Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
24 heures de la vie d’une femme. Ce matin-là, Zarza est réveillée par un appel téléphonique : « Je t’ai retrouvée ». Quelques mots qui la plongent dans un passé qu’elle s’acharne à oublier depuis des années, et dans une terreur indicible. Elle prend la fuite mais son poursuivant est chaque fois plus proche. Elle comprend alors qu’elle va devoir l’affronter et, avec lui, ses peurs et son passé. Un passé qu’on découvre peu à peu, avec Zarza qui revient presque malgré elle sur ses propres traces : enfance épouvantable dans une famille dysfonctionnelle, rapport fusionnel avec son frère jumeau, descente dans les bas-fonds de la ville, dans le royaume de la prostitution et de la Reine Blanche (l’héroïne), dans les affres du manque et jusqu’à la prison et à la culpabilité qui la ronge d’avoir balancé son complice, celui-là même qui la harcèle aujourd’hui en quête de vengeance.
C’est peu de dire que le passé de Zarza a été infernal, irrespirable, barbare.
Ce n’est pas étonnant qu’après la prison elle se soit enfermée dans une vie ordinaire, solitaire, sans relief ni affect ni émotions, transparente et inodore, une vie si peu vivante. Et maintenant ce « je t’ai retrouvée » qui va peut-être la conduire à la mort…
« Respirer, continuer », tel est le mantra de Zarza tout au long de cette journée asphyxiante. Tel est aussi celui du lecteur dans ce thriller psychologique oppressant, entrecoupé de chapitres consacrés aux sombres légendes médiévales que Zarza est chargée d’éditer.
Ce roman est très sombre mais il se lit avec un certain masochisme tant on se laisse glisser avec plaisir dans ses strates toujours plus infernales. Et malgré une fin qui m’a parue bâclée et mièvre, on prend le même plaisir à lire les réflexions de l’auteure, toujours aussi pertinentes, sur la famille, la gémellité, l’hérédité, la trahison, le sens de la vie.
Quatre ans, trois mois et vingt-sept jours. C’est le temps qu’il reste à vivre à Bruna Husky. Enfin, si tout va bien.
En ce jour de janvier 2109 à Madrid, cette réplicante de combat (ou techno-humaine, ou androïde) met sans le savoir les doigts dans un engrenage dangereux. Une vague de folie meurtrière semble s’être emparée de certains réplicants, qui s’attaquent aux humains et déclenchent ainsi peur, représailles, racisme (ou spécisme). Bruna, détective privé, est chargée d’enquêter sur ces meurtres : ces réplicants ont-ils décidé de se venger de l’espèce humaine qui les a créés et qui les asservit, ou au contraire sont-ils manipulés, poussés à tuer pour susciter une répression féroce et, in fine, leur extermination ?
Dans ce monde high-tech où les réplicants sont fabriqués pour naître vers 25 ans et mourir une dizaine d’années plus tard dans les affres d’une TTT (tumeur totale techno), où, pour qu’ils se distinguent tout de même de simples robots, des mémoristes leur implantent de faux souvenirs d’enfance mais de vraies émotions, il est bien difficile de savoir où est la vérité, à qui faire confiance, et surtout, de savoir qui on est.
La science-fiction n’est pas ma tasse de thé, mais comme ici l’auteure est Rosa Montero, que j’apprécie beaucoup, j’ai décidé d’y goûter quand même. Je dois avouer que l’enquête en tant que telle ne m’a pas captivée plus que ça. Par contre, malgré quelques longueurs, j’ai trouvé que l’univers créé était très cohérent et vraisemblable, et malheureusement pas aussi fictionnel qu’on voudrait le croire. En tout cas, ce qui est bien réel et qui tend à l’universel (au sens premier du terme, d’ailleurs, puisqu’on dépasse ici les confins de la Terre), c’est le questionnement qui en ressort, comme toujours chez Rosa Montero : la vie, la mort, l’humanité, l’amour, le temps qui passe. Qu’est-ce qui fait l’humanité de notre espèce, pourquoi veut-on vivre et à quel prix, quel sens donner à la vie ? Que sont les souvenirs: la vérité ou sa reconstruction plus ou moins altérée ? Nous font-ils avancer ou sont-ils un frein, et qu’est-ce que la liberté ? Questions vertigineuses…
Quatre ans, trois mois et vingt-sept jours. Un peu plus, un peu moins. Mais le compte à rebours ne s’arrêtera pas…
Dans ce deuxième volet des aventures futuristes de Bruna Husky, nous retrouvons la réplicante de combat (une androïde « techno-humaine »), qui n’a désormais qu’un peu plus de trois ans à vivre avant que ne se déclenche sa TTT (tumeur totale techno) qui la tuera dans de brèves mais horribles souffrances. La détective privée est chargée cette fois de retrouver un curieux diamant noir. Son enquête la mènera d’abord sur Labari, une planète proche de la Terre, régie par un système de castes moyenâgeux puis, de retour sur Terre, aux confins du monde connu, dans une zone de guerre où seraient enfouis dans le plus grand secret les déchets nucléaires de l’humanité. La mission est pleine de dangers et de surprises, et Husky est accompagnée, pour le meilleur ou le pire, par Daniel Deuil, son « tactile » (sorte de kiné-psycho-thérapeute) et de Clara, réplicante issue de la même matrice qu’elle, en quelque sorte son clone industriel, sauf que Clara est plus jeune et que ses vrais-faux souvenirs et émotions lui ont été implantés par un autre mémoriste que celui de son aînée. Bruna peut aussi compter sur ses amis déjà présents dans « Des larmes sous la pluie » : Yannis, le vieil archiviste dépressif, le sombre et séduisant inspecteur Lizard, et Bartolo, son drôle de petit animal de compagnie.
