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Monique s'évade

Couverture du livre « Monique s'évade » de Edouard Louis aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021483468
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Une nuit, j'ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l'homme avec qui elle vivait était ivre et qu'il l'insultait. Cela faisait plusieurs années que la même scène se reproduisait : cet homme buvait et une fois sous l'influence de l'alcool il l'attaquait avec des mots d'une... Voir plus

Une nuit, j'ai reçu un appel de ma mère. Elle me disait au téléphone que l'homme avec qui elle vivait était ivre et qu'il l'insultait. Cela faisait plusieurs années que la même scène se reproduisait : cet homme buvait et une fois sous l'influence de l'alcool il l'attaquait avec des mots d'une violence extrême. Elle qui avait quitté mon père quelques années plus tôt pour échapper à l'enfermement domestique se retrouvait à nouveau piégée. Elle me l'avait caché pour ne pas « m'inquiéter » mais cette nuit-là était celle de trop.

Je lui ai conseillé de partir, sans attendre.

Mais comment vivre, et où, sans argent, sans diplômes, sans permis de conduire, parce qu'on a passé sa vie à élever des enfants et à subir la brutalité masculine ?

Ce livre est le récit d'une renaissance.

É. L.

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Avis (6)

  • Un court récit sur l’émancipation de Monique, mère d’Edouard Louis, hommage d’un fils à sa mère, surtout mise en lumière du fils qui aide sa mère à fuir.

    L’auteur relate avec précision les étapes qui conduisent sa mère à partir vivre seule loin des hommes qui l’ont maltraitée, à fuir son...
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    Un court récit sur l’émancipation de Monique, mère d’Edouard Louis, hommage d’un fils à sa mère, surtout mise en lumière du fils qui aide sa mère à fuir.

    L’auteur relate avec précision les étapes qui conduisent sa mère à partir vivre seule loin des hommes qui l’ont maltraitée, à fuir son dernier compagnon.

    Un joli récit même si je suis restée un peu en retrait notamment sur les sommes que dépense le fils pour l’indépendance de sa mère et son déménagement.

    Certes, l’aspect financier est prétexte à attirer l’attention sur les contingences matérielles (trouver un logement, meubler, assurer les besoins du quotidien) mais ce n’était pas nécessaire de les lister. Un peu trop documentaire à mon goût. Heureusement le passage sur Virginia Woolf ramène le lecteur à la littérature.

    Lecture en demi-teinte donc.

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  • Suite à un entretien d'Edouard Louis sur France Culture (le book club de midi), j'ai été convaincue et je suis allée acheter le livre dans l'après-midi, alors que je n'avais pas aimé les livres qui ont suivi son premier roman. Mais là, ça a marché ! Pudeur, émotion, écriture du réel qui nous...
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    Suite à un entretien d'Edouard Louis sur France Culture (le book club de midi), j'ai été convaincue et je suis allée acheter le livre dans l'après-midi, alors que je n'avais pas aimé les livres qui ont suivi son premier roman. Mais là, ça a marché ! Pudeur, émotion, écriture du réel qui nous ramène à notre propre quotidien, fait de livres, certes, mais aussi de soucis très matériels (acheter une nouvelle machine à laver parce que la mienne a lâché).
    Et puis, de manière plus profonde, cela m'a ramenée 20 ans en arrière, parce que j'ai été battue par mon compagnon. Contrairement à ce qui se passe aujourd'hui, cette affaire a été très bien traitée : c'est l'hôpital où j'étais pour multiples coups et blessures (IIT de 15 jours) qui m'a convaincue de porter plainte. Ce que j'ai fait, avec des flics (hommes) super compréhensifs. L'affaire a été très vite traitée (3 mois) au tribunal et le type a été condamné à 6 mois de prison avec sursis. Je précise que cet homme est prof à la fac...
    Alors, quand un livre ramène tous ces souvenirs, je trouve que c'est un livre fort au sublime titre.

