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Olivier Bordacarre

Olivier Bordacarre
Olivier Bordaçarre est écrivain, dramaturge et comédien. Il est l'auteur de quatre romans : Géométrie variable, Régime sec, La France tranquille et Dernier désir (prix Mauves en Noir 2015). Il vit dans le Doubs.

Articles en lien avec Olivier Bordacarre (1)

Avis sur cet auteur (28)

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    Couverture du livre « La Disparition d'Hervé Snout » de Olivier Bordacarre aux éditions Denoel

    Fanfan Do sur La Disparition d'Hervé Snout de Olivier Bordacarre

    Ce livre qui était dans ma wishlist depuis sa sortie, j'ai eu la chance de le gagner avec Lecteurs.com. Merci à eux ainsi qu'aux Éditions Denoël

    Prologue : 2004 - Ça commence comme une belle histoire avec les Raybert, Nadine, Alain et Gabin leur fils, famille d'accueil pour enfants placés,...
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    Ce livre qui était dans ma wishlist depuis sa sortie, j'ai eu la chance de le gagner avec Lecteurs.com. Merci à eux ainsi qu'aux Éditions Denoël

    Prologue : 2004 - Ça commence comme une belle histoire avec les Raybert, Nadine, Alain et Gabin leur fils, famille d'accueil pour enfants placés, douce, généreuse et équilibrée.
    Première partie : 16 avril 2024 - Chez les Snout, Hervé et Odile les parents, Eddy et Tara les jumeaux de quatorze ans, petits bourgeois bien élevés, superficiels et imbus d'eux-mêmes à part Tara, les hommes doivent être puissants, des tueurs, et les femmes désirables, et surtout il faut montrer son niveau de vie. Ce 16 avril, Hervé Snout ne rentre pas chez lui alors que c'est son anniversaire. Le lendemain non plus il ne réapparaît pas et peu à peu l'angoisse monte.

    Assez rapidement il y a une sorte d'ironie dans le ton, dans la narration, qui vise à se moquer de cette famille mais en réalité de la société toute entière qui juge à l'emporte pièce, décide qui est bien ou pas, intelligent ou stupide selon de quelle milieu il vient, condamne sans état d'âme, le déterminisme social comme credo inconscient. On comprend très vite que chez les Snout on soigne les apparences, on étale sa réussite, mais qu'il s'agit d'une famille qui souffre d'incommunicabilité. On rumine son mal être chacun dans son coin. Cohabitation de quatre personnes terriblement seules.

    Deuxième partie : 23 février 2024 (53 jours avant la disparition). On fait connaissance avec Hervé Snout, patron d'un abattoir, super carnivore, et passionné depuis toujours par la découpe de la viande, sans la moindre raison atavique, bien au contraire. Une sorte de hyène élevée par des agneaux. On a droit à toutes les descriptions de ce qu'est l'abattoir et le sarcasme n'est jamais loin concernant les mangeurs de viande "Il était le maître du muscle comestible, du muscle de l'autre exploité, du muscle au service de l'humanité". Comme si le morceau de barbaque dans l'assiette n'avait pas été avant, un être vivant, qui aurait tellement voulu rester vivant. Mais bien sûr, le Snout se fout des animaux et de leurs souffrances. Lui, il voit le plaisir gustatif et la rentabilité. Si je n'étais pas déjà végétarienne, après ça je le serais devenue. Le sort des animaux, de leur naissance jusqu'à l'abattoir est abominable. Dans le marché de la viande, zéro compassion, la vie d'un animal est réduite à ce qu'il rapporte et sa souffrance, le boss s'en fout. Leur vie est courte et épouvantable. Et les tueurs des abattoirs ? Certains s'alcoolisent pour supporter ce qu'ils font, quand d'autres y prennent plaisir. J'ai eu tellement de peine pour ce petit cochon, nommé "tendrement" FR 35ABC 501215. Et pour les agneaux. Et pour les vaches, y compris gestantes. Les abattoirs ne sont pas l'antichambre de l'enfer, ils sont l'enfer.

    Et à part ça, tout y passe, l'ennui du quotidien, la dérive du couple, le devoir conjugal, le sexe joyeux et le sexe triste, un vrai plaidoyer contre le mariage, et même de la vie à deux tout simplement, ou les joies d'avoir des enfants MDR. Le harcèlement, la rancœur, le racisme, la misogynie, la bêtise, le sadisme traversent cette histoire. Heureusement il y a aussi de l'amour et quelques moments totalement hilarants. Et toujours cette ironie mordante. Deux familles, deux façons d'en être une, aux antipodes l'une de l'autre.

