Découvrez l’ensemble des membres du jury qui accompagneront Cy cette année…
Le 1er juin dernier, l’autrice et dessinatrice Cy remportait la 2e édition du Prix BD Lecteurs.com, organisé en partenariat avec le Centre National du Livre (CNL). Son album Radium Girls (Glénat) a conquis les internautes du site Lecteurs.com ainsi que le jury de...
Découvrez l’ensemble des membres du jury qui accompagneront Cy cette année…
Retrouvons Ana et Domingo fraîchement débarqués dans l'Entremonde d'où, visiblement, on ne revient pas...
Si un voyage initiatique rempli d’amitiés et d’aventures qui dépotent vous tente, Ana et l’Entremonde est fait pour vous !
Les auteurs de cette irrésistible BD d’aventures nous explique sa naissance et nous donne un avant-goût de la suite !
BD magnifique en tout point .
Magnifique par l'histoire qu'elle retrace : ces femmes qui travaillaient exposées au danger du radium contenu dans la peinture qu'elles utilisaient pour peindre les cadrans des horloges et qui en sont mortes ;
L'histoire dramatique de ces femmes ( que moi j'ai découvert en lisant Cy ) est ici mis en lumière .
Magnifique par le graphisme sobre , net avec parfois des lignes anguleuses .
Magnifique par le choix de deux couleurs dominantes le vert et le violet .
L 'ambiance légère qui se dégage de la couverture , des copines qui papotent, ne laisse pas présager de la terrible suite .
Perso, j'avais voté l'an passé pour cet album - Radium Girls.
Un graphisme original, appuyé aux crayons de couleur, ou à la craie grasse, des jeunes femmes atypiques avec des nez, dignes de celui de Cléopâtre, des tonalités douces qui mettent en confiance cette équipée très soudée qui vit bien, sort et s'amuse.
Enfin, qui vit bien ? ...
Un docteur de l'entreprise suggère de ne pas trop sucer le pinceau (le fameux LIP qu'on retrouve partout dans les commantaires précédents, je ne déroge pas).
Ah oui ?? Y aurait-il anguille sous roche ?
Cette anguille est empoisonnée ! The Radium Eel, ça pète, non ?
L'album bascule vers le tragique, les jeunes filles, déjà iridescentes, commencent à perdre leurs dents. Leurs os sont infectés par le radium, métal qui a permis le développement des bombes atomiques, faut il le rappeler. Pas glop !
Et tout ça, dans le plus grand des silences.
Ça fait froid dans le dos.
Et pourtant, maintenant que j'ai lu les deux, j'aurai bien révisé mon vote pour Hippie Trail qui m'avait mis une belle claque.
https://www.lecteurs.com/livre/hippie-trail/5436766
On peut reprendre les comptes ? :)
Marie et Pierre Curie avaient découvert le radium en 1898. Cet élément est bientôt paré de toutes les vertus, on peut trouver de l'eau, des crèmes de beauté, du lait, du dentifrice au radium.
Pendant la 1ère guerre mondiale, des centaines de jeunes femmes sont recrutées pour peindre les cadrans phosphorescents. Les femmes sont supposées avoir la délicatesse et la précision requises pour ce travail.
Etant beaucoup mieux payées que les autres ouvrières, elles se considèrent comme privilégiées et chanceuses. Elles sont ravies de gagner leur indépendance financière.
Les scientifiques connaissaient la dangerosité du radium, mais leur hiérarchie a toujours affirmé aux ouvrières qu'elles ne courraient aucun risque à le manipuler. On pensait alors que les petites quantités de radium auxquelles elles étaient exposées, étaient bonnes pour la santé.
Voilà pour le contexte historique.
L'album décrit le destin de Katherine, Mollie, Albina, Quinta et Edna qui, en 1918, travaillent comme ouvrières à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres. Elles peignent les chiffres des cadrans à l’aide de la peinture Undark, une substance contenant du radium.
Elles doivent être très précises et utilisent la technique du "lip-dip-paint" :lisser le pinceau avec sa bouche, prendre la peinture et peindre.
