Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Chantal Thomas

Chantal Thomas
Spécialiste du XVIIIe siècle, avant tout historienne et essayiste, Chantal Thomas n'en multiplie pas moins les casquettes. Elle enseigne dans de nombreuses université américaines, notamment à Yale et Princeton, est directrice de recherche au Centre National de Recherche Scientifique, collabore au... Voir plus
Spécialiste du XVIIIe siècle, avant tout historienne et essayiste, Chantal Thomas n'en multiplie pas moins les casquettes. Elle enseigne dans de nombreuses université américaines, notamment à Yale et Princeton, est directrice de recherche au Centre National de Recherche Scientifique, collabore au Monde et à des productions de Radio France. Elle écrit des essais sur Sade, Casanova et Marie-Antoinette. Elle est également l'auteur de récits plus personnels : 'La vie réelle des petites filles' et 'Comment supporter sa liberté'. En 2002, elle obtient le prix Fémina pour son premier roman, 'Les Adieux à la Reine'. Elle fait par ailleurs partie du jury du concours depuis 2003. Avec 'Souffrir' (2003), ' L'Ile flottante', 'Le Palais de la Reine' (2005) ou encore 'Chemins de sable' (2006), Chantal Thomas aborde des thèmes universels tels que la liberté, et construit un univers en subtil décalage avec la réalité, ce qui ne va pas sans séduire le public et la critique.

Avis sur cet auteur (37)

  • add_box
    Couverture du livre « Les adieux à la reine (10 ans, 10 livres) » de Chantal Thomas aux éditions Points

    Christlbouquine sur Les adieux à la reine (10 ans, 10 livres) de Chantal Thomas

    En cette année 1810, Vienne, où Agathe-Sidonie Laborde vit en exil, est meurtrie par le passage de Napoléon. Ce 12 février, l’ancienne lectrice de la reine Marie-Antoinette fête ses soixante-cinq ans et se remémore les moments qui ont suivi la prise de la Bastille et les derniers jours vécus à...
    Voir plus

    En cette année 1810, Vienne, où Agathe-Sidonie Laborde vit en exil, est meurtrie par le passage de Napoléon. Ce 12 février, l’ancienne lectrice de la reine Marie-Antoinette fête ses soixante-cinq ans et se remémore les moments qui ont suivi la prise de la Bastille et les derniers jours vécus à Versailles.

    Chantal Thomas nous amène dans les coulisses de Versailles, du 14 au 16 juillet 1789. Et pour cela, elle choisit de donner comme guide à son lecteur une habituée de la cour, au service de la reine et plongée, elle aussi, dans la tourmente.

    Elle nous raconte la fuite éperdue des nobles vivant au château et qui sentant le vent tourner cherchent par tous les moyens à sauver leur vie. Elle nous décrit les affres par lesquels passent Marie-Antoinette et Louis XVI, les décisions qu’ils doivent prendre pour une éventuelle fuite.

    Ce qui est intéressant ici, c’est que l’Histoire se raconte à hauteur d’hommes et de femmes. Il n’y a plus de reine mais une femme qui craint pour la vie de ses enfants et la sienne. Et il y a aussi ce regard d’Agathe sur les réactions des uns et des autres, sa propre peur pour sa vie qui se conclura par son départ aux côtés de la favorite de la reine, Gabrielle de Polignac.

    Loin de nous décrire les ors et le faste de la royauté, Chantal Thomas nous convie dans un château qui se délabre à la rencontre de différents personnages qu’Agathe va croiser durant ces trois jours, qu’elle admire ou dont elle se méfie. Des rencontres qui lui permettent de raconter les dessous de la politique et des relations au cœur de la cour.

    C’est très intéressant et, grâce à la construction du récit, cela amène un nouveau point de vue sur cet épisode de l’histoire de France qu’on pense connaître par cœur. Grâce à son écriture précise et concise, Chantal Thomas nous place aux premières loges de cet événement historique en lui attribuant une tournure plus intime. Elle nous donne ainsi l’impression d’arpenter les corridors de Versailles aux côtés d’Agathe.