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  • Edouard Louis écrit sur sa mère pour la seconde fois, il met dans le récit de l'évasion et de la renaissance de Monique tant d'empathie, tant d'amour que cette lecture m'a émue aux larmes à plusieurs moments.

    Un de mes coups de coeur de l'année 2024 !

    Edouard Louis écrit sur sa mère pour la seconde fois, il met dans le récit de l'évasion et de la renaissance de Monique tant d'empathie, tant d'amour que cette lecture m'a émue aux larmes à plusieurs moments.

    Un de mes coups de coeur de l'année 2024 !

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  • Un peu craintif d’un possible exhibitionnisme, pouvant d’ailleurs générer un certain voyeurisme, j’étais sur mes gardes avant d’ouvrir le bouquin.

    Mais la curiosité aidant sur cette construction d’une œuvre littéraire qu’est en train de réaliser Edouard Louis (EL) avec son « roman...
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    Un peu craintif d’un possible exhibitionnisme, pouvant d’ailleurs générer un certain voyeurisme, j’étais sur mes gardes avant d’ouvrir le bouquin.

    Mais la curiosité aidant sur cette construction d’une œuvre littéraire qu’est en train de réaliser Edouard Louis (EL) avec son « roman (sociologique) familial » je me suis fait aspiré par cette lecture.

    EL « tape vrai » en racontant des vies et relations personnelles, tout en décortiquant le réel des situations et en donnant une lecture sociétale avec une dimension particulière de ces vies à la dialectique subtile entre le commun et le (quand même) singulier.

    Quant au style il est direct, et plutôt « froid », sec ; tout en préservant la sensibilité et les sentiments dans ce qui est raconté.

    Dés le titre on est dans ce jeu des mots : avec « Monique s’évade » on pourrait se retrouver dans une comédie (à l’italienne, ou pas d’ailleurs) des années soixante ; en fait c’est bien Monique, la mère d’Edouard, qui va s’évader pour de vrai d’une relation toxique (et sociétale dans la dépendance matérielle d’une femme vis-à-vis d’un homme) et retrouver la (sa) liberté.

    En décrivant le processus concret de cette libération on est emporté dans cette histoire singulière avec :

    • des échanges par téléphones et ordinateurs (car Edouard est en Grèce en résidence d’auteur et sa mère à Paris) avec aussi des formations à distance sur l’utilisation de ces outils d’aujourd’hui qu’il réalise avec sa mère ! ;

    • une distance physique mais une proximité et un soutien affectif qui s’affirme (après des périodes de tensions);

    • la mise en lumière de l’importance des moyens financiers pour permettre cette « évasion » (trop souvent certaines femmes sont financièrement liées et ne pensent pas pouvoir « avoir les moyens » de la liberté). EL pose d’ailleurs la question du « prix de la liberté » ; ainsi que du paradoxe du processus de sa propre autonomisation et des moyens financiers qu’il a pu obtenir de ses publications qui ont tendues ses relations avec sa famille … tout en lui donnant la possibilité d’aider financièrement sa mère. Les questions matérielles prennent une place essentielle, non exclusive, mais essentielle au plein sens du terme ;

    • les solidarités des proches amis et les relations renouées avec sa sœur (avec qui il était proche adolescent mais avec qui il n’avait plus de contacts depuis 8 ans suite à la publication d’un de ses précédents ouvrages qui avait été mal vécu par sa famille) pour apporter des solutions matérielles et concrètes pour reloger Monique ;

    • Et puis il y a ce passage où Monique va assister à une pièce jouée à Hambourg à partir du précédent livre d’Edouard concernant Monique. Elle sera ovationnée à la fin du spectacle.

    Ce livre est puissant par sa capacité (en peu de pages) à raconter une histoire (vraie), de décrire des processus et mécanismes (réels) concernant l’étouffement des femmes et les difficultés à sortir de relations violentes, toxiques (au point de les répéter dans le cas de Monique), … , montrer la renaissance d’une personne dans l’affirmation de sa liberté et d’une reconnaissance avec l’importance du regard des autres.

