Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Triste tigre

Couverture du livre « Triste tigre » de Neige Sinno aux éditions P.o.l
  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818058268
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

J'ai voulu y croire, j'ai voulu rêver que le royaume de la littérature m'accueillerait comme n'importe lequel des orphelins qui y trouvent refuge, mais même à travers l'art, on ne peut pas sortir vainqueur de l'abjection. La littérature ne m'a pas sauvée. Je ne suis pas sauvée.

Donner votre avis

Avis (38)

  • J'avais décidé de ne pas lire ce texte, tout à la fois essai, documentaire et témoignage dont les médias s'étaient emparés pour faire le buzz. Je l'ai cependant emprunté à la bibliothèque et suis restée scotchée devant mon écran, écrasée par la force des mots de ce livre-choc.
    Tout au long de...
    Voir plus

    J'avais décidé de ne pas lire ce texte, tout à la fois essai, documentaire et témoignage dont les médias s'étaient emparés pour faire le buzz. Je l'ai cependant emprunté à la bibliothèque et suis restée scotchée devant mon écran, écrasée par la force des mots de ce livre-choc.
    Tout au long de ce récit déstructuré, Neige Sinno analyse ce qui lui est arrivé en s'adressant directement à son lecteur. Elle pose un regard lucide sur ce qui se passait dans la tête de son violeur et essaie de comprendre l'odieux, l'inacceptable. L'inceste c'est une histoire d'emprise, de domination, mais la pire qui soit, sur une enfant. Elle ne s'attarde pas sur le pathos, elle reste pudique. Comment se reconstruire, quel que soit son degré de résilience ? Elle réalise que ce qu'elle est devenue, la femme qu'elle est aujourd'hui, elle le doit à son violeur. Comment supporter un tel constat ?
    Après 5 ans de prison, la société laisse le violeur reprendre sa petite vie, fonder une nouvelle famille et elle, l'enfant qu'il a écrasée, avilie, humiliée reste pour toujours abimée, elle ne pourra jamais oublier.
    Et, dans le cas de Neige Sinno, je me demande avec effarement : Et s'il n'avait pas reconnu les faits ?
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2024/02/13/triste-tigre-de-neige-sinno/

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • Difficile de trouver les mots justes pour qualifier ce livre tant le résumer serait entacher le récit de Neige Sinno qui nous ouvre le fil de ses réflexions sur l'inceste dont elle a été victime, enfant.
    Ce livre n'est pas l'occasion pour elle de s'épancher ou de narrer les faits mais plutôt...
    Voir plus

    Difficile de trouver les mots justes pour qualifier ce livre tant le résumer serait entacher le récit de Neige Sinno qui nous ouvre le fil de ses réflexions sur l'inceste dont elle a été victime, enfant.
    Ce livre n'est pas l'occasion pour elle de s'épancher ou de narrer les faits mais plutôt une tentative dans un premier temps de comprendre l'incompréhensible puis dans un second temps de réfléchir sur les impacts et effets de la parole.
    C'est un récit fort par les faits qu'il évoque bien évidemment mais aussi par les réflexions qu'il induit.

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • Dans un premier temps je n’ai pas eu envie de lire ce livre sur l’inceste car déjà beaucoup lu sur ce sujet.
    Puis suite à divers avis je me suis lancée dans ce témoignage, récit, essai, de Neige Sinno.
    L’auteur nous raconte sa vie d’enfant violée, sa vie de famille emplie de mensonge, son...
    Voir plus

    Dans un premier temps je n’ai pas eu envie de lire ce livre sur l’inceste car déjà beaucoup lu sur ce sujet.
    Puis suite à divers avis je me suis lancée dans ce témoignage, récit, essai, de Neige Sinno.
    L’auteur nous raconte sa vie d’enfant violée, sa vie de famille emplie de mensonge, son enfance et adolescence puis son dépôt de plainte et procès de son beau père.
    La où son livre diffère des autres c’est dans le récit du comment grandir, se construire puis vivre en adulte après Ça. Un récit inoubliable qui malheureusement est réel.

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • Un livre puissant par tout ce qu’il dit ne pas être … et qui finit par être un tout rare qui mérite les différents prix … et surtout qui mérite d’être lu.

    Ce n’est pas un témoignage – documentaire sur l’emprise et les viols répétés exercés par le beau-père de Neige ; la seule description...
    Voir plus

    Un livre puissant par tout ce qu’il dit ne pas être … et qui finit par être un tout rare qui mérite les différents prix … et surtout qui mérite d’être lu.

    Ce n’est pas un témoignage – documentaire sur l’emprise et les viols répétés exercés par le beau-père de Neige ; la seule description évoquée d’un de ces moments terribles est au service de précisions sur la situation et la propre histoire du Beau-Père.

    Ce n’est pas un livre défouloir / auto-psychanalytique … car on ne peut être sauvé après ce qui s’est passé. La chose est installée et à la présence pesante. Il faut vivre avec ; on est loin d’une idée de résilience positive. C’est un message fort de Neige.

