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Le ciel en sa fureur

Couverture du livre « Le ciel en sa fureur » de Adeline Fleury aux éditions L'observatoire
Résumé:

C'est une bourgade entre mer et champs, avec son église, ses fermes, ses habitants rugueux et taciturnes. Avec ses cauchemars aussi, car ce qu'on a fait au cheval des jumeaux Bellay, aucun animal n'en serait capable. Julia, vétérinaire, et Stéphane, maréchale-ferrante, ex-citadines fraîchement... Voir plus

C'est une bourgade entre mer et champs, avec son église, ses fermes, ses habitants rugueux et taciturnes. Avec ses cauchemars aussi, car ce qu'on a fait au cheval des jumeaux Bellay, aucun animal n'en serait capable. Julia, vétérinaire, et Stéphane, maréchale-ferrante, ex-citadines fraîchement arrivées dans la région, en sont persuadées : seul un homme a pu commettre pareille atrocité. Au fil des jours, de nouvelles carcasses sont retrouvées, et les villageois entrent en émoi - le Varou, monstre de légende assoiffé de vengeance, est revenu ! Au même moment, d'étranges événements se produisent dans les sous-bois alentours, alors qu'un gosse bizarre, « l'enfant-fée » comme on l'appelle, rôde autour des dépouilles d'animaux. À travers l'enquête de deux femmes décidées à se reconstruire, Adeline Fleury nous conte une terre marécageuse balayée par les vents et les légendes ancestrales, et les secrets d'un village français. Un roman envoûtant, noir et vénéneux, où les grenouilles, parfois, tombent du ciel.

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Articles (2)

Avis (11)

  • je me permets de dire que l'atmosphère sombre,fantastique,presque répulsive a failli me faire lâcher ce roman!Mais l'écriture ciselée,les personnages marquants et marqués m'ont envoûtée:nous sommes pas loin de Maupassant...Paradoxal!

    je me permets de dire que l'atmosphère sombre,fantastique,presque répulsive a failli me faire lâcher ce roman!Mais l'écriture ciselée,les personnages marquants et marqués m'ont envoûtée:nous sommes pas loin de Maupassant...Paradoxal!

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  • J’ai adoré plonger dans ce roman d’atmosphère et de légendes normandes. Je ne suis pas normande, je ne connais rien aux légendes locales, mais j’ai aimé les découvrir.

    J’ai aimé Marie, la mère de l’enfant-fée blond. Un petit garçon en marge qui connait tout sur tout, y compris les secrets...
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    J’ai adoré plonger dans ce roman d’atmosphère et de légendes normandes. Je ne suis pas normande, je ne connais rien aux légendes locales, mais j’ai aimé les découvrir.

    J’ai aimé Marie, la mère de l’enfant-fée blond. Un petit garçon en marge qui connait tout sur tout, y compris les secrets anciens.

    J’ai aimé la Vieille, la mère du p’tit Jojo, le précédent enfant-fée, mort tragiquement alors qu’il n’était pas encore adolescent.

    J’ai aimé la grande Stephane, la maréchal-ferrant qui habite dans l’ancienne maison des soeurs qui cachaient un bien terrible secret.

    J’ai aimé les paragraphes en italiques qui donnent la parole au Géant.

    J’ai souri lorsque les gendarmes, les deux courts sur pattes, apparaissaient dans le récit.

    J’ai aimé le journaliste Battut, ancien enfant du village, qui a peur des limaces après en avoir trop avalé de force au pensionnat.

    Je n’ai pas aimé la fillette du pavillon numéro 13 : sa façon de diriger la bande des enfants du Lotissement, de les maltraiter parfois.

    J’ai aimé les animaux qui peuplent le récit : les orvets, les limaces, les chevaux et les animaux de la ferme, les rapaces. J’ai aimé la nature omniprésente : ses vallons, la mer pas loin.

    J’ai aimé que le roman s’ouvre sur une pluie de grenouilles.

    J’ai découvert les goubelins et quelques légendes normandes.

    J’ai tout aimé dans ce roman : les personnages et le décor, le méchant et les témoins qui ont fermés les yeux.

