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Olivier Adam

Olivier Adam
Né en 1974, Olivier Adam est notamment l'auteur de Poids léger (adapté au cinéma par Jean-Pierre Améris) et de Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), disponibles en Points. Il écrit également pour la jeunesse et pour le cinéma.

Articles en lien avec Olivier Adam (2)

Avis sur cet auteur (266)

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    Couverture du livre « Il ne se passe jamais rien ici » de Olivier Adam aux éditions Flammarion

    Calimero29 sur Il ne se passe jamais rien ici de Olivier Adam

    Dans un village près du lac d'Annecy, où il ne se passe jamais rien, une jeune femme connue de tous, est retrouvée assassinée. Le coupable idéal est tout désigné : Antoine, qui l'a raccompagnée en bas de chez elle, qui a eu une liaison avec elle.
    Nous retrouvons ici, les ingrédients habituels...
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    Dans un village près du lac d'Annecy, où il ne se passe jamais rien, une jeune femme connue de tous, est retrouvée assassinée. Le coupable idéal est tout désigné : Antoine, qui l'a raccompagnée en bas de chez elle, qui a eu une liaison avec elle.
    Nous retrouvons ici, les ingrédients habituels qui font qu'on reconnaît la patte particulière d'Olivier Adam. Tout d'abord, le personnage d'Antoine, 38 ans, qui est un paumé, un loser : il vit de petits boulots, il n'a jamais pu garder une place plus que quelques mois, considéré comme peu fiable, il est logé dans les combles d'une maison qui appartient à ses parents, il a un fils dont il n'a pas la garde, il a été chassé par sa compagne enceinte quand elle a appris qu'il la trompait; il est à la ramasse, instable, il boit, il traîne. Ensuite, la famille, loin de l'image de cocon rassurant, théâtre de toutes les jalousies, de drames, de non-dits, le mépris du père pour un fils qui lui ressemble si peu, la rivalité entre frères... Et enfin, la peinture sociale d'une micro-société à deux vitesse, avec ceux qui ne rêvent que de s'enfuir loin de ce qu'ils considèrent comme un trou et ceux qui y reviennent car les montagnes, le lien social leur manquent.
    La différence, c'est que cette fois, nous sommes dans un roman noir mais le crime n'est qu'une excuse pour décrire les rapports humains dans ce village où tout le monde se connaît depuis l'école, où tout se sait, où les commérages vont bon train. Après le départ des touristes, l'atmosphère y est déprimante. Nous nous trouvons dans un huis-clos oppressant, écrasés par les montagnes qui dominent le village.
    Chaque chapitre donne la parole à un narrateur différent et donc un point de vue différent sur les évènements et les gens; il se présente sous forme d'un dialogue dont nous n'avons que le script du narrateur qui répond à des questions dont nous ne connaissons pas la teneur, comme une sorte de monologue orienté. L'inconvénient avec cette technique, c'est que les informations sont données plusieurs fois au lecteur ce qui crée des longueurs.
    La fin est dramatique, immorale et peut laisser un goût amer aux lecteurs/trices comme moi, qui savent que cela peut être la triste réalité , mais aiment, cependant, que les méchants soient punis, que justice soit rendue au moins en littérature.
    J'aurais, enfin aimé qu'Olivier Adam, qui semble apprécier la Bretagne où il campe souvent ses romans, ne tombe pas dans le préjugé beauf avec la phrase suivante : "On est en Bretagne, des mecs bourrés il doit en croiser à longueur de temps". Les Bretons apprécieront!

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    Couverture du livre « Il ne se passe jamais rien ici » de Olivier Adam aux éditions Flammarion