    Ce n’est pas une analyse sur la place de la littérature, ni même de certains ouvrages … même si Neige a lu Lolita et d’autres ouvrages et qu’elle développe des réflexions et éléments autour de ces œuvres. Et qu’elle écrit par ailleurs.

    Mais Neige ne développe pas un style d’écriture ; elle ne cherche pas de ces effets de style pour attirer le lecteur. Son écriture est simple, classique, sobre, précise.

    Ce n’est pas une analyse sociologique, même si Neige donne quelques caractéristiques de son milieu (pauvre, plutôt marginal, enchâssé dans un village de montagne, …).

    Ce n’est pas une analyse psychologique des acteurs, même si quelques traits du beau père participent du tableau que donne Neige.

    Ce n’est pas une analyse sur la justice et la problématique de la condamnation … et de la libération. Le dépôt de la main courante et le procès qui s’en suivit ne repose pas sur une possible vengeance, mais bien sur une protection (de ses sœurs … et de sa mère). Mais Neige relève l’importance de la reconnaissance par son violeur de ses actes devant la justice. La condamnation n’aurait certainement pas été la même s’il avait nié au regard des analyses des procès sur les mêmes thématiques.

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • Existe-t-il des mots assez justes pour parler de ce texte si puissant qui m’a torturé l’esprit durant quelques jours. Comment trouver des qualificatifs pour une lecture qui fut si éprouvante pour moi ? Les jours ont passé alors je tente…
    Le livre de Neige Sinno n’est pas seulement son...
    Voir plus

    Existe-t-il des mots assez justes pour parler de ce texte si puissant qui m’a torturé l’esprit durant quelques jours. Comment trouver des qualificatifs pour une lecture qui fut si éprouvante pour moi ? Les jours ont passé alors je tente…
    Le livre de Neige Sinno n’est pas seulement son témoignage, c’est aussi les multiples recherches qu’elle a entreprises pour comprendre son bourreau.
    Les faits que l’autrice relate s’étalent de 1986 à 1993, de ses 7 ans à ses 14 ans. Durant ces années, Neige Sinno subit des viols par son beau-père et en a gardé le secret jusqu’à ses 21 ans. Après aveux, l’homme fut condamné à de la prison.

    « Je l’ai longtemps perçu comme un démiurge, un être plus grand que nature. Il m’apparaissait comme une créature mythologique, un Sisyphe, un Prométhée torturé par des démons. Plus tard, avec le recul, je me suis dit que c’était peut-être simplement un pauvre type qui avait le don de la manipulation et qui a profité de la vulnérabilité d’encore plus faible que lui. Dans le monde clos de la famille, il était tout-puissant. Il était sans doute les deux personnages à la fois, un titan et un minable. Est-ce qu’il n’est pas préférable d’être la victime du premier que du second ? »

    Aujourd’hui, à 44 ans, Neige Sinno écrit en précisant « Je ne suis pas sûre que ce livre m’apporte quoi que ce soit à moi, en tant qu’être humain, ni en tant qu’écrivaine.». Elle analyse la relation avec son bourreau mais aussi ce qui gravite autour, le fonctionnement incestueux et la dynamique familiale. En convoquant de nombreuses références littéraires, l’autrice répond à ses interrogations sur sa légitimité à écrire ou non son histoire.
    Triste Tigre est un texte éprouvant à lire, il m’a fallu de nombreuses fois le reposer et souffler. C’est l’histoire d’une enfance brisée, d’une femme vivant avec ses fantômes, d’une vérité que l’on conçoit et qui nous brise. Remarquable.

    « C’est dans une quête de vérité que j’écris ce livre. Une vérité difficile à déterminer, difficile à formuler, une vérité d’au-delà des apparences. Elle n’annule pas complètement l’autre, celle des bons côtés, des moments de joie, de la photo de famille, mais elle en change la nature, elle est sa part d’ombre, sa siamoise maudite. »

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2023/12/30/40158240.html

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • LETTRE À NEIGE SINNO

    Madame, si vous avez le doute d’avoir, avec votre témoignage, mis en avant votre bourreau, comme il l’a toujours été, je vous assure que c’est vous qui brillez à travers chacune de ces pages. Votre courage, votre force de caractère, votre bienveillance, tout nous pousse à...
    Voir plus

    LETTRE À NEIGE SINNO

    Madame, si vous avez le doute d’avoir, avec votre témoignage, mis en avant votre bourreau, comme il l’a toujours été, je vous assure que c’est vous qui brillez à travers chacune de ces pages. Votre courage, votre force de caractère, votre bienveillance, tout nous pousse à vous admirer en vous lisant.

    Votre démarche est essentielle pour nous tous, elle nous ouvre les yeux, elle nous aide à comprendre l’enfant victime mais guerrière que vous étiez, abîmée mais combattive, retranchée en elle pour survivre.

    Elle ne nous épargne pas les ignobles justifications de votre beau-père violeur, ni les soutiens de son entourage, lui, ce « tigre fait de la même glaise que l’agneau ». Mais sans elle, nous n’aurions pas eu le recul de percevoir la dimension de votre martyre et de ses incidences.