    Un roman d’atmosphère qui m’a envoûté.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la Grotte aux fées où se rend la mère du p’tit Jojo pour parler avec lui une fois l’an.

    https://alexmotamots.fr/le-ciel-en-sa-fureur-adeline-fleury/

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  • Coup de cœur 2024 !
    Dès les premières pages, l’ambiance est oppressante, tendue. Le lecteur tourne les pages, impatient de comprendre et connaître la réalité de ces phénomènes bizarres…

    Un petit village dans le Cotentin. Des habitants, et notamment, « ceux du lotissement, parce qu’ils ne...
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    Coup de cœur 2024 !
    Dès les premières pages, l’ambiance est oppressante, tendue. Le lecteur tourne les pages, impatient de comprendre et connaître la réalité de ces phénomènes bizarres…

    Un petit village dans le Cotentin. Des habitants, et notamment, « ceux du lotissement, parce qu’ils ne sont ni paysans, ni citadins. (…) parce qu’ils n’ont pas vraiment d’identité, parce qu’ils se ressemblent tous. Les mêmes maisons à un étage, à la façade beige déjà salie par les embruns. »
    Une pluie de crapauds s’abat sur leurs maisons. L’Apocalypse ?...
    Le petit garçon, d’une ferme voisine est regardé avec méfiance : « Comme si le gosse annonçait des malheurs. ». Un gamin à part, un enfant-fée… Comme le p’tit Jojo mort à 10 ans…

    Les personnages participent au malaise ambiant, parfaitement campés et crédibles.
    Deux jeunes femmes indépendantes, nouvelles dans ce village : Julia, la véto, (difficile de se faire accepter en tant que femme vétérinaire) et Stéphane, « la grande Stéphane », la maréchale-ferrante.

    Le Vieux et la Vieille. Elle, est rebouteuse. « Cette femme-là n’est pas simplement humaine, elle est animale, végétale, minérale, elle est la vie. »
    Dans leur maison sombre et crasseuse (ils s’en fichent) trône la photo de leur enfant, le p’tit Jojo, « un enfant-fée » qui s’est fait tuer par une voiture quand il avait à peine 10 ans… On a l’impression que personne n’a cherché à connaître la vérité, le nom du chauffard qui a percuté mortellement l’enfant…

    Marie Levavasseur, l’épouse résignée d’un éleveur et maman de ce petit garçon à part, dans sa bulle : « Il est doué pour tout sauf pour les relations avec les autres, il trouve les autres enfants lents et inintéressants, son frère débile et les adultes médiocres. (…) Hubert et Marie pensent que (..) leur gamin n’est pas fou, juste différent. » Un enfant-fée. Comme le P’tit Jojo… Des enfants qui suscitent le malaise…

    Là-dessus, un étalon empoisonné est atrocement mutilé et des poules sont saignées. Ce n’est, ni le chien, ni le renard… « Seul un être humain est capable d’une telle sauvagerie. »
    Mieux vaut croire à la malédiction du Varou, que de se poser des questions sur les vivants et les morts inexpliquées …

    Guillaume Battut, qui a fui le village, après avoir été harcelé adolescent, revient, envoyé par sa rédaction pour enquêter. Il connait bien les habitants et la mort du P’tit Jojo, jamais élucidée, l’obsède encore…

    Un huit-clos rural, sous forme de conte envoutant, pour traiter de thèmes intemporels : la différence, le handicap qu’il faut occulter, l’exclusion, la souffrance, la soumission des faibles aux personnes influentes, et la lâcheté du silence.

    Un scénario parfaitement maîtrisé porté par une écriture puissante, inspirée, précise et juste, dont les personnages continuent de hanter la mémoire bien après avoir tourné la dernière page.

    Une belle réussite, dont le thème est assez proche d’un roman qui représente encore pour moi, l’un des meilleurs de la littérature actuelle : « Le rapport de Brodeck » de Philippe Claudel.
    A découvrir et à savourer, sans aucune modération !

