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Le colonel ne dort pas

Couverture du livre « Le colonel ne dort pas » de Emilienne Malfatto aux éditions Editions Du Sous Sol
Résumé:

Dans une grande ville d'un pays en guerre, un spécialiste de l'interrogatoire accomplit chaque jour son implacable office.
La nuit, le colonel ne dort pas. Une armée de fantômes, ses victimes, a pris possession de ses songes.
Dehors, il pleut sans cesse. La Ville et les hommes se confondent... Voir plus

Dans une grande ville d'un pays en guerre, un spécialiste de l'interrogatoire accomplit chaque jour son implacable office.
La nuit, le colonel ne dort pas. Une armée de fantômes, ses victimes, a pris possession de ses songes.
Dehors, il pleut sans cesse. La Ville et les hommes se confondent dans un paysage brouillé, un peu comme un rêve - ou un cauchemar. Des ombres se tutoient, trois hommes en perdition se répondent. Le colonel, tortionnaire torturé. L'ordonnance, en silence et en retrait. Et, dans un grand palais vide, un général qui devient fou.

Le colonel ne dort pas est un livre d'une grande force. Un roman étrange et beau sur la guerre et ce qu'elle fait aux hommes.
On pense au Désert des Tartares de Dino Buzzati dans cette guerre qui est là mais ne vient pas, ou ne vient plus - à l'ennemi invisible et la vacuité des ordres. Mais aussi aux Quatre soldats de Hubert Mingarelli.

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Articles (1)

Avis (28)

  • Ce livre parle de la guerre et de ce qu’elle fait aux hommes , qu’ils soient victimes ou bourreaux, aucun ne ressort intacte des atrocités qu’il a vues ou a commises lors d’un conflit.
    Nous sommes dans un pays , qui n’est nommé à aucun moment , les jours qui suivent la chute de son...
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    Ce livre parle de la guerre et de ce qu’elle fait aux hommes , qu’ils soient victimes ou bourreaux, aucun ne ressort intacte des atrocités qu’il a vues ou a commises lors d’un conflit.
    Nous sommes dans un pays , qui n’est nommé à aucun moment , les jours qui suivent la chute de son dictateur.
    Ce texte est un huis-clos entre un Général, un Colonel et son ordonnance, chacun se méfiant de l’autre en cette période de conflit armé.
    Dans une ambiance lugubre et sinistre que l’auteure a merveilleusement bien su créer, on assiste au fil du récit à la lente transformation de ces hommes, pourtant combattifs et aguerris, qui voient le conflit s’enliser et en viennent à douter de sa légitimité . On voit s’opposer la réalité du terrain aux aspirations de la hiérarchie qui fait la guerre en posant des épingles sur une carte.
    La « Reconquête » , nom du nouveau régime, est en marche avec à sa tête un Général. La Capitale lui envoie un Colonel, dont il se méfie immédiatement, pour diriger la Section Spéciale. On va lui adjoindre une ordonnance qui refuse d’être associé aux exactions du colonel et reste à l’écart.
    Le Colonel servit loyalement le dictateur et se retrouve maintenant parachuté par la Capitale dans cette ville afin de faire parler les opposants au nouveau régime .Il traverse l’histoire sans encombre car il est considéré comme le meilleur dans son domaine. Mais, le colonel ne dort plus . Le Colonel est un tortionnaire torturé. La journée il fait son « travail » et la nuit , il est hanté par les fantômes de ceux qu’il a tué.
    Au début du récit, les bruits de la guerre sont assourdissants dans un monde post apocalyptique où tout est gris et les hommes sont combattifs. Au fil des pages, le silence se met à régner, le Général se délite , le Colonel ne fait plus son « travail » ( le mot « torture » n’est jamais prononcé) que parce qu’il y est obligé, et l’ordonnance fait tout pour ne pas se sentir concerné par ce qu’il voit en restant dans l’ombre de la salle. La pluie et la grisaille envahissent ce paysage et plombent le moral des troupes qui n’ont plus d’enthousiasme dans ce conflit qui s’enlise .
    Chacun est dans l’ attente qu’il se passe quelque chose.
    Un livre à méditer en cette période de conflit Européen. Il est si facile de poser des noms sur les protagonistes et les lieux qui , ici, ne sont pas nommés.