    Sans ce livre, la tragédie de l’inceste serait restée dans nos esprits une obscure perversion, inimaginable et insaisissable pour nos valeurs morales.

    Aujourd’hui, je suis profondément effondrée de ce que vous avez subi pendant 7 longues années, tout comme je suis révoltée de la réhabilitation de votre beau-père après 5 ans de prison.

    Mais vous êtes allée au bout de la démarche, avec vos craintes, vos doutes et vos questionnements, et vous êtes parvenue à sortir du « cercle infini de la vengeance ».

    Vous avez allumé chez nous une alerte rouge qui va nous pousser à regarder autrement les enfants. Car en écrivant cet essai, vous nous transmettez la mission de les protéger qui vous anime.

    Et effectivement, vous pouvez qualifier cette « non-fiction » de Mémoire, car en analysant sous toutes ses faces le phénomène de l’inceste, vous donnez à votre ouvrage une dimension sociologique inestimable.

    Je n’ai qu’un regret, celui de ne pas vous avoir connue enfant, petite fille si digne, pour tenter de vous aider, de mettre fin à votre calvaire. Mais j’admire l’adulte que vous êtes devenue, victime pour toujours mais résolument debout. Vous resterez pour moi un exemple et je n’oublierai pas votre livre.

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)
  • J'ai résisté à ce livre. Je lui ai résisté des semaines. Et puis je l'ai ouvert, me disant que je le refermerai aussi sec au premier écueil, au premier agacement, au premier style à la Brigitte Giraud. Je le refermerai et même pire : je le revendrai sur une plateforme en ligne.

    Puis je l'ai...
    Voir plus

    J'ai résisté à ce livre. Je lui ai résisté des semaines. Et puis je l'ai ouvert, me disant que je le refermerai aussi sec au premier écueil, au premier agacement, au premier style à la Brigitte Giraud. Je le refermerai et même pire : je le revendrai sur une plateforme en ligne.

    Puis je l'ai lu. Il est là, il reste avec moi, je l'ai intériorisé, même refermé. Ce n'est pas un témoignage classique. Neige Sinno dit à un moment que c'est comme "un mémoire", des critiques littéraires ont parlé de roman-essai. Oui, c'est quelque chose comme cela.

    Elle approche le sujet doucement, avec distance, avec un regard macro par Humbert de "Lolita" de Nabokov. Et je le la suis. Oui, ses "propos seront interprétés, déformés, délirés. Ils se combineront avec d'autres idées. C'est la seule façon qu'a la pensée de se reproduire vraiment, pas par rhizome ni racine mais par une pollinisation aléatoire (p. 212) [...] afin qu'elle ne soit pas réduite à rien, renvoyée au silence d'où elle procède, afin qu'elle soit reprise à d'autres comptes, par d'autres voix, qu'elle circule, et que le tigre, l'autre tigre, sorte enfin de sa cage" (p. 259).

    Il n'y a pas un violeur et un violé, un bourreau et une victime. Neige Sinno expose très peu ce "duo" et c'est toute la forme et la force de ce livre. Il n'y pas de "duo", il y a une destruction de certains sur d'autres sans qu'un "pourquoi" légitime puisse trouver réponse. Et enfin je peux penser l'impensable (ce que je ne peux pas concevoir car l'essence même de ce qui est n'est pas, il n'a même pas de contours et encore moins de mot) et peut-être mieux entendre les silences ou les mots crus provocants des enfants ou des adultes qu'ils sont devenus.

    Un très beau livre, ce qui est une expression étrange au vu du sujet.
    __________________

    "Un procès ne permet pas d'établir la vérité. Il permet une confrontation de plusieurs versions d'un même fait, ou série de faits [...] et il s'agira pour le jury de décider quelle sera la version choisie par la société" (p. 139)

    "Les gens qui ne sont pas familiers du sujet imaginent qu'un viol répété pendant des années aura des conséquences essentiellement sur la sexualité de la victime. [... Or] le viol est davantage une question de pouvoir que de sexe [pour dominer, humilier, détruire]. Si on ne prend pas en compte cette composante, le phénomène dans son ensemble nous échappe" (p. 164)

    "Le titre vient d'un poème de William Blake [The Tyger]. Le fauve est un prédateur, un animal féroce, d'une effrayante beauté, brûlant et destructeur. [...] Et son insondable violence pose à l'univers une énigme. [...] L'illustration où apparaît un drôle de tigre [...] qui ne ressemble pas à l'animal réel, ni menaçant ni furieux, juste une étrange bête à tête humaine, un peu pataude, et qui est pourtant l'incarnation du mal sur terre" (p. 187-188)

    'Ils ont vu le mal dans les yeux de leurs tortionnaires, ils ont été confrontés à l'impossibilité de nier la cruauté humaine. Ils ne peuvent plus se libérer de cela" (p. 211)

    "Je ne suis pas sauvée"

    thumb_up J'aime comment Réagir (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.