    Lu dans le cadre du Prix Orange 2024.
    Merci à lecteurs.com et aux Editions de l’Observatoire de m’avoir fait découvrir cette pépite.

    https://commelaplume.blogspot.com/

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  • Dans un village en Normandie, des événements étranges ont lieu : une pluie de grenouilles s’abat sur le lotissement, des animaux sont retrouvés morts ou mutilés dans les fermes. Julia et Stéphane, deux femmes arrivées de la ville pour fuir quelque chose, s’interrogent sur ces phénomènes. Les...
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    Dans un village en Normandie, des événements étranges ont lieu : une pluie de grenouilles s’abat sur le lotissement, des animaux sont retrouvés morts ou mutilés dans les fermes. Julia et Stéphane, deux femmes arrivées de la ville pour fuir quelque chose, s’interrogent sur ces phénomènes. Les habitants parlent d’enfant-fée, de fantômes, de choses irrationnelles. Le suspense monte tout au long du livre. Une ambiance prenante et mystérieuse plane sur ce roman. Faut-il croire ces légendes ? Y a-t-il une explication rationnelle à ces phénomènes ?
    Des histoires du passé, des secrets remontent à la surface. Notamment la mort de Jojo, le fils de la Vieille, la rebouteuse du village. Le roman plonge les lecteurs dans les légendes et l’intimité des maisons, des fermes.
    Julia est vétérinaire et Stéphane maréchal-ferrant. Elles sont au contact des animaux. Les animaux, eux aussi, sont effrayés, agités, comme les habitants. Ils sentent un danger rôder. Tout est décrit par les sens et donne une puissance aux scènes.
    Voici un roman mené de main de maître, bien construit et écrit avec une très belle plume. L’atmosphère est très réussie. J’ai été totalement happée par cette histoire. Je l’ai dévoré afin d’en connaître les tenants et les aboutissants. Il a des allures de thriller ou polar. Des éléments sont dévoilés au fur et à mesure. Le suspense est maintenu jusque vers la fin. Un roman qui fait écho aux contes lus par l’autrice durant sa jeunesse mais aussi au réalisme magique des auteurs sud-américains.
    Un coup de cœur de cette rentrée littéraire d’hiver qui fait également partie de mes lectures pour le Prix Orange du Livre 2024.

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  • Un récit entre champs et mer, entre campagne et lotissement, entre autochtones et étrangers, entre réalité et légendes, entre présent et passé, entre thriller et conte, entre sorcières et enfants-fées. Loin de son précédent roman "Les Frénétiques", "Le ciel en sa fureur", dernier ouvrage...
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    Un récit entre champs et mer, entre campagne et lotissement, entre autochtones et étrangers, entre réalité et légendes, entre présent et passé, entre thriller et conte, entre sorcières et enfants-fées. Loin de son précédent roman "Les Frénétiques", "Le ciel en sa fureur", dernier ouvrage d’Adeline Fleury, nous embraque dans un drôle de monde.

    Déjà que je n’aime guère raconter ce qui se passe dans un roman, je ne dévoilerai rien de celui-ci, pas même des bribes. Je vous offre le plaisir de vous laisser porter. La construction est parfaite qui nous révèle au fur et à mesure et toujours au bon moment la suite des événements. Tout s’imbrique parfaitement et maintient le suspense – car il est important – jusqu’au bout. Les personnages ont tous une particularité, que ce soit une petite fille de treize ans, véritable tyran pour ses camarades, un prêtre loin des critères de la sainteté, un "gosse blond au visage de vieux qui rôde tout le temps… celui de la ferme aux vaches.", la maréchale-ferrante et la vétérinaire toutes deux venues d’ailleurs qui se révèlent en enquêtrices de qualité ou tous les autres.

    Les thèmes abordés sont nombreux et l’auteure s’y entend pour traiter du droit à la différence, des problèmes liés à la ruralité, des rapports humains. Elle excelle à parler de ceux qui émettent des avis sur tout et n’importe quoi sans même avoir vérifié leurs sources. Elle se moque gentiment de la maréchaussée plus encline à laisser tomber qu’à fouiller et trouver des éléments pour expliquer les faits. Pour tout cela Adeline Fleury utilise une langue à la fois simple et légère, superbement travaillée et pourtant sans ostentation, adaptée à chacune des situations. Elle nous régale aussi de magnifiques descriptions de paysages normands à la fois beaux et inquiétants.

    Ce roman est une balade dans un coin de Normandie peuplé de créatures menaçantes et victime de pluies de crapauds. Il est envoûtant et curieux.

