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Peines perdues

Couverture du livre « Peines perdues » de Nicolas Lebel aux éditions Editions Du Masque
Résumé:

Théo Pereira purge sa peine pour homicide involontaire au pénitencier Pieter Brueghel : par une nuit pluvieuse, deux ans plus tôt, il a perdu le contrôle de son véhicule et percuté un abribus où une femme s'était réfugiée. Chaque mois, le mari de la victime, Pierre Moulins, rend visite à Théo... Voir plus

Théo Pereira purge sa peine pour homicide involontaire au pénitencier Pieter Brueghel : par une nuit pluvieuse, deux ans plus tôt, il a perdu le contrôle de son véhicule et percuté un abribus où une femme s'était réfugiée. Chaque mois, le mari de la victime, Pierre Moulins, rend visite à Théo pour qu'il raconte, encore et encore, les derniers instants de son épouse, en échange d'un témoignage en sa faveur devant la commission de libération anticipée. Chaque mois, Moulins constate le délabrement de Théo dans cet univers qui le dévore et où une brute, Marco Minotti, a fait de lui son souffre-douleur. Ce que Théo ignore, c'est que, chaque mois, Moulins paye Minotti pour lui faire vivre l'enfer.

Face à ce triangle tragique formé de trois hommes qui se haïssent, trois femmes qui les aiment verront vaciller leur destin à l'heure du funeste dénouement.

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Avis (5)

  • Théo Pereira (alors âgé de vingt ans) a perdu le contrôle de son véhicule par une nuit pluvieuse (et sous l’emprise de l’alcool) Une nuit un peu trop festive, où il a tué Manon, réfugiée sous un abribus. C’était il y a deux ans, il était en troisième année de Lettres. Depuis, Théo Pereira...
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    Théo Pereira (alors âgé de vingt ans) a perdu le contrôle de son véhicule par une nuit pluvieuse (et sous l’emprise de l’alcool) Une nuit un peu trop festive, où il a tué Manon, réfugiée sous un abribus. C’était il y a deux ans, il était en troisième année de Lettres. Depuis, Théo Pereira apprend à éviter le pire dans la prison Pieter Brueghel.

    Hélas, ce qu’il ne parvient pas à éviter (chaque mois) c’est le tabassage en règle de la part de Marco Minotti … Au moins, personne d’autre ne le touche ! « Chasse gardée » d’un des prisonniers qui fait la loi dans ce milieu carcéral …

    Ni d’ailleurs les (insupportables) visites de Pierre Moulins (le mari inconsolable de Manon) instaurées dans le cadre d’un projet de « justice restaurative » et rapidement devenues un véritable supplice …

    Alors, pour tromper le temps, Theo donne des cours de français à ses co-détenus. Ça ne peut faire de mal à personne …

    Nicolas Lebel signe ici un roman percutant. Ou plutôt une tragédie, puisqu’il le présente non pas en chapitre mais en Actes et Scènes, comme une pièce de théâtre. Parfaitement bien documenté, on y retrouve la violence, le désespoir et les codes de la prison. Ainsi que les conditions de détention invivables, pour les plus faibles ou les têtes de turc …

    Des personnages plus vrais que nature. Un mari devenu veuf, qui devient un harceleur plus cruel encore que certains délinquants. À l’extérieur, des femmes amoureuses et vraiment déterminées, toutes prêtes à abréger – quel qu’en soit le prix – ce cauchemar éveillé que représentent l’enfermement de leurs hommes et la douleur de l’absence … C’est noir, c’est triste, c’est émouvant, parfois légèrement teinté d’humour …

    Bref, le lecteur a juste une certitude : celle de ne pas avoir envie (mais alors pas du tout !) d’aller y faire un séjour – aussi court soit-il – à un moment de sa vie … Un très beau récit.

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  • J'aime beaucoup les romans de Nicolas Lebel habituellement et il écrit bien, ayant une solide formation littéraire et un bon sens de l'humour.
    Ce roman ne fait pas partie de ses deux séries, c'est un roman à part, écrit sous une forme proche du théâtre, genre que je n'affectionne pas...
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    J'aime beaucoup les romans de Nicolas Lebel habituellement et il écrit bien, ayant une solide formation littéraire et un bon sens de l'humour.
    Ce roman ne fait pas partie de ses deux séries, c'est un roman à part, écrit sous une forme proche du théâtre, genre que je n'affectionne pas particulièrement. Mais ce qui m'a gênée davantage est que cela se passe dans un environnement carcéral, qui ne m'intéresse pas trop, j'avoue que j'y ai appris des choses et c'est bien fait mais voilà.
    Ma note sera donc de 3* ce qui n'est pas mauvais mais pas aussi haut que d'habitude pour mes notes à cet auteur.

