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L'enragé

Couverture du livre « L'enragé » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset
  • Date de parution :
  • Editeur : Grasset
  • EAN : 9782246834670
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« En 1977, alors que je travaillais à Libération, j'ai lu que le Centre d'éducation surveillée de Belle-Île-en-Mer allait être fermé. Ce mot désignait en fait une colonie pénitentiaire pour mineurs. Entre ses hauts murs, où avaient d'abord été détenus des Communards, ont été « rééduqués » à... Voir plus

« En 1977, alors que je travaillais à Libération, j'ai lu que le Centre d'éducation surveillée de Belle-Île-en-Mer allait être fermé. Ce mot désignait en fait une colonie pénitentiaire pour mineurs. Entre ses hauts murs, où avaient d'abord été détenus des Communards, ont été « rééduqués » à partir de 1880 les petits voyous des villes, les brigands des campagnes mais aussi des cancres turbulents, des gamins abandonnés et des orphelins. Les plus jeunes avaient 12 ans.
Le soir du 27 août 1934, cinquante-six gamins se sont révoltés et ont fait le mur. Tandis que les fuyards étaient cernés par la mer, les gendarmes offraient une pièce de vingt francs pour chaque enfant capturé. Alors, les braves gens se sont mis en chasse et ont traqué les fugitifs dans les villages, sur les plages, dans les grottes. Tous ont été capturés.Tous ? Non : aux premières lueurs de l'aube, un évadé manquait à l'appel.
Je me suis glissé dans sa peau et c'est son histoire que je raconte. Celle d'un enfant battu qui me ressemble. La métamorphose d'un fauve né sans amour, d'un enragé, obligé de desserrer les poings pour saisir les mains tendues. » S.C.

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Avis (63)

  • Sorj Chalandon nous soumet un roman âpre, violent, sombre tel un ciel bellilois d'avant l'orage.
    Jules Bonneau, personnage fictif, enfant délaissé par sa famille se retrouve à 13 ans, après divers délits, jugé et transféré à la "colonie pénitentiaire pour enfants de Belle-ile".
    Il se heurte à...
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    Sorj Chalandon nous soumet un roman âpre, violent, sombre tel un ciel bellilois d'avant l'orage.
    Jules Bonneau, personnage fictif, enfant délaissé par sa famille se retrouve à 13 ans, après divers délits, jugé et transféré à la "colonie pénitentiaire pour enfants de Belle-ile".
    Il se heurte à un quotidien de brimades et de sévices et se voit affublé d'un surnom "la Teigne".
    En août 1934, les "colons" (nom donné aux détenus) se soulèvent, suite à une très sévère correction donné à Camille, protégé de Jules, coupable d'avoir mangé un morceau de fromage avant la soupe.
    Cette insurrection débouche sur l'évasion d'une cinquantaine de prisonniers. Les compagnons de fuite sont tous repris. Jules trouve refuge sur un bateau de pêche. Découvert par le patron, mari de l'infirmière du pénitencier, il est recueilli par le couple. Jules, enfin !, entrevoit un peu d'humanité.....
    Sorj Chalandon dresse un portrait sans complaisance de la société "bien-pensante" de l'époque, stricte, froide, réactionnaire qui clive avec le milieu plus chaleureux des mariniers où la conscience sociale et l'entraide sont beaucoup plus développées.
    Dur mais beau livre.

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  • Sorj CHALENDON fait partie de mes auteurs fétiches, en témoigne mes coups de cœur pour les inoubliables Mon traitre et Retour à Killyberg.

    Cette fois l’auteur choisit de se mettre dans la peau d’un de ces gamins évadés du centre pénitentiaire pour mineurs de Belle Ile le 27 août 1934. Des...
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    Sorj CHALENDON fait partie de mes auteurs fétiches, en témoigne mes coups de cœur pour les inoubliables Mon traitre et Retour à Killyberg.

    Cette fois l’auteur choisit de se mettre dans la peau d’un de ces gamins évadés du centre pénitentiaire pour mineurs de Belle Ile le 27 août 1934. Des enfants abandonnés ou ayant eu la malchance d’être pris à voler pour manger, des victimes et laissés pour compte, exploités par les adultes. Le lecteur suit le parcours du seul garçon qui ne sera jamais retrouvé, Jules Bonneau dit La Teigne.