    yves MONTMARTIN sur Il ne se passe jamais rien ici de Olivier Adam

    Le lac d’Annecy, deux rives, celle des riches et celles des pauvres. C’est un coin tranquille ici. Il ne se passe jamais rien. Mais le corps d’une femme est retrouvé dans les eaux du lac. Elle était belle, sexy, charmante, piquante, émouvante. Il y a des meufs qui irradient, qui aimantent....
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    Le lac d’Annecy, deux rives, celle des riches et celles des pauvres. C’est un coin tranquille ici. Il ne se passe jamais rien. Mais le corps d’une femme est retrouvé dans les eaux du lac. Elle était belle, sexy, charmante, piquante, émouvante. Il y a des meufs qui irradient, qui aimantent. Est-ce un crime de trouver une femme belle et de ne pas détester la regarder ? La rumeur courait au village que pas mal de mecs avaient réussi à se la taper. Elle avait ce charme qui rend les hommes à moitié dingues, elle en est morte. La dernière personne avec qui elle a été vue, c’est Antoine, un de ses ex. Antoine, trente-huit balais, il ne garde jamais un boulot longtemps, il manque d’argent, il picole trop, il fume des trucs qu’on n’est pas censé fumer. Il a toujours attiré les emmerdes, toujours à se fourrer dans des mauvais plans, l’art d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Ce n’est pas un mauvais gars, il est juste un peu largué. Antoine coche toutes les cases d’un suspect sérieux.
    Un roman choral où tous ceux qui ont connu la victime vont s’exprimer chacun leur tour et rebondir sur les informations révélées par le narrateur précédent. Dans ce microcosme les langues se délient, les gens se regardent soudain de travers, des rumeurs se mettent à bruisser dans tous les sens. Il suffit de tendre l’oreille. Les rancœurs et les jalousies refont surface, des tas de trucs remontent de partout comme les eaux usées des égouts après l’orage. Que se cache-t-il derrière la façade mielleuse, les sourires faux cul, et la vitrine de la petite famille parfaite.
    Un roman noir où, une nouvelle fois, Olivier Adam explore avec talent les failles et les fragilités de ses personnages dont celui d’Antoine, un enfant qui n'a pas su trouver sa place, un adolescent qui fait tout de travers et qui devenu adulte va tomber dans tous les pièges. Le lecteur se laisse entraîner pour tenter de percer les secrets d'une communauté où chacun garde en permanence un œil sur l'autre.

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    Couverture du livre « Il ne se passe jamais rien ici » de Olivier Adam aux éditions Flammarion

    Matatoune sur Il ne se passe jamais rien ici de Olivier Adam

    Comme d’habitude, Olivier Adam s’inspire d’un artiste pour lui dédier ce roman choral, présenté sous forme d’une enquête parfaitement réussie. L’épigraphe est un hommage à l’artiste Jean-Louis Murat, trop rapidement disparu. Dans un petit village, près du lac d’Annecy, Olivier Adam y implante...
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    Comme d’habitude, Olivier Adam s’inspire d’un artiste pour lui dédier ce roman choral, présenté sous forme d’une enquête parfaitement réussie. L’épigraphe est un hommage à l’artiste Jean-Louis Murat, trop rapidement disparu. Dans un petit village, près du lac d’Annecy, Olivier Adam y implante son nouveau roman dont le titre peut surprendre : « Il ne se passe jamais rien ici. »

    Quelques bouts de l’histoire
    Antoine commence ce roman choral. À près de 38 ans, il ne s’est toujours pas « rangé », trop fragile dit sa grande sœur, trop feignant pense son père, trop peu fiable disent les commerçants qui l’ont déjà employé.

    Il vit dans le studio de ses grands-parents, au troisième étage d’un immeuble de locations saisonnières où son père l’a sommé de se faire le plus discret possible. Son père, il semble le fuir, trop à lui poser de question, lui, le conseiller municipal. Sa mère est diagnostiquée d’un Alzheimer précoce. Son frère n’est plus son confident depuis longtemps, et sa grande maison trône fièrement au-dessus du lac.

    Antoine travaille avec Alexandre, son ami d’enfance, ces temps-ci, comme aide brocanteur. Sa grande sœur et son beau-frère tiennent un hôtel au bord de la faillite. Marlène est son ex avec Nino. Depuis peu elle lui laisse le voir bien qu’il ne peut plus payer la pension alimentaire.

    Seulement, un matin, le corps d’une femme est retrouvé au bord de l’eau ! Le suspense monte jusqu’à la confirmation de l’identité de ce féminicide. Antoine est la dernière personne A l’avoir vu vivante. De plus, tout le monde connaissait leur relation tumultueuse.

    Enquête prétexte
    Olivier Adam n’est pas un auteur comme les autres. À travers tous ses romans, c’est la France de ceux dont on ne parle pas, de ceux qui traînent leurs difficultés au fil de leur vie. Devenus héros de romans, ils forment au fil de ses pages, une sorte d’armée d’ombres contemporaines.

    Au trois-quarts de ce roman, tout craque ! Les tourismes partis, le village vit en autarcie. Seulement, la perfection n’existe pas, malgré les efforts de certains. Les secrets, les comme-ci font éclater les apparences.

    La critique sociale d’Olivier Adam est acerbe, brute et fine. La violence n’est pas uniquement celle qui tue, elle est larvée et insidieuse. Arme de destruction passive, car arme du paraître, employée par ceux qui veulent se distinguer du groupe.

    Inès la subit, elle qui dérange avec son handicap, qu’on ne nomme pas. Caché, il semble ne pas exister ! Pourtant, tout le temps, elle subit les assauts de cette violence insidieuse.

