours toucher au cœur. Même s'il n'a pas la puissance de Nos jours heureux, Ma très chère grande sœur est un beau roman au ton doux-amer. Bogsun, durement marquée par la vie mais toujours solaire et souriante restera longtemps dans l'esprit du lecteur.

  • add_box
    Couverture du livre « Nos jours heureux » de Ji-Young Gong aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur Nos jours heureux de Ji-Young Gong

    Issue d'une riche famille séoulite, Yujeong n'y a pas trouvé sa place. Marquée par un drame intime, elle est en rébellion depuis ses quinze ans et s'oppose particulièrement à sa mère qui ne l'a jamais soutenue. A 30 ans, elle vient de faire une troisième tentative de suicide, encore un appel à...
    Voir plus

    Issue d'une riche famille séoulite, Yujeong n'y a pas trouvé sa place. Marquée par un drame intime, elle est en rébellion depuis ses quinze ans et s'oppose particulièrement à sa mère qui ne l'a jamais soutenue. A 30 ans, elle vient de faire une troisième tentative de suicide, encore un appel à l'aide ignoré par les siens, sauf par sa tante, religieuse catholique qui office sous le nom de Soeur Monica. La vieille femme lui propose de soigner son mal-être en se frottant à la vraie misère en l'accompagnant à la Maison d'arrêt de Séoul lors de ses visites. C'est ainsi que, bon gré, mal gré, Yujeong rencontre Yunsu, un prisonnier condamné à mort pour un triple meurtre. Comme elle, il est jeune mais il attend la mort, il la souhaite même pour mettre fin à une vie de souffrances. Confrontée à cet homme dont elle se sent si proche alors qu'ils n'ont rien en commun, Yujeong, qui jusque là vivait recroquevillée sur elle-même, s'ouvre à l'autre, le découvre, se sent capable de s'attacher à un autre être humain.

    Située en 1996, au moment où la Corée exécutait encore ses condamnés à mort, l'histoire de Yujeong et Yunsu raconte plus la rédemption que la mort. La jeune fille de bonne famille qui se déteste, cherche à se détruire et le prisonnier qui n'a connu que la violence et la misère se retrouvent une fois par semaine dans une petite pièce, sous le regard protecteur d'un religieuse et la surveillance d'un gardien silencieux. Réticents au départ, ils finissent par s'apprivoiser et se livrer. Celui qui a survécu aux coups d'un père alcoolique, à l'abandon d'une mère, à la perte d'un petit frère aveugle, aux brimades de l'orphelinat, au froid de la rue s'interroge sur un destin qui semblait tout tracé pour le conduire entre ses murs, enchaîné comme une bête, à attendre la pendaison qu'il pense mériter. Elle avait tout pour être heureuse, la beauté, l'argent, tous les atouts pour s'accomplir professionnellement et trouver un mari tout aussi nanti qu'elle. Mais une agression sexuelle a mis un terme à son envolée et l'a plongée dans une dépression telle qu'elle veut en finir avec la vie.
    De leur rencontre naîtra la pureté d'une relation basée sur la confiance, l'amour, le pardon et la foi.
    Poignant mais aussi optimiste, ce récit n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort, plutôt une interrogation sur la façon dont la Corée traite ses condamnés et leur impossible rachat. Dans une prison coréenne, le condamné est enchaîné jour et nuit, lape plutôt qu'il ne mange la soupe insipide qu'on lui sert, ne dispose d'aucun argent, d'aucun chauffage, son seul droit est un conseiller religieux de la confession de son choix. Certains acceptent leur situation grâce à leur foi et trouvent le chemin de la rédemption et du pardon. Mais il ne leur est pas accordé de seconde chance. Jusqu'en 1997, la Corée pendait les condamnés à mort, depuis, bien que la peine de mort soit toujours inscrite dans constitution, elle les laisse vivoter en cellule.
    Un livre très émouvant, même si les considérations religieuses peuvent irriter par moment. Il faut en faire abstraction et ne retenir que la beauté de ces parcours de vie qui convergent dans l'amour. Un livre bouleversant.