Nous voilà donc plongés en plein 22ème siècle, dans un monde high-tech mais hyper pollué, où il faut payer pour respirer de l’air pur et avoir le droit de vivre dans un environnement sain et propre.
« Le poids du cœur » est un thriller dystopique écologique qui pose la grande question de la gestion des déchets radioactifs, mais au-delà de ce thème principal, on retrouve d’autres sujets, notamment des réflexions pertinentes sur le racisme, le fanatisme religieux, le pouvoir de l’argent, l’accès aux soins de santé, la destruction de l’environnement. Et surtout, un questionnement plus philosophique, récurrent chez Rosa Montero, sur le sens de la vie, le temps qui passe, la mémoire, la vieillesse, l’amour, la mort, la solitude, la maladie.
Rosa Montero confirme une fois de plus son grand talent de conteuse, et celui de construire un univers cohérent et crédible, flippant tant il paraît proche de nous. Ses personnages truculents et complexes ont de l’épaisseur, à commencer par Bruna Husky, tiraillée entre ses contradictions, angoissée par son compte-à-rebours vital au point d’en être quasiment tétanisée et de s’empêcher d’aimer et vivre.
Un roman d’anticipation aux rebondissements incessants, fluide, intelligent et attachant.
Avec La bonne chance, Rosa Montero m’a entraîné dans une histoire extraordinairement émouvante et surtout captivante.
Cette autrice espagnole dont le livre a été retenu pour le Prix des Lecteurs des 2 Rives 2022, excelle dans l’art d’intriguer, de garder le mystère jusqu’au bout, attisant ainsi de plus en plus mon impatience.
Pourtant, bien que désireux de savoir, de décrypter ces informations distillées tout au long du roman, je prenais bien le temps d’apprécier, de vibrer, de trembler en lisant La bonne chance.
Tout commence donc dans le train AVE Madrid-Málaga, un TGV qui s’arrête dans toutes les gares… Un homme, près de la fenêtre, est devant son ordinateur mais ne semble pas très concentré. À Cordoue, il descend et fait tout pour revenir à la gare précédente : Pozzonegro où il avait aperçu un panneau « à vendre » accroché au balcon d’un appartement, en face de la gare.
Pozzonegro, « le patelin le plus laid du monde », comme le dit Rosa Montero, rassurez-vous, n’existe pas, c’est précisé en notes de fin d’ouvrage. Ici, c’est une ville minière qui fut prospère mais, depuis la fermeture de la mine, c’est la décrépitude.
Notre homme, Pablo Hernando, achète cash l’appartement à un certain Benito Guttiérez, drôle de bonhomme qui brille ensuite par sa bêtise et sa cupidité. L’appartement est miteux, sale, mal fichu et, quand un train passe, tout tremble et c’est assourdissant. Qu’importe, cet homme attendu à Málaga pour un cycle de conférences, fondateur d’un atelier d’architectes à la renommée internationale, s’y installe.
Débute alors une ronde infernale qui réserve, heureusement quelques respirations salutaires avec Raluca, voisine de Pablo, qui tente de s’occuper de lui. Elle est caissière au supermarché local, le Goliat, et réussit même à le faire embaucher.
Dans cette ronde, j’entends parler de police, d’un certain Marcos dont le nom terrorise Pablo qui va avoir cinquante-cinq ans. Felipe, autre voisin, est sous oxygène. Il fait partie des relations que noue Pablo qui entend, chaque soir, à l’étage au-dessus, des coups, des cris, des pleurs. Quand il tente de savoir ce qui se passe, c’est le silence.
Au Goliat, Raluca s’inquiète parce qu’une superviseuse semble vouloir réorganiser le magasin où Pablo met en rayons jusqu’à une heure tardive.
Dans ce bourg sinistre, en pleine chaleur torride de l’été, peu à peu, Pablo est rattrapé par son passé, par tout ce qu’il tentait d’oublier. Enfant battu par un père alcoolique, il a réussi sa vie d’adulte mais Clara, sa femme, est morte, et leur fils, mystère…
Quant à Raluca, elle a été abandonnée à la naissance puis a été internée en soins psychiatriques avant de mener une vie quasi normale jusqu’à ce qu’elle rencontre Pablo. Femme courageuse et belle, elle ne laisse pas cet homme insensible mais pourquoi a-t-elle de la peine à garder un œil ouvert ?
Au passage, Rosa Montero complète son roman de terribles faits divers démontrant la folie humaine que ce soit des sévices intrafamiliaux ou un massacre aveugle, aux États-Unis par exemple.
J’ai dû aller tout au bout de ce roman social qui flirte avec le thriller pour savoir enfin qui bénéficie de La bonne chance. Rosa Montero, bien traduite par Myriam Chirousse, raconte bien, donne régulièrement la parole à ses personnages, même à l’horrible Benito et j’avoue qu’elle m’a fait vibrer jusqu’au bout.
La bonne chance, finalement, c’est moi qui en ai bénéficié en lisant cet excellent roman !
Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/
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Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Une belle adaptation, réalisée par un duo espagnol, d'un des romans fondateurs de la science-fiction, accessible dès 12 ans.
Merci à toutes et à tous pour cette aventure collective
Lara entame un stage en psychiatrie d’addictologie, en vue d’ouvrir ensuite une structure d’accueil pour jeunes en situation d’addiction au numérique...