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  • Intense, bleu-nuit, d’ombre et de lumière, il est dans ce crépusculaire, corne de brume. Livre de guerre, l’emblématique, l’avaleuse d’humanité.
    L’atmosphère est oppressante et parabolique. Les destinées de ces hommes qui du général, du colonel, et de l’ordonnance, voix qui s’entrechoquent....
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    Intense, bleu-nuit, d’ombre et de lumière, il est dans ce crépusculaire, corne de brume. Livre de guerre, l’emblématique, l’avaleuse d’humanité.
    L’atmosphère est oppressante et parabolique. Les destinées de ces hommes qui du général, du colonel, et de l’ordonnance, voix qui s’entrechoquent.
    La narration est la guerre en elle-même, en Ukraine ou ailleurs de par le monde. Elle forge un livre sensible et hautement politique. Crucial, il est un devoir de lecture. Les scènes sont au ralenti dans un brouillard figé et glacé. Le colonel, bourreau nocturne qui ne dort jamais et attend ses proies. Lui-même dévoré par ses actes et l’anéantissement de ses valeurs morales. Il ne le sait pas. Peut-être jamais, ou pas encore. Monstre tueur, l’insomnie, contre-poison pour son âme. Mais en a-t-il une ?
    « Vous mes victimes et moi ça fait
    beaucoup de monde
    pour une seule couverture. »
    L’ordonnance, jeune homme au front pâle, spectateur soumis aux scènes des crimes, lui dont la mère le pense comme un enfant à bercer. Où est-il dans les limbes des tortures ? Assis dans l’ombre parmi les ombres qui retiennent tout ?
    « L’ordonnance est un jeune homme à qui on répète souvent qu’il a la vie devant lui et qui a, au contraire, l’impression d’avoir trop vécu. »
    « Pendant tout ce temps, derrière lui, en dehors du cercle de lumière, l’ordonnance se récite intérieurement les lettres de sa mère qu’il a reçues depuis son arrivée, puisque c’est la seule lecture autorisée aux soldats de la Reconquête... »
    Le général, fou, dictateur d’une grande ville anonyme, la guerre comme friandise. Les ordres de sa hiérarchie le confortent dans ses délires. « Petit général de pacotille . »
    Trois hommes, la destruction à petits feux. Ils sont dévorés par l’ombre intestine.
    « Depuis que son subalterne zélé a cessé ses rapports, le général, il faut bien le dire, a perdu le fil de la Reconquête. Il a perdu aussi tout intérêt pour la chose. Comme si ce qui l’avait tenu debout tout ce temps _ La Victoire, la Cause la défense de la Nation _ avait enfin révélé son vrai visage de château de cartes, une construction illusoire et fragile jetée à bas par un coup de vent. »
    « Le colonel ne dort pas » est un livre lisible dans toutes les langues du monde entier. Il est la cartographie de nos faillites et de nos trahisons, de nos faiblesses et de la gloire de nos résistances mentales.
    Réaliste, dévorant, surdoué, on est au cœur de cette grande ville fantomatique, on ressent et on voit, on tremble et on retient notre souffle.
    Après « Les serpents viendront pour toi » prix Albert-Londres du livre et « Que sur toi se lamente le Tigre » prix Goncourt du premier roman.
    Cette apothéose littéraire d’ Emilienne Malfatto est un salut pour nos consciences.
    En lice pour le prix Landerneau des lecteurs 2022. Publié par les majeures Éditions du sous-sol.