Pour tenir la cadence et obtenir le rendement que la direction exige d'elles, elle affinent continuellement le pinceau à l'aide de leur bouche et ingèrent toute la journée d'infimes quantités de radium.
Elles remarquent bien sûr que dans le noir, leurs mains, leur peau, leurs vêtements produisent un halo lumineux. Mais elles s'en amusent, elles se baptisent les "ghost girls".
Puis Mollie commence à souffrir d'une dent,mais le mal ne va pas s'arrêter là.
L'album nous fait ensuite revivre leur calvaire et la bataille judiciaire qu'elles vont mener pour faire reconnaitre l'intoxication au radium (par ailleurs incurable) comme maladie professionnelle.
J'aime beaucoup l'originalité du dessin au crayon de couleur. La colorisation est faite essentiellement avec un camaieu de roses, de prune plutôt "girly" avec parfois un ajout de vert radium.
On ressent parfaitement le côté joyeux, vivant des ces très jeunes femmes, heureuses de leur liberté acquise grâce à ce travail. On est d'autant plus navré de la conclusion tragique de cette histoire.
Je ne peux qu'admirer la force, le courage et la détermination de ces ouvrières considérées comme quantité négligeable par les puissants industriels. Malgré la disparité des forces et également leur état physique , elles finissent par obtenir justice.
Dans cette affaire des "radium girls" , pour la première fois, l'employeur a été déclaré responsable de la santé de ses employés. De nouvelles législations vont suivre, instituant de meilleures protections pour l'ensemble des travailleurs américains.
Un roman graphique pour se souvenir de destins brisés et faire sortir de l'anonymat de simples ouvrières qui ont fait bouger les lignes.
Radium Girls de l’auteure et illustratrice Cy publiée aux éditions Glénat a tout récemment été couronné du Prix Orange de la BD. L’auteure a également été remarquée en 2016 et 2018 avec ses deux tomes Le vrai sexe de la vraie vie aux éditions Lapin. D’une fibre toujours aussi engagée, cette bande dessinée met en lumière (et ce n’est pas un jeu de mots!) plusieurs destins liés et terriblement oubliés.
Lip. Dip. Paint. Lécher le pinceau, prélever la peinture, peindre le quota de cadrans de montres. Ce sont les trois actions qu’Edna Bolz, Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta doivent exécuter devant les établis d’USRC. Cette peinture miracle au radium permet de lire les chiffres du cadran dans le noir. Mais rapidement, l’élément découvert par Marie Curie laisse place à la vérité : c’est un véritable poison pour l’organisme. Les ouvrières sont condamnées.
Le cas des Radium Girls a été adapté au cinéma en avril 2020 par Lydia Dean Pilcher et Ginny Mohler. Coté littérature, à la même période Cy s’empare également du sujet pour illustrer à sa manière ce pan de l’Histoire qui a souffert de l’oubli. Si l’on sait aujourd’hui que le radium est un élément très radioactif, on sait beaucoup moins que qu’il a coûté la vie à de nombreuses ouvrières qui se sont révoltées, parfois dans des états lamentables, pour mettre en lumière leur condition. Cette audace, celle de se mesurer à des entreprises au cœur d’une époque où ni l’ouvrière, ni la femme n’a un réel droit de parole devant une assemblée d’hommes, a évité la mort de nombreuses ouvrières par la suite.
Cet acte qui, il faut le dire, a été une réelle genèse du féminisme dans le monde du travail, est superbement retranscrit par Cy tout au long de la bande dessinée. On y découvre un groupe de collègues mais également des amies qui se soutiennent dans ce travail bien souvent ingrat. Elles se donnent ce qu’elles ont, c’est-à-dire beaucoup de joie de vivre pour gérer ce quotidien épuisant. Mais ce qui transperce les pages –et accable le lecteur très rapidement– c’est cette innocence, ce trop plein de confiance en leur entreprise et tout laisse poindre ce fatalisme morbide qui enserre à chaque page.
C’est un crescendo révoltant sous un trait de crayon très épuré que l’auteure et illustratrice livre ici tout en rappelant à chaque étape que cette quête vers une justice n’est pour ses précurseurs que le début de la fin. Le climat est glacial, l’hommage est mérité, et le message reste éternel.
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