    Véritablement addictif, il ne se lâche pas avant le mot "Fin". J’ai beaucoup aimé.

    https://memo-emoi.fr

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  • Cela démarre fort, très fort, avec un saisissant incipit qui voit pleuvoir des grenouilles et des crapauds sous les yeux sidérés des habitants d'un village du Cotentin, plaie biblique qui semble annonciatrice d'une apocalypse à venir, très terre à terre, elle, en l'occurence des animaux...
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    Cela démarre fort, très fort, avec un saisissant incipit qui voit pleuvoir des grenouilles et des crapauds sous les yeux sidérés des habitants d'un village du Cotentin, plaie biblique qui semble annonciatrice d'une apocalypse à venir, très terre à terre, elle, en l'occurence des animaux retrouvés mutilés.

    La formidable réussite de ce roman passe par la scénographie d'une ambiance magnétique qui scotche complètement le lecteur à un récit ancré au plus profond de lieu qu'on croirait sorti d'un conte : des dunes, de la brume, de la pluie, un ciel menaçant, une mer houleuse, mais aussi une Lande des Morts, un ruisseau aux rats ou encore une fontaine aux fées. Mais ici, rien de bucolique ou de charmant, tout est rugueux, tendu et oppressant.

    « Cette terre normande est parcourue d'ondes étranges, d'énergies contradictoires qui fragilisent les nouveaux arrivants, les secouent, font vaciller leur rationalité. Depuis leur arrivée au village, les deux anciennes citadines ont du mal à comprendre comment des gens aussi ancrés dans la terre peuvent être autant attachés à tous ces contes et légendes fantasmagoriques. Cela doit avoir quelque chose à faire avec la mort. Les superstitions entourant les fantômes sont bien plus commodes à se représenter que la réalité de la finitude et de sa pourriture. »

    Adeline Fleury assume totalement le recours au réalisme magique, créant un récit à la fois très humain dans ce qu'il dit des violences tues dans des secrets quasi ancestraux, et terriblement irrationnel. L'enquête pour découvrir qui a mutilé les animaux se mâtine de légendes normandes, convoquant le Varou, les goubelins, les enfants-fées, enchaînant les événements étranges. Et jusqu'au bout, on ne sait si l'autrice va choisir une résolution réaliste ou ouvrir sur une perspective fantastique.

    La porosité entre la réalité et les légendes réveille des peurs presque enfantines, on sent comme des présences invisibles flottées entre les pages. D'autant que la langue déployée est d'une grande richesse, gorgée d'adjectifs, en symbiose absolue avec ce qui est raconté, prenant parfois son temps à se déployer dans un lyrisme organique et sensoriel, pour ensuite s'accélérer dans une nervosité de thriller.

    La construction est travaillée de telle façon à nourrir l'intérêt et la surprise du lecteur. Chaque fin de chapitre appelle le début du suivant avec subtilité et addiction, chaque personnage introduit est utile pour enrichir un fil narratif très polar, véritables catalyseurs de l'intrigue. Et ils sont tous formidables, ils ont des corps, des émotions, des secrets, des blessures, on les voit, on les entend, qu'on les comprenne ou pas, tant ils sont incarnés au possible.

    A commencer par la Grande Stéphane. Personnage génial de femme puissante et faillible, cette citadine a fuit ses démons en se disant qu'elle s'épanouirait dans ce village normand où elle est installée en tant que maréchale-ferrante. Mais son métier, identifiée comme masculin, ainsi que son physique imposant, détonnent et la rendent forcément suspecte dans cette communauté rurale déjà fracturé entre les agriculteurs là depuis toujours et « ceux des lotissements », les habitants récents.

    « Une chose est certaine, ce bout du terre entre campagne rude et mer menaçante appartient à un seul petit groupe, dont elle ne fera jamais partie. Ce cap des tempêtes et ces champs humides, venteux et boueux ne se laissent pas apprivoiser facilement. Les nouveaux venus devront toujours, éternellement, impérativement, sans échappatoire, payer une taxe à ceux qui y sont nés, n'en sont jamais partis et n'en partiront jamais. Ceux-là appartiennent à ce territoire jamais il ne se posent la question « quel est mon pays », les âmes et les corps chevillés aux sols acides et marécageux près du val et aux roches de granit et de grès près des falaises. Ceux des villes peineront à comprendre, ils auront beau s'enticher de cette campagne, la terre leur balancera son hostilité et sa sauvagerie à la gueule. La beauté tyrannique et implacable des paysages les accablera. La mélancolie les gagnera peu à peu, puis le désespoir. »

    Un roman à l'aura puissante, porté par une histoire et une écriture charismatiques, jusqu'au somptueux épilogue.