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  • Cette année, Nicolas Lebel met de côté ses séries Mehrlicht et Yvonne Chen pour nous offrir un roman indépendant. Il nous immerge dans l’univers carcéral en compagnie de spécimens variés qui habitent ces lieux.

    A travers cette aventure, on découvre les conditions de vie des prisonniers et les...
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    Cette année, Nicolas Lebel met de côté ses séries Mehrlicht et Yvonne Chen pour nous offrir un roman indépendant. Il nous immerge dans l’univers carcéral en compagnie de spécimens variés qui habitent ces lieux.

    A travers cette aventure, on découvre les conditions de vie des prisonniers et les règles particulières qui organisent tout ce petit monde. L’auteur met le lecteur face à la réalité de ces établissements. C’est une plongée hallucinante dans un environnement régi par la loi du plus fort. Certaines scènes de violence sont si réalistes qu’elles marquent les esprits.

    Trois personnages sont au cœur de l’intrigue. Comme dans une pièce de théâtre, les scènes sont découpées en actes. Elles nous sont présentées sous forme de tableaux dans lesquels interagissent les protagonistes, à tour de rôle. On assiste en spectateur, aux différentes rencontres entre eux. Les intentions de chacun émergent au fil de leurs échanges et on comprend vite les enjeux de cette tragédie.

    Les acteurs sont nuancés et sont capables de tout pour arriver à leurs fins. Ils jouent tellement bien leur propre jeu qu’on ne sait plus qui manipule l’autre. Plus l’histoire avance, plus les coups bas se répètent, plus un dénouement terrible semble inéluctable, surtout quand les personnages secondaires s’en mêlent.

    Nicolas Lebel est au sommet de son art avec ce roman noir à la fois angoissant par l’ambiance des lieux et choquant par la perversité dont est capable l’être humain. Je suis passé par toutes les émotions devant le destin de certains personnages mais je n’ai pas lâché les pages, comme hypnotisé. J’ai vécu cette lecture la boule au ventre et les poings serrés, devant tant d’injustices. Réaliste, brutal, manipulateur, « Peines perdues » a tous les atouts d’un livre qui restera dans les mémoires. Encore une preuve du talent de cet écrivain, que vous devez absolument lire !

    https://leslivresdek79.wordpress.com/2024/04/04/926-nicolas-lebel-peines-perdues/

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  • Théo, 22 ans, étudiant en lettres, purge une peine de prison de 4 ans pour avoir tué Manon accidentellement, alors qu'il conduisait en état d'ébriété. Il en est à la moitié de son temps et peut bénéficier d'une liberté conditionnelle; c'est la raison pour laquelle il accepte, une fois par mois,...
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    Théo, 22 ans, étudiant en lettres, purge une peine de prison de 4 ans pour avoir tué Manon accidentellement, alors qu'il conduisait en état d'ébriété. Il en est à la moitié de son temps et peut bénéficier d'une liberté conditionnelle; c'est la raison pour laquelle il accepte, une fois par mois, un parloir avec Pierre, le mari de Manon, qui lui fait répéter à satiété, la mort de sa femme. Une fois par mois, également, il se fait tabasser, sans raison apparente, par Marco, dont on apprend qu'il est payé par Pierre pour cela.
    Nous savons d'avance que tout cela va très mal se finir puisque l'auteur a l'idée originale de bâtir son roman comme une tragédie grecque en 5 actes autour des 3 personnages centraux du drame, Théo, Pierre et Marco. Comme dans une tragédie, les personnages présents dans chaque scène sont annoncés au début et leur sortie clôt la scène. Il y a même un personnage répugnant, aveugle, Itresias, qui joue le rôle de la pythie que personne ne comprend mais qui annonce le malheur.L'auteur s'amuse beaucoup car Itresias est l'anagramme de Tiresias, un devin qui conseille et traduit les messages des dieux au commun des mortels. Il est présenté, dans les tragédies, comme un vieil homme guidé par une enfant. L'unité de lieu est également respectée puisque tout le roman se passe au sein de la prison.
    Nicolas Lebel crée une atmosphère poisseuse, glauque, pesante dans laquelle les personnages mais aussi le/la lecteur/trice s'engluent. Malgré ce milieu fermé, où les interactions sont limitées, le suspens est là et bien là. Les coups de théâtre se succèdent et nous laissent scotchés. Les femmes, hors de la prison, jouent un rôle déterminant bien qu'indirect dans le destin des trois hommes qui sont prêts à tout par amour.
    L'univers carcéral est très bien décrit, sans concession, par l'auteur avec ses règles non écrites, sa violence, ses rapports de force, ses désespoirs, l'attente sans fin. Sans s'y appesantir, Nicolas Lebel évoque la radicalisation en prison bien que l'imam du roman soit plutôt un caïd assassin qu'un homme de foi, prêchant la bonne parole.
    Je connaissais cet auteur de nom mais n'avait rien lu de lui. Cela aurait été dommage que je passe à côté de cet écrivain talentueux.
    #Peinesperdues #NetGalleyFrance

