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Gwenaelle Lenoir

Gwenaelle Lenoir
Spécialiste du Proche et du Moyen-Orient, du monde arabe et de l’Afrique orientale, Gwenaëlle Lenoir est journaliste indépendante.

Avis sur cet auteur (10)

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    Couverture du livre « Camera obscura » de Gwenaelle Lenoir aux éditions Julliard

    Lovebooks200 sur Camera obscura de Gwenaelle Lenoir

    "Camera obscura" de Gwenaelle Lenoir est un roman poignant, bouleversant qui nous plonge au coeur de l'horreur de la guerre et de la torture. Ce roman, c'est l'histoire de "César", photographe syrien confronté aux atrocités du régime de Bachar El Assad. L'autrice, nous dépeint un homme qui, peu...
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    "Camera obscura" de Gwenaelle Lenoir est un roman poignant, bouleversant qui nous plonge au coeur de l'horreur de la guerre et de la torture. Ce roman, c'est l'histoire de "César", photographe syrien confronté aux atrocités du régime de Bachar El Assad. L'autrice, nous dépeint un homme qui, peu à peu, remet en question les valeurs et l'ordre établi auxquels il avait toujours adhéré.

    Au fil des clichés qu'il capture, ce photographe assiste impuissant à la déchéance de son pays, ravagé par la terreur. Son cheminement intérieur, de la simple observation à la prise de conscience et à la révolte, est remarquablement décrit. On est touché par sa transformation, de la discrétion presque lâche à la colère et au courage insensé. le choix de la narration à la première personne nous permet de nous plonger profondément dans l'esprit tourmenté de ce photographe courageux malgré lui. On ressent sa peur, son stress et ses tourments à chaque page, et on ne peut s'empêcher d'être oppressé par l'ambiance tendue du récit.

    "Camera obscura" est un roman court, bouleversant, percutant. Un hommage poignant à ceux qui osent braver l'horreur pour défendre la dignité humaine. Un roman à lire absolument!

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    Couverture du livre « Camera obscura » de Gwenaelle Lenoir aux éditions Julliard

    clesbibliofeel sur Camera obscura de Gwenaelle Lenoir

    Le rythme est celui d’un roman policier ou d’un thriller avec un premier chapitre choc, totalement glaçant et pourtant addictif, il est déjà trop tard pour refermer le livre... Ensuite, retour en arrière : à l’hôpital militaire où les collègues du photographe sont acquis à la terrible...
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    Le rythme est celui d’un roman policier ou d’un thriller avec un premier chapitre choc, totalement glaçant et pourtant addictif, il est déjà trop tard pour refermer le livre... Ensuite, retour en arrière : à l’hôpital militaire où les collègues du photographe sont acquis à la terrible répression policière qui touche les opposants au régime. Moustache, Tony, Freddy et Salim sont tous des militaires obéissant quels que soient les ordres, espérant une promotion, des avantages qu’on découvre dans l’effarement : argent extorqué aux familles, jusqu’aux viols et meurtres… Ce n’est pas une lecture pour les âmes trop sensibles et pas du tout une lecture pour s’endormir le soir. L’écriture de Gwenaëlle Lenoir nous met au cœur du choix : accepter l'ordre établi ou bien le contester et se mettre en danger... On a les scènes comme les voit le photographe de cette morgue qui ne désemplit pas. Freddy, une croix grossière et noire tatouée sur l’avant-bras droit, remplace Tony et apporte un saut dans l’horreur, lui qui « dit terroristes dix fois dans sa phrase, comme s’il donnait à manger au président sur son biceps. » Heureusement, on a en face de ces monstres, des résistants d’un courage qui force le respect, les Abou Georges, Aymar et surtout Abou Faisal !

    Les sbires du président et les enfants « croient aux histoires simples du Grand Homme. » et il devient impossible d’apporter la contradiction sous peine de mort. Le système de surveillance et la délation sont très bien rendus. J’ai été choqué de réaliser que Ania et son mari, le photographe, ne peuvent pas empêcher leurs enfants de chanter les chants à la louange du président appris à l’école, ce serait dangereux si ceux-ci parlaient mal du président ensuite. Et pourtant, avant ce chaos généralisé, une autre époque a existé :

    « Je glisse sur les dalles de pierre noircies par les pas et les siècles, je suis transporté au temps de la splendeur de la ville, quand elle régnait sur le monde par sa splendeur et son érudition. »

    Le photographe ne peut pas s’empêcher de garder une trace de ces crimes, réflexe d’humanité qui deviendra ensuite témoignage pour espérer que la justice soit possible :

    « Mais avant, j’ai recopié les noms et les dates. Je ne sais pas ce que je vais faire de cette feuille, des seize noms et de leur âge. »

    Il transmet les photos à un réseau de résistants et devient ainsi un héros malgré lui, mettant sa femme Ania et ses deux enfants en danger. Il se met en danger s’il part de « l’hôpital » car il en sait trop. Il se met en danger s’il reste, tellement il est en retrait du comportement de haine de ses collègues. Il se met en danger s’il parle à Ania. « Ce n’est pas prudent » revient comme une rengaine tout au long du récit.