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  • Le village n’est pas seulement un assemblage de batisses qui abritent des familles ordinaires. Il est fait de son histoire et de ses légendes. De ses non-dits aussi, d’un passé obscur que l’on préfère enfouir sous des tombereaux de silence, pour s’emparer de nouveaux combats.
    Mais rien de plus...
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    Le village n’est pas seulement un assemblage de batisses qui abritent des familles ordinaires. Il est fait de son histoire et de ses légendes. De ses non-dits aussi, d’un passé obscur que l’on préfère enfouir sous des tombereaux de silence, pour s’emparer de nouveaux combats.
    Mais rien de plus efficace qu’un enfant pour s’acharner sur un mystère à élucider. Ou une jeune femme que la violence de la ville a chassée.


    Une galerie de personnages issus de contes d’antan, de la sorcière bienveillante au prêtre sulfureux, des enfants-fée ou des enfants bourreaux, et des êtres atteints d’une folie douce qui pourrait bien trouver son origine dans la noirceur des faits oubliés.


    Une ambiance étrange à souhait et la curiosité de comprendre ce qui plane au dessus de ce village maudit créent une addiction quasi immédiate : difficile de renoncer à quelques pages de plus, voire de dévorer l’ensemble jusqu’à la fin.

    Un excellent moment de lecture pour lequel je remercie Babelio et les éditions de L’Observatoire

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  • Ce conte noir et envoûtant débute dans un village normand peuplé de paysans taiseux et d’enfants-fées. Julia, jeune vétérinaire fraîchement débarquée, tente de trouver sa place au milieu des histoires et des secrets. Moins seule depuis qu’elle connaît la Grande Stéphane venue de la Grande ville,...
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    Ce conte noir et envoûtant débute dans un village normand peuplé de paysans taiseux et d’enfants-fées. Julia, jeune vétérinaire fraîchement débarquée, tente de trouver sa place au milieu des histoires et des secrets. Moins seule depuis qu’elle connaît la Grande Stéphane venue de la Grande ville, elle fait son métier avec passion. Jusqu’au jour où elle se retrouve confronté avec effroi au cadavre d’un étalon atrocement mutilé. La Vieille, l’étrange rebouteuse du village, est catégorique : le « Varou » est de retour.

    Entre les mouches qui saturent les salons, la vase qui colle aux bottes et le crachin qui détrempe la raison, ce roman à l’atmosphère mi-mystique, mi-cauchemardesque m’a immédiatement saisie.
    Qu'ill est étrange ce village divisé en trois univers (le centre, la campagne et le lotissement) qui ne se rencontrent jamais. Qu'ils sont suspects ces villageois « cultivant leurs secrets et bassesses ».
    On a la sensation d’un huis-clos à ciel ouvert.

    Entre les lignes, Adeline Fleury dresse un triste constat de la nature humaine. Elle nous transporte au cœur d’un monde recroquevillé sur lui-même, un monde où les différences engendrent la peur et rendent le dialogue impossible.
    La vision de ces lieux cloisonnés, habités par des adultes affichant une incapacité totale à s’aventurer hors de leur territoire, m’a tout de suite parlé.
    Manipulation, égoïsme, rejet de la différence. Le système d’auto-préservation se reproduit à l’infini, engendrant la monstruosité.
    Adeline Fleury nous interroge alors, nous lecteurs : qui sont les véritables monstres de cette histoire ?

    Le ciel en sa fureur est un livre empreint de mystère et d’une sombre poésie dans lequel on se fond aisément. Tant et si bien que la résolution est arrivée trop vite. J’aurais aimé passer plus de temps avec certains personnages et sentir la pression monter encore un peu. Mon côté maso très certainement.
    Morale de l’histoire : c’est un très beau roman, de ceux qui interrogent. Je n’ai pas vu le temps passer.
    C’est avec lui que s’ouvre le bal du Prix Orange du Livre 2024, et je vous le conseille vivement.

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