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  • Dans une Ville en guerre, jamais nommée, un Colonel est affecté pour diriger la Section spéciale sous les ordres d'un Général, enfermé dans son bureau et jouant aux échecs; le Colonel a à sa disposition une Ordonnance. le Colonel est un tortionnaire zélé, qui exécute les ordres le jour sans se...
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    Dans une Ville en guerre, jamais nommée, un Colonel est affecté pour diriger la Section spéciale sous les ordres d'un Général, enfermé dans son bureau et jouant aux échecs; le Colonel a à sa disposition une Ordonnance. le Colonel est un tortionnaire zélé, qui exécute les ordres le jour sans se poser de questions et ne peut plus dormir la nuit, hanté par toutes ses victimes.
    Le roman alterne la narration autour de ces trois personnages et les monologues hallucinés sous forme de poésie libre du Colonel dans lesquels il s'adresse à tous ceux qui sont morts sous la torture qu'il leur a infligée.
    A aucun moment, n'apparaît le mot "torture" mais sont utilisés des vocables encore plus terriblement évocateurs : "il travaille, coupe, taille, sectionne, tranche, rompt, brise, arrache" qui banalisent l'horreur, en font une activité normale si on oublie que ces verbes concernent le corps d'hommes suppliciés.
    Le roman baigne dans une atmosphère grise, humide, poisseuse, poussiéreuse ; la pluie tombe sans interruption conduisant à la déliquescence des êtres et des choses. Paradoxalement, la seule lumière de ce roman provient du halo lumineux sous lequel officie le Colonel et où des êtres humains meurent dans d'atroces souffrances.
    L'absence de nom pour la Ville confère un caractère universel au texte, à la guerre et ses horreurs, quel que soit le lieu. Les trois personnages n'ont pas de nom, non plus, comme s'ils étaient déshumanisés. Les victimes sont chosifiées et perdent toute leur humanité en devenant des hommes-poissons ou des hommes-chiens.
    Ce roman est un réquisitoire terriblement efficace contre la guerre, contre la torture. On ne peut manquer d'associer le Colonel à Paul Aussaresses, que Pierre Messmer qualifie en exergue de « spécialiste », qualificatif que l'on retrouve accolé au personnage du Colonel ; comme les militaires du roman, il portait un béret rouge, celui des Parachutistes, auquel il appartenait. Paul Aussaresses a pratiqué et justifié la torture en Algérie comme moyen de récolter du renseignement afin de faire avorter les opérations ennemies meurtrières.
    Ce texte est glaçant, désincarné, déshumanisé, il donne la nausée mais il est d'une force évocatrice incroyable. La langue est magnifique et puissante. Je ressors secouée de ma lecture et admirative du caractère singulier et dramatique de ce court roman.

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  • Le roman s’ouvre sur la harangue qu’un colonel en charge de la « section spéciale » adresse aux fantômes de ses victimes qu’il nomme « Hommes-poissons » et qui hantent ses rêves et lui ôtent le sommeil.
    L’histoire se déroule dans la ville d’un pays gris jamais nommé, il pleut sans cesse, et...
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    Le roman s’ouvre sur la harangue qu’un colonel en charge de la « section spéciale » adresse aux fantômes de ses victimes qu’il nomme « Hommes-poissons » et qui hantent ses rêves et lui ôtent le sommeil.
    L’histoire se déroule dans la ville d’un pays gris jamais nommé, il pleut sans cesse, et on y mène une guerre qu’on nomme reconquête (qui évoque une guerre proche de nos frontières, hélas bien réelle).
    Après avoir écouté ce colonel qui torture les prisonniers, on fait la connaissance d’un général qui préfère s’enfermer dans son bureau pour jouer aux échecs plutôt que d’affronter la réalité sur le terrain. Seul dans son palais décadent, il se bat contre les gouttières qui inondent son monde et, peu à peu, il perd pied.
    Car tout flotte dans ce pays monochrome et humide, monde halluciné.
    « Gris le ciel bas, gris les hommes, grises la Ville et les ruines, gris le grand fleuve à la course lente ».
    Seul un jeune ordonnance semble s’accrocher au réel. Il cherche à se faire oublier pour rester en vie et pense aux filles de son village et aux lettres de sa mère et ses joues se teintent de rose, seule couleur dans le gris ambiant.

    Le récit des évènements alterne avec les monologues du colonel. Le tortionnaire déroule sa vie, confie ses inquiétudes, ses convictions.
    « Les morts de guerre ne sont pas des crimes, soldats, nous disait-on puisque vous avez tué pour une cause noble ».
    Ce huis-clos terrifiant met mal à l’aise, et le texte sibyllin enferme le lecteur dans un récit glaçant.
    Dans un style épuré, surréaliste, l’auteure dénonce la guerre avec sa barbarie, ses lâchetés et son absurdité qui, parfois, mène à la folie.
    Le monologue halluciné du colonel m’a évoqué le monologue incantatoire du tirailleur sénégalais dans « Frère d’âme » de David Diop
    C’est très court (111 pages), l’écriture est poétique, le texte corrosif et on sort de cette lecture un peu sonné.