  • add_box
    Couverture du livre « Journal d'Arizona et du Mexique (janvier-juin 1982) » de Chantal Thomas aux éditions Seuil

    Marie-Laure VANIER sur Journal d'Arizona et du Mexique (janvier-juin 1982) de Chantal Thomas

    C’est un peu par dépit que Chantal Thomas découvre l’Arizona. En effet, ayant d’abord candidaté pour l’Université de Fairbanks et essuyé une lettre de refus, elle avait repris la liste des universités proposant des postes. Après « Alaska » se trouvait « Arizona ». Pourquoi ne pas se vouer à...
    Voir plus

    C’est un peu par dépit que Chantal Thomas découvre l’Arizona. En effet, ayant d’abord candidaté pour l’Université de Fairbanks et essuyé une lettre de refus, elle avait repris la liste des universités proposant des postes. Après « Alaska » se trouvait « Arizona ». Pourquoi ne pas se vouer à l’arbitraire de l’ordre alphabétique ? Réponse positive ce coup-ci…
    Nous découvrons ici le journal de l’autrice, janvier-juin 1982, elle a 37 ans. Tandis qu’elle va pour signer son contrat à l’Université de Tucson, on lui apprend que le professeur qui l’a précédée n’est resté qu’une seule journée avant de regagner Paris par le premier avion de peur que le XVIIIe siècle français ne perde aux portes du désert toute signification !
    Chantal Thomas n’est pas du genre à renoncer. Elle observe et s’approprie lentement les lieux (bars, rues, cinémas, centre commercial…), les lumières, les nuages, la pluie, les gens qui attendent le bus sous le soleil, les mœurs, la végétation (cactus, lauriers-roses…) Tout est nouveau… Il faut trouver un logement… Elle tâtonne, s’installe ici, là, déménage et finit par poser définitivement son sac de marin. Comme elle précise l’adresse, je suis allée voir sur Google Map. Waouh, le dépaysement total… Elle m’impressionne cette femme discrète et toujours pleine de retenue qu’on imagine à l’heure du thé dans un salon bourgeois. Je la découvre encore, à chacun de ses livres. Elle n’a peur de rien. Elle est très drôle. Elle fait du stop (on lui précise que le désert est le meilleur endroit pour faire disparaître un corps), elle achète un vélo puis une grosse voiture noire de gangster (un peu dures les marches arrière), les cours de conversation l’ennuient un peu « J’ai cours de conversation et pas envie de causer ». Elle a hâte de commencer l’étude de « La Vie de Marianne ». Elle repense à Kerouac qu’elle adore et à Alan Harrington, l’auteur de « The Immoralist » qui ont tous deux vécu à Tucson. Simenon aussi d’ailleurs. Elle sort danser, va au cinéma, se baigne dans la piscine de sa résidence ou celle de l’Université, aime traîner au Marketing Center, s’achète des bottes western, écrit des cartes à sa famille dont quelques-unes sont reproduites. On les lit comme si l’on faisait partie des siens. On devient un peu intime quand on lit le journal de quelqu’un. Elle rêve beaucoup aussi. « Je ne fais rien en dehors de mes cours, je n’écris rien d’autre que mon journal, mais je regarde énormément la lumière. Celle du jour, celle des étoiles. Des ciels comme je n’aurais jamais cru cela possible. » Elle est curieuse de tout, tout retient son regard.
    « Qu’est-ce que j’aime ici ?
    Les chemins de terre
    Le Mexique
    Le vert pâle des cactus
    Le jaune léger des mesquites
    Les couchers de soleil
    Les matins
    Les cafés Downtown
    L’Arizona Inn
    Les margaritas
    La bibliothèque avec les lauriers-roses du campus
    Les supermarchés, la nuit
    La piscine, la nuit »
    Des rencontres, des nuits d’amour, de désir… Mais aucun amant ne lui fait oublier Sandra…
    Elle veut maintenant partir au Mexique, toute seule. Elle ira… Seule. Elle m’impressionne tellement. Je l’envie beaucoup. Les descriptions redoublent de beauté et de sensualité. L’écriture de Chantal Thomas est une merveille, on se laisse porter par l’évocation des lieux qu’elle traverse. Est-ce son regard qui les rend si beaux ? J’aimerais lui ressembler, contempler le monde avec ses yeux… Lire son journal, c’est assister à la naissance d’une femme libre qui refuse les attaches. Celles des gens, celles des lieux, celles du genre. Libre d’aller et d’être qui l’on veut. Dans l’enchantement du monde. Beau programme de vie.
    Magnifique.

    LIRE AU LIT le blog

  • add_box
    Couverture du livre « Souvenirs de la marée basse » de Chantal Thomas aux éditions Seuil

    Clairethefrenchbooklover sur Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas

    De Chantal Thomas, je connaissais ses merveilleux romans historiques : les Adieux à la Reine et l'Echange des princesses.

    Ici, elle remonte aussi le fil du temps mais pour évoquer ses souvenirs.