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  • Monique, c’est la mère de l’auteur, cette femme dont il a déjà parlé dans « Combats et métamorphoses d’une femme ». Elle s’évade parce qu’elle est encore une fois tombée sur un poivrot qui la maltraite, l’empêche de manger à sa faim, l’insulte. Et comme elle n’a pas d’argent, elle ne peut pas...
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    Monique, c’est la mère de l’auteur, cette femme dont il a déjà parlé dans « Combats et métamorphoses d’une femme ». Elle s’évade parce qu’elle est encore une fois tombée sur un poivrot qui la maltraite, l’empêche de manger à sa faim, l’insulte. Et comme elle n’a pas d’argent, elle ne peut pas partir. Parce que pour partir, il faut un lieu où aller et des sous pour subsister. Or, elle n’a rien de tout cela. Virginia Woolf avait compris en son temps que « la liberté n’est pas d’abord un enjeu esthétique et symbolique, mais un enjeu matériel et pratique. Que la liberté a un prix. » D’où l’idée première de l’auteur d’inscrire dans la marge du texte les sommes d’argent qu’il a dû dépenser pour sa mère. C’est cher une évasion. Une façon pour lui de « provoquer la littérature », qui n’est pas une facture. Mais ces chiffres « brouillaient la lecture ». « Est-ce que la littérature peut tout dire ? Si oui, alors j’ai échoué. Si non, alors la littérature ne suffit pas. »
    Non, la littérature ne suffit pas et n’a peut-être même pas sa place ici.
    Encore une fois, Édouard Louis nous livre un texte au cordeau. Chaque mot est pesé. Chaque situation analysée. Lorsque sa mère quitte le logement qu’elle partage avec un homme depuis plusieurs années, l’auteur est en résidence d’auteur à Athènes. Il organise donc l’évasion de loin. Il n’a aucun moyen d’action directe. J’ai trouvé que cette situation extrêmement stressante (à tout moment, la fuite peut tourner au drame) rendait encore plus évident tout ce qu’il fallait mettre en place concrètement pour partir. En effet, ne part pas qui veut (surtout s’il y a des enfants, ici ce n’est pas le cas.) Pas facile pour une femme d’échapper à la violence. Je repense à une scène du livre : la mère est à Paris, elle se rend chez son fils car elle a besoin d’aller aux toilettes. Le fils travaille et lui explique qu’on ne débarque pas comme ça, qu’il faut prévenir ou aller au café. Et la mère d’avouer qu’elle n’a pas trois euros en poche pour aller au café.
    La distance donne aussi l’impression que l’auteur donne « vie » au personnage de la mère. Il commande de la nourriture, appelle un taxi, lui explique comment lancer une vidéo… Il la place dans un mouvement, l’initie au monde, la lance dans la vie… Les rôles s’inversent…
    Évidemment, rien de romanesque dans cette fuite. Non, certains peuvent vivre en paix, dans le repos, la stabilité quand d’autres subissent le déplacement, la perte, le mouvement imposé.
    Ici Monique laisse son fils prendre en charge la totalité des contraintes matérielles. Pas très féministe tout cela me direz-vous ? Eh bien si. « L’émancipation ne passe pas seulement par l’action, mais aussi, en certaines circonstances, par un droit à l’abandon, à la délégation, au retrait . »
    Ce que l’on perçoit aussi c’est à quel point la pauvreté dépossède l’individu: des saveurs, des odeurs, des lieux, des gens, des paysages, de l’usage des nouvelles technologies… L’auteur découvre à quel point sa mère a été privée de tout. Elle renaît en partant : « Je suis contente d’essayer de nouvelles choses » avoue-t-elle.
    L’écriture d’Édouard Louis me touche beaucoup : il y a chez lui, dans sa langue, une recherche absolue d’authenticité. On n’est pas là pour faire du style. Ce serait même déplacé. On est là pour être au plus près de la vérité par les mots et les phrases que l’on emploie. Le titre par exemple : qui aurait osé un titre pareil ? Un nom propre (passé de mode) et un verbe au présent. Le réel dans toute sa vérité. Par ailleurs, on sent chez lui une volonté un peu naïve de se faire pardonner : j’ai écrit sur toi, maman, mais cela me permet maintenant de t’aider financièrement. Il est très touchant dans cette recherche du pardon et l’on entend encore l’enfant derrière l’adulte qu’il est devenu.
    Je ne vous dis rien de la fin. Elle est magnifique.
    Édouard Louis rend ici un superbe hommage à sa mère. Et aux femmes.
    Un texte bouleversant.