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  • Les victimes ont gagné la guerre

    Dans ce court roman Émilienne Malfatto dit toute l'absurdité de la guerre. Derrière la confession d'un tortionnaire, elle montre comment on peut basculer dans la violence et la folie. Un texte qui résonne fort, surtout au regard de l’actuel conflit ukrainien...
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    Les victimes ont gagné la guerre

    Dans ce court roman Émilienne Malfatto dit toute l'absurdité de la guerre. Derrière la confession d'un tortionnaire, elle montre comment on peut basculer dans la violence et la folie. Un texte qui résonne fort, surtout au regard de l’actuel conflit ukrainien et des horreurs qui l’accompagnent.

    « Ô vous tous
    puisqu'il faut que je m'adresse à vous
    que je ne peux plus vous ignorer
    puisque vous êtes devenus les sombres seigneurs de mes nuits
    puisque vos ombres et vos cris
    résonnent dans mes ténèbres
    puisque les Hommes-poissons
    ont pris possession de mes rêves
    vous tous je m'adresse à vous
    mes victimes mes bourreaux
    je vous ai tués tous
    chacun de vous il y a dix ans ou
    dix jours
    ou ce matin »
    Quand le colonel arrive, il est précédé de cet aveu. S’il ne trouve plus le sommeil, c’est qu’il occupe l’un des postes les plus difficiles dans le conflit en cours, il est chargé de faire parler les prisonniers. Une tâche qu’il effectue dans le sous-sol du quartier des tanneurs avec toute la cruauté qui sied à ce genre d’activité. Tortionnaire en chef, il reçoit des hommes «avec des sentiments, des rêves, des drames» et les transforme en choses lors de séances durant lesquelles il doit faire bien attention de ne pas faire mourir ses victimes, de peur que leurs aveux ne partent avec leur dernier souffle. Dans son sillage, un respect mélangé de crainte pour lui qui a survécu aux précédents conflits et aux changements de régime.
    Dans l’ombre, son ordonnance est le témoin direct de ses exactions. Un témoin très mal à l’aise, torturé lui aussi entre sa désapprobation devant tant de souffrance et d’inhumanité et la mission qui lui a été confiée, le respect des autorités.
    Une autorité qui part aussi à vau-l’eau, car le général perd la raison. Cloîtré dans son bureau, il voit la pluie qui ne cesse de tomber venir le submerger.
    Construit autour de ces trois hommes, ce court roman à la puissance du Richard III de Shakespeare, une référence que l’on ajoutera à celle proposée par l’éditeur, Le Désert des Tartares de Dino Buzzati et Quatre soldats de Hubert Mingarelli. Mais ces confessions et ces âmes meurtries, servies par une écriture blanche, qui se complète admirablement à la poésie.
    Après Que sur toi se lamente le tigre (Prix Goncourt du premier roman) et Les serpents viendront pour toi, Émilienne Malfatto met à nouveau son expérience de reporter de guerre, de journaliste et photographe qui a notamment travaillé pour le Washington Post et le New York Times, au service de ce texte très fort, déjà en cours de traduction dans de nombreux pays et qui restera à n’en pas douter l’une des très belles surprises de cette rentrée 2022.
    https://urlz.fr/kgHy