    J'ai adoré l'idée de reprendre les chose en amont et de nous mener nous, lecteurs, à émettre des hypothèses sur les possibles motivations de la disparition de cet individu aigri et sadique. Toutes les extrapolation semblent imaginables, il y a un vrai suspense qui laisse la porte ouverte à de multiples présomptions tant le champs des possibles est ouvert.

    Et merci, merci, merci à Olivier Bordaçarre d'avoir écrit ce livre qui dénonce tout ce qui me révolte dans ce monde égoïste et absurde, qui court à sa perte, et de l'avoir dit si bien avec cette écriture absolument magnifique !
    En sortant de là, j'ai été un peu plus en colère que d'habitude envers cette société d'hyper consommation, parce que, ce qui se passe dans les abattoirs est tout simplement ignoble, indigne, cruel, inutile.
    " Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien." Paul McCartney

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    Couverture du livre « La Disparition d'Hervé Snout » de Olivier Bordacarre aux éditions Denoel

    Alex-Mot-à-Mots sur La Disparition d'Hervé Snout de Olivier Bordacarre

    Hervé Snout disparait un beau matin, laissant derrière lui femme et enfants, entreprise.

    Nous découvrons Odile sa femme qui ment aux gendarmes, qui a des amants.

    Nous découvrons Tara, la fille, qui ne veut que courir, courir, courir et demander son émancipation.

    Nous découvrons Eddy, le...
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    Hervé Snout disparait un beau matin, laissant derrière lui femme et enfants, entreprise.

    Nous découvrons Odile sa femme qui ment aux gendarmes, qui a des amants.

    Nous découvrons Tara, la fille, qui ne veut que courir, courir, courir et demander son émancipation.

    Nous découvrons Eddy, le fils, qui veut briller aux yeux de son père, qui se tatoue lui-même un S à l’envers qui s’infecte.

    Nous découvrons Hervé Snout, qui signe HS, et dont le nom à l’envers signifie Tuons. Hervé Snout qui possède un abattoir sur lequel il entend régner.

    Mais cela ne se passe pas comme prévu.

    J’ai aimé la présence des arts dans le roman : Odile peint à la manière des impressionnistes ; Olga fait des collages ; Gus des sculptures de chiffon ; Nadine cuisine comme une cheffe ; Jo photographie les passantes.

    J’ai aimé les noms : HS bien sûr, mais aussi la vieille voisine Grifalconi (le faucon gris), le gendarme Malassi…

    J’ai aimé retrouvé L’Assommoir de Zola avec sa scène d’ouverture de bêtes massacrées dans un abattoir.

    J’ai aimé que l’auteur décrive l’usine des abattoirs de l’intérieur : ses rapports de force d’individus, sa gestion des animaux.

    J’ai aimé le gendarme Malassi bien sympathique, mais qui veut absolument trouver pourquoi Snout a disparu. Et tout au long de ma lecture, j’ai souhaité qu’il ne trouve jamais. Oui, dans ce roman, on ne peut qu’être du côté des méchants.

    Bien sûr, avec un titre pareil, on ne peut que penser à Perec et son roman La Disparition, ainsi que W ou le souvenir d’enfance avec Tara qui court sans cesse. Il me manque sans doute d’autres références.

    J’ai aimé ce roman sur le couple et la famille.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des JO de Paris 2024 qui se déroulent en même temps que le récit.

    https://alexmotamots.fr/la-disparition-dherve-snout-olivier-bordacarre/

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    Couverture du livre « La Disparition d'Hervé Snout » de Olivier Bordacarre aux éditions Denoel

    Dominique Jouanne sur La Disparition d'Hervé Snout de Olivier Bordacarre

    Excellent roman noir !

    Le jour de son anniversaire, Hervé Snout disparait.

    A partir de là, l’auteur va brosser le portrait de nombreux personnages dans son entourage : Son épouse bien jolie qui travaille à la mairie, son amant le dentiste, la fille ado intelligente révoltée, le fils ado...
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    Excellent roman noir !

    Le jour de son anniversaire, Hervé Snout disparait.