    Les privations, sévices et autres horreurs amènent ces garçons qui n’ont pas grand-chose à perdre (sinon leur vie quand même) à se révolter.

    Lu dans le cadre de ma participation au Jury Landerneau 2023.


    Si le sort réservé à ces enfants ne peut que soulever l’indignation, j’ai vite été lassée par le flot de descriptions, de personnages stéréotypés et de situations déjà lues ou entendues. L’émotion n’a pas été au rendez-vous, l’indignation bien entendu mais c’est un récit qui ne m’a pas emportée.

    Même la rencontre avec Jacques Prévert m’a semblée irréelle.

    Dommage, peut-être que l’auteur projette trop sa colère et sa rage d’enfant à lui, il m’a manqué de l’intensité malgré toute l’humanité que ce roman dégage.

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  • Il est des auteurs dont on voit arriver la nouvelle production avec impatience. Sorj Chalandon en fait incontestablement partie.

    Les 50 premières pages sont dures, voire insoutenables et il n'est pas aisé de passer outre. Mais une fois l'intrigue installée, la suite se lit d'une traite ou...
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    Il est des auteurs dont on voit arriver la nouvelle production avec impatience. Sorj Chalandon en fait incontestablement partie.

    Les 50 premières pages sont dures, voire insoutenables et il n'est pas aisé de passer outre. Mais une fois l'intrigue installée, la suite se lit d'une traite ou presque, tant on est happé.

    Les personnages sont incroyablement attachants, au point que l'on sent presque les coups et humiliations que Jules subit, que l'on a envie de protéger Sophie et son mari Renan des périls qui les guettent...

    A lire absolument

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  • « Belle-Île, un endroit enchanteur au large du Morbihan, un lieu merveilleux pour tout un chacun en quête d’aventure ou de dépaysement. Mais pendant presque 100 ans, l’île a accueilli des mineurs délinquants, « de la mauvaise graine à faire trimer et à mâter ». Ces enfants aux cranés rasés et...
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    « Belle-Île, un endroit enchanteur au large du Morbihan, un lieu merveilleux pour tout un chacun en quête d’aventure ou de dépaysement. Mais pendant presque 100 ans, l’île a accueilli des mineurs délinquants, « de la mauvaise graine à faire trimer et à mâter ». Ces enfants aux cranés rasés et habillés de la même blouse grise n’ont pas profité de ce lieu magnifique : c’était leur « bagne ». Archives et patrimoine du Morbihan.
    La « colonie » a fonctionné de 1880 à 1977.

    11 octobre 1932 – centre pénitentiaire de Belle Ile en mer
    Jules Bonneau, « la Teigne », un enfant de 13 ans, raconte son histoire.
    « La Teigne !
    Personne n’a le droit de m’appeler comme ça. Jamais. C’est mon nom de guerre, gagné à force de dents brisées. Moi seul le prononce. Je le revendique et les autres le craignent. Aucun détenu, aucun surveillant, pas même Colmont le directeur ne peut l’employer. « La Teigne », c’est mon matricule et ma rage. Mon champ d’honneur ».

    Cet extrait au début du roman résume parfaitement l’état d’esprit de Jules. Il a très vite compris que LA LOI DU PLUS FORT règne en maître dans le bagne où il subit la violence et l’injustice de la réclusion. Des enfants jugés et condamnés par la misère, l’abandon, les larcins mineurs pour manger et survivre.
    Il a donc le coup de poing facile, ne se laisse pas faire par les caïds et résiste aux injonctions des gardes chiourmes. Il n’a qu’une idée : s’évader en sachant que les chances de réussite sont infimes.

    Un révolté face à l’autorité des adultes qui l’ont enfermé. Un gamin que la rage possédera jusqu’au bout de sa vie. Les marques de l’enfance sont indélébiles.

    J’ai aimé le personnage de Jules, tout en nuances et en contrastes : violent, sans pitié envers les autres, rebelle envers les gardiens. Et en même temps protecteur envers les plus vulnérables, comme Camille Loiseau, un gamin trop tendre dans ce milieu de haine. En même temps, Jules est sensible à l’affection que lui portent les marins qui l’accueillent lors de sa fuite du bagne. On peut même penser que cet amour le sauvera de la rage qui couve en lui.