    L’écriture est concise, terriblement efficace, toujours dans l’action, comme un œil qui observe et imprime l’image, nous la rend exacte à chaque phrase comme une vraie chambre obscure avec l’image sur le papier photosensible. Sur des bannières, en ville, « Le président a le visage masqué par des lunettes de soleil d’aviateur, les lèvres serrées, le cou démesurément long, le menton levé. Il ne protège pas la ville. Il la mate. » Gwenaëlle Lenoir a des expressions définitives pour exprimer le malaise du photographe : « Dans la cour, j’ai respiré l’air des gaz d’échappements à grandes goulées » ou encore « A l’époque on ne tuait pas les enfants comme on écrase les insectes. »

    Beau titre que ce Camera obscura, cette chambre obscure permettant de capter une image inversée de la réalité. Et cette pièce là où sont réceptionnés les « terroristes », en fait des manifestants ou des opposants, mérite bien d’être qualifiée d’obscure. L’autrice parvient à traquer ce moment où on ne peut plus fermer les yeux, ce moment où tout devient clair et terriblement dangereux, promesse de libération ou de mort. Alors il y a la peur qui prend de plus en plus de place et on tremble avec ces hommes, ces femmes, vivant au mauvais endroit, au mauvais moment.

    Gwenaëlle Lenoir annonce : « Ce livre est un roman dont le personnage principal est réel. Ce photographe existe et vit caché quelque part en Europe. Son nom de code est César. Les atrocités décrites sont avérées, les faits sont documentés, mais sa voix est la mienne. » César, photographe légiste de la police militaire syrienne, a risqué sa vie pour documenter les crimes du régime de Bachar el-Assad entre 2011 et 2013.

    Journaliste indépendante et spécialiste du monde arabe et de l’Afrique de l’Est, Gwenaëlle Lenoir, ancienne Grande reporter à France 3, a écrit pour la presse et Mediapart, notamment sur les bouleversements au Soudan depuis le destitution d’Omar el-Béchir en 2019. Elle montre ici qu’elle est aussi une autrice talentueuse. Son Camera obscura est un livre important, un des meilleurs lus dans le cadres de la sélection pour le prix Orange du livre 2024 auquel j'ai l'honneur de participer.

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    Couverture du livre « Camera obscura » de Gwenaelle Lenoir aux éditions Julliard

    eirenamg sur Camera obscura de Gwenaelle Lenoir

    Un roman qui déconstruit bien les mécanismes de la dictature, de la propagande, de la violence d'état. Le personnage principal, est un photographe, père de famille. Il prend conscience du régime dans lequel il vit lorsque sa routine de photographe à la morgue, le rend témoin involontaire de...
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    Un roman qui déconstruit bien les mécanismes de la dictature, de la propagande, de la violence d'état. Le personnage principal, est un photographe, père de famille. Il prend conscience du régime dans lequel il vit lorsque sa routine de photographe à la morgue, le rend témoin involontaire de la violence du pouvoir. Peu à peu, il se rend compte, qu' il ne souhaite plus fermer les yeux et documente par ses photos la répression du régime.
    Outre l'aspect politique, j'ai aimé la réflexion sur le régime, les peurs et les actions du photographe, un héros ordinaire qui a le courage de faire 1 pas de côté.
    L'amour pour sa famille, la volonté de témoigner, à travers son parcours, l'auteure nous questionne sur le courage, l'engagement. Peut-on tout risquer pour plus grand que soi? Peut-on être le rouage qui détraque la dictature? Le récit gagne de plus en plus en intensité au fil des pages, au fur et à mesure de la prise de conscience du narrateur.
    Vous ne sortirez pas indemme de cette lecture et de l'écriture de l'auteure qui nous met dans le feu de l'action et des pensées de son personnage. Cette focalisation interne renforce la force de l'histoire inspiré d'une histoire vraie mais qui est fictionnée comme le précise l'auteure. Le sentiment d'urgence du récit, le début et la fin sont impressionnants et vous rendent captif du récit jusqu à la fin du roman . Merci pour cette belle découverte à Lecteurs.com

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    Couverture du livre « Camera obscura » de Gwenaelle Lenoir aux éditions Julliard

    Rédactrice sur Camera obscura de Gwenaelle Lenoir

    Gwenaëlle Lenoir s'est inspirée du parcours du photographe syrien César pour l'écriture de ce livre percutant.
    César (un pseudo, on comprend aisément pourquoi) est aujourd'hui connu pour avoir dénoncé la violence du régime de Bachar Al-Assad à travers ses photos de corps martyrisés par la...
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    Gwenaëlle Lenoir s'est inspirée du parcours du photographe syrien César pour l'écriture de ce livre percutant.
    César (un pseudo, on comprend aisément pourquoi) est aujourd'hui connu pour avoir dénoncé la violence du régime de Bachar Al-Assad à travers ses photos de corps martyrisés par la police militaire syrienne.
    En tant que photographe légiste, il était en effet aux "premières loges" de cette violence inouïe puisqu'il était chargé de photographier les corps mutilés dans la morgue de l'hôpital militaire où il travaillait.
    Pour garder une trace des atrocités, il a enregistré des copies de ses clichés sur clés USB (des dizaines de milliers de photos insoutenables) qui lui ont ensuite permis, une fois exfiltré du pays, de rendre compte des atrocités commises auprès des instances de justice internationale. Son témoignage est évidemment capital pour, d'une part, rendre justice et, d'autre part, permettre aux familles de retrouver un proche disparu…
    Gwenaëlle Lenoir remonte ici le fil de l'horreur et nous décrit le parcours d'un homme de courage et de résistance qui a bravé les interdits au péril de sa vie et de celle de sa famille (cela ne se fait pas non plus sans peur, ni doute…).
    C'est aussi une description terrible de l'enrôlement d'une population et de la méfiance qui s'installe entre les personnes car bien sûr, il est à tout moment susceptible d'être dénoncé.
    Un roman glaçant dont il est difficile de s'extraire lorsqu'on pense avec effroi à toutes ces vies perdues (et dans quelles terribles circonstances).
    Une écriture limpide pour dire l'innommable et s'y immerger avec une tension absolument terrible de bout en bout.

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