    A partir de là, l’auteur va brosser le portrait de nombreux personnages dans son entourage : Son épouse bien jolie qui travaille à la mairie, son amant le dentiste, la fille ado intelligente révoltée, le fils ado bien crétin qui se chope une septicémie en se tatouant lui-même le S des Snout autour d’un téton qui s’infecte, un ado bien lourd à l’image du père.
    Père qui par ailleurs dirige un abattoir comme une brute en se fichant du bien-être animal tant que les sous rentrent en caisse et que la cadence ouvrière sous payée est maintenue, ce qui permet à l’auteur de rajouter beaucoup de souffrance et de sang en toile de fond.
    'Rajouter' car de nombreuses personnes souffrent dans ce roman dont un gentil gamin martyrisé dans son enfance que Snout va utiliser comme souffre-douleur alors que lui-même, Snout, ce patron bourgeois, a été victime d’agressions sévères à l’école.
    Il y a les gendarmes qui ne veulent pas trop se mêler de cette affaire dans cette petite ville de province où tout le monde se connait plus ou moins.

    Bref, il n’y a pas une personne qui n’a pas une bonne raison de voir disparaitre Hervé Snout ou tout au moins en être assez satisfait.

    J’ai été un peu déçue par la toute dernière partie car j’avais déjà en amont pensé à la chute mais je dois dire que j’ai pris grand plaisir à lire ce roman addictif et d’excellente facture qui traite de nombreuses caractéristiques sociales très actuelles et qui nous concernent tous.

    Un excellent thriller hyper tendu, avec une écriture vive au ton caustique pour un texte engagé.
    Entre un dîner et un déjeuner, ça ne se lâche pas ! Bravo !

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    Couverture du livre « La Disparition d'Hervé Snout » de Olivier Bordacarre aux éditions Denoel

    Aa67 sur La Disparition d'Hervé Snout de Olivier Bordacarre

    La disparition d’Hervé Snout - Olivier Bordaçarre 28.4.24
    Harcèlement, quels dramatiques dégâts produis-tu sur des vies entières !

    Ne connaissant pas encore cet auteur et remarquant très vite au fil de ma lecture qu’Olivier Bordaçarre avait un réel talent de conteur, je suis partie en...
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    La disparition d’Hervé Snout - Olivier Bordaçarre 28.4.24
    Harcèlement, quels dramatiques dégâts produis-tu sur des vies entières !

    Ne connaissant pas encore cet auteur et remarquant très vite au fil de ma lecture qu’Olivier Bordaçarre avait un réel talent de conteur, je suis partie en recherche de sa bio. On comprend que ce talent pourrait être lié à ses autres talents professionnelles. Il a débuté par le métier d’acteur de théâtre et spectacles divers. Il devient très vite formateur en techniques théâtrales et animateur d’ateliers de théâtre et d’écriture. Il écrira alors ses propres créations théâtrales. En 2006 il écrit son premier roman « Géométrie variable ». La disparition d’Hervé Snout est son dixième roman.

    L’histoire du livre.
    Il faut la débuter par un prologue qui relate une courte histoire familiale qui s’est passée en 2004. L’auteur y présente un couple, Nadine et Alain Raybert, qui ont un fils, Gabin. Leur maison héberge des enfants placés où tous savent qu'ils repartiront un jour, mais auxquels ils veulent donner un moment de chaleur, de bien-être, parfois un nouveau départ dans une vie chaotique. C’est le cas du jeune Gustave.
    Puis nous oublions toute cette histoire jusqu’à près de la moitié du livre, moment auquel on voit réemmerger des personnages.

    Au début effectif du roman, on est parachuté au 16 avril 2024, journée anniversaire du père de famille, Hervé Snout. Odile Snout, 38 ans, attend le retour de son mari afin de partager un diner d’anniversaire avec leur jumeaux de 14 ans, Eddy et Tara. Toute leur vie est très organisée, l’environnement très High-tech, leur vie file tout doux. Oui mais, aucune nouvelle, ni retour de l’époux ce soir-là. La tension monte très vite.

    L’auteur nous plonge ensuite dans la tête des personnages. La vie de l’épouse ainsi que le vécu des jumeaux ont été minutieusement décortiqués. Les personnages gravitant tout autour vont progressivement révéler de multiples facettes de ce cher Monsieur Snout. Plein de petits détails jalonnent le récit et rendent la lecture agréable. Notre petite tête est occupée à inventorier, ranger, essayer de deviner ce que cache sa disparition, ou plus simplement ce que cache ce cher Hervé.

    L’écriture d’Olivier Bordaçarre est fluide, juste, contemporaine et sans bavures. La construction est bien faite. Les chapitres alternent entre avant, pendant et après la disparition. Bel angle de vue.
    En refermant le livre, je me suis posé des questions : pourquoi n’a-t-on pas davantage parlé de cet auteur ? Ses précédents livres étaient-ils moins bons ? Pour quelles raisons a-t-il été aussi peu visibilisé, si peu mis en avant par les médias ? A fouiller.

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