    Mais Jules Bonneau est d’abord et avant tout un être entier. Quand il défend quelqu’un, il va jusqu’au bout, au-delà de sa propre sécurité, porté par sa révolte, par la violence qu’il a subie.

    Les thèmes principaux de ce livre sont l’injustice, la violence et le mépris faciles envers les plus jeunes, les plus faibles. Portés par une écriture puissante, marquée par la sincérité et le réalisme. Elle nous touche au cœur et aux tripes. Sans doute, parce que la voix de Jules est aussi celle de Sorj Chalandon marqué par la violence paternelle.

    Le paysage politique des années 30 est présent en filigrane et bien décrit par les extraits de journaux que Jules arrive à se procurer et à commenter. Les mouvements d’extrême droite sont parfaitement incarnés par des personnages bien campés, particulièrement crédibles. Eux aussi incarnent la violence, le mépris de la justice et la loi du plus fort.

    J’ai infiniment aimé ce roman puissant, dense, magnifique et terrifiant à la fois. Du grand Chalandon !

    Merci à Netgalley et aux éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce superbe roman.

    https://commelaplume.blogspot.com/

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  • L'écriture de ce roman est très entraînante et l'auteur réussit dès le départ à nous mettre dans le contexte et à comprendre le narrateur. Julien Bonneau dit La Teigne à une rage en lui qui est perceptible et compréhensible. Abandonné à une institution correctionnelle à Belle-Ile en Mer dès le...
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    L'écriture de ce roman est très entraînante et l'auteur réussit dès le départ à nous mettre dans le contexte et à comprendre le narrateur. Julien Bonneau dit La Teigne à une rage en lui qui est perceptible et compréhensible. Abandonné à une institution correctionnelle à Belle-Ile en Mer dès le début de son adolescence, son avenir était malheureusement déjà tracé pour lui. Face aux sévices et réprimandes au sein de l'institution, qui s'apparente plus à une sorte de prison pour jeunes délinquants, la rage et la vengeance ne peuvent qu'habiter les détenus.

    En plus de cela, le nom de famille de La Teigne sonne comme celui d'un celui de l'anarchiste Jules Bonnot qui a défrayé la chronique quelques années auparavant. L'homonymie lui permet de retenir son nom bien que ce récit soit fictionnel mais qui s'inspire de faits réels, à savoir l'évasion de 50 jeunes du bagne de Belle-Ile en août 1934. L'évasion est bien réelle, tout comme le personnage principal à qui Sorj Chalandon a donné la voix pour lui laisser une chance de nous donner sa propre vision des faits.

    Sans rien divulguer, La Teigne a réussi à être l'un des seuls évadés à ne pas avoir été capturé malgré la traque mise en place dans l'île pour retrouver les jeunes évadés. De sa vie en cavale, on en apprend plus sur le contexte historique et politique de l'époque, avec un clin d'oeil à un jeune poète qui est de passage sur l'île. La vie de ce jeune homme n'aura pas été facile mais sera marquée par son courage et sa volonté de s'en sortir dans un contexte qui ne lui était pas favorable.

    Sorj Chalandon réussit ici à nous rendre attachant un personnage qui ne l'était pas de prime abord. On peut réellement saluer la maîtrise parfaite de cette écriture qui nous tient jusqu'à la fin. Un sans faute malgré un dernier tiers du roman qui part un peu tout azimut car différents sujets sont traités (bien trop) rapidement.