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  • L’enfer selon Pieter Brueghel
    Je remercie très chaleureusement Netgalley et les éditions Le Masque de l’envoi du nouveau roman de Nicolas Lebel, un auteur que j’ai découvert l’année dernière (grâce à Netgalley d’ailleurs) avec la trilogie des Furies.
    C’est un roman très noir que nous propose...
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    L’enfer selon Pieter Brueghel
    Je remercie très chaleureusement Netgalley et les éditions Le Masque de l’envoi du nouveau roman de Nicolas Lebel, un auteur que j’ai découvert l’année dernière (grâce à Netgalley d’ailleurs) avec la trilogie des Furies.
    C’est un roman très noir que nous propose l’auteur, qui se déroule derrière les murs d’une prison, où nous rencontrons Théo, un jeune homme (un peu plus de 20 ans) incarcéré pour un homicide. La vie de Théo a brutalement basculé un soir, où rentrant un peu alcoolisé d’une soirée entre amis, il a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté une passante. La femme est malheureusement décédée et la justice a envoyé Théo en détention pour quatre ans…
    Nicolas Lebel ne nous épargne rien du quotidien de ceux qui sont derrière les barreaux. La promiscuité, la surpopulation carcérale, les journées rythmées par de maigres activités (Théo donne des cours de français), le vide abyssal, le danger qui rôde partout, le bruit incessant, la violence, partout… Théo se fait régulièrement tabasser par l’un des caïds des lieux, un braqueur qui dispose d’une certaine aura dans ce lieu presque dénué d’humanité. Et puis il y a les parloirs. Théo refuse que sa compagne et ses parents viennent le voir, la honte, et aussi le désir de séparer strictement le dehors du dedans. Seul un homme vient régulièrement le visiter, le mari de la femme qu’il a tué… Il veut que Théo lui raconte, inlassablement, le déroulement de l’accident… En échange, il a promis d’appuyer la demande de liberté conditionnelle que Théo peut espérer, ayant purgé la moitié de sa peine. Entre les deux hommes, un jeu mortel se met en place…
    J’ai lu ce livre en apnée, totalement prise par l’intrigue que l’auteur a construit comme une tragédie (cinq actes, en exergue une citation de l’Antigone de Jean Anouilh « C'est propre la tragédie. C'est reposant, c'est sûr (…) parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir »). Et c’est bien une tragédie qui se joue derrière les murs de cette prison, un drame implacable dont personne ne sortira indemne, pas même le lecteur.
    J’ai beaucoup aimé que Nicolas Lebel ne verse ni dans le manichéisme, ni dans la caricature, notamment avec ses personnages. Les gardiens, Abdel et Hervé, notamment (ils ont le rôle du chœur) recèlent tous deux une part d’humanité qui éclaire (très faiblement) la noirceur du propos.
    C’est tellement bien fait que les quelques invraisemblances relevées passent sans aucun problème ! – Tout de même, quatre ans fermes pour un homicide involontaire, même avec la circonstance aggravante de l’état d’ivresse, et sans celle de la récidive, je ne me souviens pas l’avoir vu en quarante ans de métier, même si le code pénal –article 221-6- prévoit qu’un automobiliste, pour de tels faits, puisse être condamné à 5 ans de prison -
    #Peinesperdues #NetGalleyFrance

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