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  • Le colonel ne dort pas. Et insomniaque, on le serait à moins. Car toute la journée, dans une cave, au milieu d’un cercle de lumière, le colonel mène des interrogatoires sur les ennemis de la Reconquête.
    Mais ce militaire aguerri, pourtant consciencieux et discipliné, n’arrive plus à chasser de...
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    Le colonel ne dort pas. Et insomniaque, on le serait à moins. Car toute la journée, dans une cave, au milieu d’un cercle de lumière, le colonel mène des interrogatoires sur les ennemis de la Reconquête.
    Mais ce militaire aguerri, pourtant consciencieux et discipliné, n’arrive plus à chasser de son esprit les corps déshumanisés de ses victimes. Alors il ne dort plus.
    Car dans cette Longue Guerre, les soldats les plus convaincus commencent à perdre leurs motivations. Bien sur, il y avait un dictateur à chasser, un nouveau régime à installer, mais que reste-t-il encore à faire maintenant? Sous une pluie battante, au son lointain des canons, la Ville se dissout dans une grisaille qui engloutit ses plus fervents défenseurs.
    Dans ce monde gris où tout est devenu flou et fou, seul un jeune soldat, ordonnance du colonel, semble faire preuve d’un semblant d’insoumission qui lui permet de garder une petite touche de couleur.
    Dans un style très poétique, où les mots sont si bien choisis qu’ils nous vont droit au cœur, Emilienne Malfatto remet en cause la discipline guerrière qui ne laisse plus de place aux états d’âmes.
    Alors si l’objectif de l’autrice était de nous révolter contre l’absurdité des conflits qui s’enlisent et l’insoutenable horreur de la torture, c’est tout à fait réussi et même plus.
    A tel point que personnellement, je préfèrerais ne pas avoir lu ce court roman qui m’a paru souvent insoutenable et qui me hante encore aujourd’hui.

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  • Une couverture à l'esthétisme magnifique,une construction à deux"voix",une forme remarquable mais un sujet poignant qui nous rappelle l'actualité ukrainienne,et,les méthodes de Bachar El Assad;une guerre et les horreurs d'un tortionnaire évoquées avec poésie(en particulier,les notations sur les...
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    Une couverture à l'esthétisme magnifique,une construction à deux"voix",une forme remarquable mais un sujet poignant qui nous rappelle l'actualité ukrainienne,et,les méthodes de Bachar El Assad;une guerre et les horreurs d'un tortionnaire évoquées avec poésie(en particulier,les notations sur les couleurs)!
    "un colonel....qui passe de noires nuits blanches"
    "il a presque réussi à se convaincre de la justesse de son choix et qu'une belle chimère vaut mieux que la vérité..."
    "il vaudrait mieux ne pas raconter mon histoire aux enfants."

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  • Quel est ce colonel d’un pays en guerre qui pourrait être situé aux quatre points d’une terre qui ne tourne plus rond mais dans le vide et le néant… Seuls les éléments se sont mis en phase avec le déroulement de ce semblant de vie : brouillard pour dissimuler ces hommes qui deviennent des choses...
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    Quel est ce colonel d’un pays en guerre qui pourrait être situé aux quatre points d’une terre qui ne tourne plus rond mais dans le vide et le néant… Seuls les éléments se sont mis en phase avec le déroulement de ce semblant de vie : brouillard pour dissimuler ces hommes qui deviennent des choses sous les incessantes tortures et pluie pour lessiver l’horreur sanguinaire.

    Personnage sombre qui n’arrive plus à trouver le sommeil. La nuit ses victimes reviennent le hanter. Double angoisse avec la vue de ces spectres qui refusent d’en dire davantage et l’amère constat de faire son travail, une carapace ayant étant depuis longtemps ficelé dans son cerveau. Pourtant, en constatant ce qui se passe autour de lui, il doute. Il devient inutile malgré son attachement à son statut de militaire, de militaire en guerre. Mais contre qui, contre quoi ? Personne ne le sait. Le lecteur aura la réponse.

    Une écriture excessivement poétique pour décrire l’ignominie d’un conflit et la vacuité de ses objectifs. Autant comme la guerre est laide, autant comme ce roman est beau. Une dichotomie qui ne fait que corroborer la force de ce texte.

    Emilienne Malfatto a eu la délicatesse d’évoquer le crime de guerre sans en faire de sinistres descriptions qui, bien souvent, entretiennent davantage la morbidité et le voyeurisme que la compassion. Un court roman mais grandiose par la puissance des mots pour dénoncer l’absurdité et l’abomination des guerres et de tout ce qui en découle.

    Blog Le domaine de Squirelito ==> https://squirelito.blogspot.com/2022/08/unenoisette-un-livre-lecolonel-ne-dort.html

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