    Des souvenirs de la marée basse liés à son enfance et son adolescence à Arcachon entre un père...
    Voir plus

    De Chantal Thomas, je connaissais ses merveilleux romans historiques : les Adieux à la Reine et l'Echange des princesses.

    Ici, elle remonte aussi le fil du temps mais pour évoquer ses souvenirs.

    Des souvenirs de la marée basse liés à son enfance et son adolescence à Arcachon entre un père silence, une mère triste et des grand-parents adulés.
    Des souvenirs au goût d'embrun où la mer occupe une place déterminante.
    La mer comme salut pour la mère qui ne revit que par la nage. Femme liquide qui ne trouve sa raison d'être que dans cet élément et dans le mouvement de ce crawl qui la rattache à la vie.
    La mer comme berceau pour Chantal qui grandit au fil des saisons sur la plage. Entre châteaux de sables et contes de princesse des mers.
    La mer comme horizon qui reancre.

    Forcément, un peu comme les galets polis par le mouvement des vagues, les souvenirs de Chantal ont été ciselés par le temps et la mémoire.
    Mais l'écorce de l'enfance affleure et sa voix reconstitue les impressions vécues à cette époque.
    Certaines estampes marquent plus que d'autres. Par la force de la poésie qui se dégage de leurs phrases. Par leur sujet aussi.

    Hymne à la mer et la mère, cet ouvrage m'a emportée loin un jour de pluie. Comme si je retrouvais ce Bassin tant aimé aussi enfant. Et ce mélange d'iode et de sable sur la peau qui me ramène toujours à mes propres souvenirs de la marée basse sur la plage du Moulleau.

    Bref, vous l'aurez compris : je ne peux que vous conseiller cette œuvre. Au langage si élégant et si sensible.

  • add_box
    Couverture du livre « Souvenirs de la marée basse » de Chantal Thomas aux éditions Seuil

    Christlbouquine sur Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas

    Nager. Une activité essentielle pour Jackie qui ne manque aucune occasion, même celle de se baigner dans le Grand Canal du Château de Versailles près duquel elle vit avec ses parents. Nager. Un besoin que Jackie a transmis à sa fille, Chantal.

    Chantal Thomas livre ici un hymne à la mère et à...
    Voir plus

    Nager. Une activité essentielle pour Jackie qui ne manque aucune occasion, même celle de se baigner dans le Grand Canal du Château de Versailles près duquel elle vit avec ses parents. Nager. Un besoin que Jackie a transmis à sa fille, Chantal.

    Chantal Thomas livre ici un hymne à la mère et à la mer (c’était facile !) dans ce récit intime. A partir de cette passion pour la nage, l’auteure dresse un portrait plein de tendresse pour cette femme qui n’a cessé de revendiquer sa liberté à travers sa passion pour l’élément liquide. La jeune fille, née en 1919 n’a évidemment pas évité toutes les contraintes liées à son siècle et à son sexe. Mais son obstination à rechercher des lieux pour se baigner est une véritable revendication. Celle de son indépendance et cela même avec un mari, un enfant et les diktats de la société.

    Chantal Thomas s’interroge sur ce que cette mère fantasque lui a légué. Cette envie irrépressible de nager, cet amour pour la ville d’Arcachon, ce besoin de vivre sans entraves sans doute. Cette mère, finalement si peu mère, qui n’a jamais véritablement cessé d’être la fille de ses parents, devenue veuve s’installera dans le Sud mais ne renonça jamais à nager. Et quand la mémoire lui fera défaut, celle du corps la conduira encore près de la mer.

    L’auteure vogue ainsi de souvenirs en souvenirs, retraçant la vie de sa mère et sa propre enfance auprès de Jackie. La succession des chapitres, très courts, nous entraîne de rivages en rivages, dessinant par petite touche le portrait de cette femme pour laquelle Chantal Thomas nous transmet toute sa tendresse. Elle entasse et polit ainsi ses souvenirs, comme autant de galets sur une plage. Des souvenirs d’enfance, de jeux sur la plage, de rencontres avec de petits estivants, une relation filiale qui s’est tissée de plus en plus étroitement au fil du temps.

    C’est doux, apaisant, sublimement écrit. Chaque page contient un océan de poésie et quelques brins de nostalgie. Chantal Thomas cultive la simplicité de l’écrit mais aussi la justesse. Aucun mot de trop, aucune démonstration grandiloquente. Chaque page recèle une perle, une phrase qu’on a envie de retenir. Il ne reste plus qu’à se laisser porter par le flux des phrases pour être transporté sur une plage, au bord d’une mer ou d’un océan. Un véritable plaisir de lecture.