    LIRE AU LIT le blog

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  • Avec ce leitmotiv « La honte est une mémoire », Édouard Louis relève tous ses petits souvenirs de rendez-vous manqués, ces moments de gêne, de ses paroles prononcées, vite oubliées, qui décriait le quotidien de sa mère, même séparée de son père. Elle avait cru encore une fois qu’un homme pouvait...
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    Avec ce leitmotiv « La honte est une mémoire », Édouard Louis relève tous ses petits souvenirs de rendez-vous manqués, ces moments de gêne, de ses paroles prononcées, vite oubliées, qui décriait le quotidien de sa mère, même séparée de son père. Elle avait cru encore une fois qu’un homme pouvait la protéger ! Mais, un soir, elle appelle son fils…

    « Trois maris, trois poivrots ». Et au troisième, avec l’aide de son fils, elle s’enfuit. Peut-être, les insultes entendues à travers le haut-parleur du téléphone ont-elles aidé à cette prise de conscience. Que l’intime soit franchi, l’emprise se délite !

    « (..)Fuir et se libérer demandent une telle énergie que, souvent, en cours de fuite, on renonce et on fait demi-tour. »
    Édouard Louis fait le récit de cette évasion. Et, il souligne, à chaque page, que devant tant à faire, il faut être accompagné ! De l’apprentissage de l’ordinateur à l’avance pour le nouveau logement, les lendemains de fuite et la fragilité qu’elles amènent sont les principales difficultés à surmonter.

    Édouard Louis nous raconte la joie de cette renaissance lorsqu’elle est réussie et ponctue son récit d’un bel hommage d’un fils à sa mère, une représentation théâtrale en son honneur.

    Au-delà de cette expérience personnelle décrite dans Monique s’évade, Édouard Louis montre, encore et encore, la portée sociale de son récit. Même si la joie vient cicatriser la honte, c’est bien parce que son fils connaît tous les codes sociaux de son quotidien qu’il peut soutenir sa mère vers sa libération.

    Car, les associations n’ont plus les subventions nécessaires pour accomplir ce travail. L’état fait tout pour ne plus servir les aides, comme on l’apprend pour Monique, lorsqu’il n’en restreint pas drastiquement les bénéficiaires.

    Alors, si la femme ne peut compter sur personne, impossible que l’évasion se réalise vraiment. Elle reviendra un jour ou l’autre auprès de son tortionnaire tant les étapes sont difficiles à franchir. Et, là, on est au cœur de la critique sociale, l’essence même de la littérature d’Édouard Louis.

    De façon plus concise…
    Cependant, « Monique s’évade » représente également un moment de retrouvailles entre un fils qui a trahi sa classe, son sexe et surtout sa famille, et celle qu’il a détestée, qu’il a fuie et dont il a constamment eu honte.

    La mère et le fils se sont retrouvés et découvrent l’ampleur de leur tendresse. Édouard Louis est heureux avec sa mère. D’ailleurs, elle a fait la commande de ce livre pour qu’il montre, enfin, à tous, la joie de sa renaissance !

    Une évasion émouvante, réaliste et tendre d’une mère, racontée par son fils. Et, ils retrouvent enfin !
    Chronique illustrée ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2024/04/29/edouard-louis-monique-sevade/

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