    Fils d’une mère arabe, le policier de l’enquête subit le racisme presque ordinaire, lancinant. Il devient émergeant rapidement pour le faire taire et lui montrer qui a le pouvoir.

    Mais, Antoine reste la principale victime ! Celui que tout désignait, sans présomption d’innocence, est accusé. Ici, les préjugés, les jugements hâtifs, la rumeur va finir de détruire un homme pas tout à fait armé pour affronter la dureté du monde.

    Roman noir excellent !
    L’écrivain brosse le portrait d’un homme loin des stéréotypes de masculinité dominants : celui qui affiche sa force, s’accroche au pouvoir, exprime la nostalgie du passé, refuse de faire des erreurs ou de douter, et reste influencé par son histoire. Néanmoins, Olivier Adam ne prône pas la révolution, laissant les plus faibles se plier devant les plus forts.

    Ce roman « parce qu’il n’y a que là que l’on parle vraiment de la vie. Pas des actualités, mais de la vie. Pas d’un sujet, mais de la vie » est l’occasion pour Olivier Adam de nous décrire notre monde, sans concession, sans fioriture, juste comme il est ! Et dans Il ne se passe jamais rien ici, il nous signifie que ce féminicide et l’évolution que subit Antoine ne changeront nullement la face du monde. Chacun retourne à son théâtre d’apparence. Juste notre niveau de conscience en est éveillé.

    En bref, un excellent roman noir !
    Chronique illustrée ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2024/05/21/olivier-adam-il-ne-se-passe/

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    Couverture du livre « Il ne se passe jamais rien ici » de Olivier Adam aux éditions Flammarion

    Geneviève Munier sur Il ne se passe jamais rien ici de Olivier Adam

    Dans son dernier roman, "Il ne se passe jamais rien ici", Olivier Adam plante le décor au bord du lac d’Annecy, c’est dire s’il ne pouvait que m’attirer. Je l’ai d’ailleurs acheté peu de jours après sa sortie et m’y suis plongée – dans le livre – tout de suite. Ce roman, addictif au possible,...
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    Dans son dernier roman, "Il ne se passe jamais rien ici", Olivier Adam plante le décor au bord du lac d’Annecy, c’est dire s’il ne pouvait que m’attirer. Je l’ai d’ailleurs acheté peu de jours après sa sortie et m’y suis plongée – dans le livre – tout de suite. Ce roman, addictif au possible, m’a tenue en apnée du début à la fin. J’ai adoré.

    Il ne se passe jamais rien ici, sauf qu’une jeune femme, connue de tous les habitants de ce petit village, est un jour retrouvée morte dans le lac. Très vite il est avéré qu’elle ne s'est pas noyée, mais a été tuée puis jetée à l’eau. C’est un meurtre, voire un assassinat. Les paysages, la beauté du lac sont magnifiquement abordés par l’auteur. Visiblement admiratif de ses couleurs innombrables et changeantes au gré des moments de la journée, Olivier Adam les décrit à merveille. Et le tableau ainsi brossé a participé à mon intérêt. Mais l'ouvrage possède nombre d'autres qualités.

    Trente chapitres et presque autant de personnages qui, tout à tour, s’expriment sur le sujet. Il s'agit bien d'une enquête. Le "Je" est de rigueur. Chacun raconte ce qu’il a vu, entendu, ce qu’il pense des uns et des autres. Chacun se raconte aussi. Comme le dit l’écrivain, venu là chercher l'inspiration, "A quoi bon raconter une histoire en particulier si ce n’est pas pour parler d’autre choses, de ce qui compte vraiment ? La vie qui nous passe à côté. Le temps qui nous roule dessus. Les liens qui se dénouent. Le sens qui se dérobe." Et c’est ainsi que les pages se tournent seules, l’envie est là de continuer sans jamais s’arrêter, de savoir, de trouve. Addictif, je disais. Il y est question d’amour – pas toujours simples les histoires – de la beauté de l’environnement, des apparences trompeuses, de différences et de la difficulté à les accepter. Parler de ce qui compte vraiment, c’est bien ce que dit l’écrivain.

    Et pour parler de tout ça, l’écriture est belle, simple mais belle, et surtout multiple, parfaitement adaptée à chaque narratrice ou narrateur. Tout est monologue, les propos de celui qui recueille les témoignages restent souvent off ce qui ajoute au mystère "Des problèmes ? Ici ? Avec moi ? C’est quoi cette histoire ? Qui vous a dit ça ? Non, franchement, je ne vois pas." Et je ne parle pas de la fin, parfaitement réussie à mon goût.

    Un roman qui s’avale tout en le dégustant. J’ai adoré.

    https://memeo-emoi.fr