Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Je n’en fais pas un secret : je m’habille de pied en cap, et cela depuis mon adolescence, en noir. A l’époque, la mode était au noir, pour montrer à la face du monde, que nous n’étions pas dupes, que le futur était de cette teinte. Sombre. En art, le noir est fortement chargé de symboles. Expression même de la nuit et du nocturne, il est tout à la fois synonyme de deuil, de mélancolie et de satanisme (excusez du peu !) Même en médecine, il est la couleur d’une des humeurs chères à Hippocrate : la rate génère de la bile noire (d’où l’adjectif atrabilaire). Rien de bien positif dans tout cela, me direz-vous ! Mais alors pourquoi Gérard-Georges Lemaire, écrivain, éditeur, historien et critique d'art, consacre-t-il autant de pages à la symbolique du noir ? Pour y apporter tout un ensemble de nuances. Politique, littérature, théâtre et peinture sont envisagées. Et au fil des pages, nous rencontrons des œuvres de Léonard de Vinci ou Dürer, du Caravage, de Monsu Desiderio, Goya, Ingres, Renoir, Bonnard, et même Man Ray ou Cy Twombly… Et que dire des fabuleuses encres de Victor Hugo, trop souvent ignorées du grand public ? Par ailleurs, dans « les Misérables », n’écrit-il pas à propos de Cosette dans la forêt : « Quand l'œil voit noir, l'esprit voit trouble » ? Pourtant, de la grotte de Lascaux aux immenses tableaux de Pierre Soulages, les valeurs et les emplois du noir, en Occident, ont bien varié au fil des millénaires, du contour au noir de fumée jusqu’aux monochromes du musée de Rodez. Oui, cette couleur chargée de vices, de maléfices, de saletés, s’est métamorphosée en valeur de savoir (même Harry Potter s’habille en noir). Elle triomphe au XXe siècle sous le pinceau de Pablo Picasso (« Guernica », en 1937), devient l’absolu métaphysique, colle à l’existentialisme, tue à jamais l’image pour devenir à proprement parler le sujet du tableau.
Aujourd’hui, le noir de la mode est associé à l’élégance sobre d’un costume Armani. Et les « Hommes en noir » (Men in Black) restent ceux qui savent … et qui ont l’humilité de se taire.
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Taïna, indienne des Caraïbes, a été instruite dès son enfance pour devenir chamane, mais Christophe Colomb et les Espagnols arrivent...
Une belle adaptation, réalisée par un duo espagnol, d'un des romans fondateurs de la science-fiction, accessible dès 12 ans.
Merci à toutes et à tous pour cette aventure collective
Lara entame un stage en psychiatrie d’addictologie, en vue d’ouvrir ensuite une structure d’accueil pour jeunes en situation d’addiction au numérique...