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  • Avec ce roman Sorj Chalandon revient à la fiction, mais une fiction qui repose sur un fait d’actualité ancien. Depuis le XIXème siècle, il y avait de nombreux bagnes pour enfants que l’Administration préférait nommer « colonies pénitentiaires ».Il y en avait des marines et des agricoles qui...
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    Avec ce roman Sorj Chalandon revient à la fiction, mais une fiction qui repose sur un fait d’actualité ancien. Depuis le XIXème siècle, il y avait de nombreux bagnes pour enfants que l’Administration préférait nommer « colonies pénitentiaires ».Il y en avait des marines et des agricoles qui accueillaient des enfants de 12 à 21 ans. Ces enfants étaient souvent des orphelins ou des enfants abandonnés de leurs parents, de petits voleurs de pommes. La colonie pénitentiaire dont il est question dans ce livre est celle de Belle-Ile-en Mer dans le Morbihan. L’auteur s’intéresse tout particulièrement à cette colonie car le 27 Août 1934, cinquante-six enfants s’en évadent , ils passent le mur mais au-delà il y a l’océan . Ils se retrouvent dont prisonniers de l’océan mais surtout de toute la population qui va se démener pour rechercher les fugitifs. Tous ces braves et honnêtes villageois et même quelques touristes vont faire la chasse à l’enfant, et pour tout enfant ramené à la gendarmerie est offert une pièce de 20 francs argent qui représente à l’époque trois kilos de pain : le prix d’un enfant !! Après une nuit de chasse, sur les cinquante-six enfants fugitifs , cinquante-cinq sont retrouvés. La presse de l’époque dit du dernier qu’il se sera trouvé un jupon accueillant sur l’île.
    Sorj Chalandon va alors se glisser dans la peau de cet enfant, revêtir sa rage , sa colère et en faire, non pas un orphelin triste mais une petite teigne , un gamin méchant et très dur pour survivre. Il va raconter son histoire romancée avec l’envie que ce soit une histoire vraie.
    Nous sommes en 1934, donc après la première guerre mondiale et ce sont les anciens poilus qui se chargent de « redresser » ces enfants. La seconde guerre mondiale gronde avec la montée d’Hitler. C’est dans ce contexte historique que cet enfant se retrouve au milieu de ce brûlot, il ne comprend rien à tout cela mais va vite apprendre.
    C’est l’histoire d’une époque, d’un enfant et d’une résurrection. Au travers de ce roman Sorj Chalandon rend hommage à ces enfants et donne là encore la parole à ceux qui ne l’avaient pas.
    Dans ce magnifique roman se mêlent la noirceur de ceux qui font violence à une enfance abandonnée par une administration dont le devoir était de les protéger et la bonté lumineuse de quelques-uns qui ont osé se dresser contre cette infamie.
    Voici un roman que l’on termine les larmes aux yeux, une boule dans la gorge et qui résonne encore en nous longtemps après l’avoir refermé.
    Pour compléter cette histoire, lisez donc « La chasse à l’enfant » le poème que ces funestes évènements inspirèrent à Jacques Prévert qui était en vacances à Belle-Ile-en-Mer en Août 1934.

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  • Gris. Gris comme le ciel plombé de nuages.
    Gris comme la mer par mauvais temps
    Gris comme les rochers qui entourent une île.
    Gris comme les hauts murs de la Citadelle Vauban de Belle-Ile en Mer.
    Gris comme l’atmosphère de la colonie pénitentiaire des mineurs.
    Gris comme le ruban, trésor...
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    Gris. Gris comme le ciel plombé de nuages.
    Gris comme la mer par mauvais temps
    Gris comme les rochers qui entourent une île.
    Gris comme les hauts murs de la Citadelle Vauban de Belle-Ile en Mer.
    Gris comme l’atmosphère de la colonie pénitentiaire des mineurs.
    Gris comme le ruban, trésor d’enfance de Jean.

    Pour autant, malgré les supplices endurés par tous ces enfants, malgré la violence et l’absence totale de tendresse subies, malgré le mépris et la méchanceté ressentis continuellement, ce roman est rempli d’espoir.

    Grâce au bleu des vareuses, grâce aux cheveux roux de Sophie, grâce au foulard rouge d’Alain, grâce à l’humanité d’une poignée d’hommes solidaires, grâce à l’amour désintéressé de son prochain et à la capacité d’accepter d’accorder le bénéfice du doute, une seconde chance ou tout simplement au refus de juger.
    Grâce aussi à la poésie, aux mots de réconfort murmurés, aux explications données, grâce aux échanges.

    Oui, la colère reste présente, l’instinct de survie de celui qui n’a connu que la misère, la désolation des sentiments et la douleur physique sera toujours là, tapi, jamais très loin.
    Mais une petite pointe d’humanité peut dissiper l’obscurité, accorder une chaleur et une reconnaissance, prouver qu’il y a toujours la possibilité d’une lueur à laquelle s’accrocher.

    Sorj Chalandon a réussi à nous offrir un magnifique témoignage de la violence de cet épisode sombre et noir en l’auréolant de petites étincelles de vie.

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