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Sorj Chalandon

Sorj Chalandon



Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de six romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La L...

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Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de six romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011 – Grand Prix du roman de l’Académie française), Le Quatrième Mur (2013 – prix Goncourt des lycéens).




Vidéos relatives à l'auteur

Articles en lien avec Sorj Chalandon (6)

Avis sur cet auteur (384)

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    Couverture du livre « L'enragé » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Jean François Helleux sur L'enragé de Sorj Chalandon

    Excellent livre retraçant un épisode de l'histoire sociale de la France

    Excellent livre retraçant un épisode de l'histoire sociale de la France

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    Couverture du livre « L'enragé » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

    tatibibibi sur L'enragé de Sorj Chalandon

    "l'enragé" ...qui aurait tout aussi bien pu s'intituler l'écorché, l'insurgé ou le révolté, c'est Jules Bonneau, alias 'la Teigne" , ce gamin arrivé à 13 ans dans la colonie pénitentiaire dite de Haute-Boulogne, sur l'île de Belle-Ile. Colonie qui n'est en réalité rien d'autre qu'un bagne pour...
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    "l'enragé" ...qui aurait tout aussi bien pu s'intituler l'écorché, l'insurgé ou le révolté, c'est Jules Bonneau, alias 'la Teigne" , ce gamin arrivé à 13 ans dans la colonie pénitentiaire dite de Haute-Boulogne, sur l'île de Belle-Ile. Colonie qui n'est en réalité rien d'autre qu'un bagne pour enfants, des enfants taillables et corvéables à merci, rassemblés là sans distinction, mais tous défavorisés : enfants chapardeurs, petits ou gros larcins, voleurs par nécessité parfois et violents pour tout simplement survivre.
    Jules est tout cela à la fois, et "coupable" de surcroît d'avoir été abandonné par ses parents.
    Une colonie censée donc remettre ces "âmes perdues" dans le droit chemin en les formant au métier de marin ou d'agriculteur, mais qui réussit, vu les méthodes employées, à n'en faire que des révoltés.
    C'est donc l'itinéraire de cet enfant pas gâté qui est au coeur de ce roman de S Chalandon; de son arrivée à Belle-Ile en 1934 jusqu'à son évasion en 1937.
    Et Chalandon de nous transporter dans cet univers carcéral implacable et déshumanisé, où la violence est un mode de vie, la solitude, un garde-fou, où la loi du plus fort règne en maître, où le chacun pour soi sauve des trahisons et où la colère devient moteur de survie.
    "Pour survivre ici, il faut être de granit. Marcher victorieux dans le sang des autres."
    Violence et colère omniprésentes. Violence dure, incompressible mais légitimée par la perversité et les sévices infligés par les matons tortionnaires.
    Et Jules qui doit se contenter de rêver qu'il tue ses bourreaux pour ne pas passer à l'acte, qui rêve d'une évasion qui ne pourrait être que synonyme de mort, qui rêve de grand large et de goélands alors que l'océan qui fait barrage ne peut être qu'assassin !
    Chalandon nous entraîne dans ce maëlstrom de souffrances, sans concession aucune, avec un style sec et âpre , grâce au vocabulaire précis et évocateur d'un sujet qu'il maîtrise totalement.
    Et le lecteur de se retrouver désemparé, ému et en colère, plongé dans cet arène des humiliations, viols, vengeances et autres perversités.
    Chalandon en parle d'autant plus facilement que Jules, c'est lui. Lui qui n'a certes pas connu cette colonie, mais qui est le fils d'un père violent et paranoïaque. du coup, il parle "juste", sans supercheries, déchiré de l'intérieur et poings serrés, avec l'humanité toute entière pour ennemie et la violence pour force vitale.
    Des mots au service d'une explosion émotionnelle chez le lecteur.
    La seconde partie du roman correspond à la seconde vie de Jules, après son évasion. Des éléments historiques tels les Croix de Feu, la guerre civile espagnole, partis socialiste et communiste permettent de contextualiser le récit.
    A vous de faire la lecture de ce roman fort émouvant afin de voir si la rédemption peut s'avérer possible pour Jules et si des mains tendues parviennent à lui faire desserrer les poings.
    A noter que Haute-Boulogne n'a été fermé qu'en 1977 et que le récit de Chalandon repose sur une infamante réalité historique .
    A lire, pour le thème, pour l'analyse intéressante d'une période troublée, pour tous les Jules de la terre et pour le talent de Chalandon.

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    Couverture du livre « Retour à Killybegs (Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2011) » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

    RIVERA sur Retour à Killybegs (Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2011) de Sorj Chalandon

    Conflit catholiques, protestants en Irlande. Guerre dirigé par les anglais durant la gestion de madame Thatcher.

    Conflit catholiques, protestants en Irlande. Guerre dirigé par les anglais durant la gestion de madame Thatcher.

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    Couverture du livre « L'enragé » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Madame Tapioca sur L'enragé de Sorj Chalandon

    « C'était elle, ma colère, qui allait guider mes pas et me conduire à travers la lande. Elle, qui éclairerait ma traversée de la nuit. Elle, ma colère, qui me libérerait de cette saleté d'île. Je voulais que mes galoches laissent dans sa terre l'empreinte de ma rage. »

    Chalandon fait du...
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    « C'était elle, ma colère, qui allait guider mes pas et me conduire à travers la lande. Elle, qui éclairerait ma traversée de la nuit. Elle, ma colère, qui me libérerait de cette saleté d'île. Je voulais que mes galoches laissent dans sa terre l'empreinte de ma rage. »

    Chalandon fait du Chalandon et forcément ça fonctionne.

    De 1880 à 1977 (hier), la colonie pénitentiaire de Belle-Ile en mer a "accueilli" des enfants. D'abord construite pour enfermer les communards, ce centre de détention va par la suite emprisonner des gamins pour des délits mineurs. Ce sont de simples petits voleurs, des mendiants, coupables simplement d'être orphelins, d'être pauvres. Entre ces murs, en plus de l'enfermement, ils vont subir l'humiliation et les mauvais traitements. Une violence sourde qui fabrique des enfants enragés.

    En 1934, lors d'une mutinerie, 56 enfants passent le mur d'enceinte de la colonie, ils s'échappent ! Mais nous sommes sur une ile. La plus grosse muraille, c'est l'océan. Alors en une nuit, pour 20 francs argent, les bonnes gens, les touristes vont aider la gendarmerie dans cette chasse aux gosses. 55 sont repris. Il en manque 1.
    Sorj Chalandon invente une histoire et un destin à cet évadé, Jules Bonneau dit La Teigne - Jules Bonneau comme l'anarchiste mais pas écrit de la même façon.

    Quelques facilités larmoyantes au démarrage du récit m'ont un peu effrayé mais par la suite on retrouve toutes les qualités d'écriture de l'auteur, ses mots pudiques pour dire à la fois l'ombre et la lumière, pour rester à la frontière des sentiments théâtraux et finalement nous ensevelir sous l'émotion. J'ai freiné des 4 fers pour ne pas verser ma larmichette mais je me suis encore fait cueillir. On croise des monstres, des salauds ordinaires et des héros ordinaires.

    Ce texte devrait séduire tous les amoureux de l'auteur, il lui ressemble et sans doute se cache-t-il un peu derrière Jules, sans doute règle-t-il encore des comptes avec son enfance si peu douce.